La septième arme — David Servenay et Jake Raynal

Résumé :

« Et si les militaires prenaient le pouvoir ? Loin du fantasme complotiste, cette éventualité se nourrit de l’histoire même de la Septième arme, doctrine de guerre contre-insurrectionnelle forgée par les militaires français en Indochine et en Algérie. À l’heure où l’on met en place un état d’exception permanent, La septième arme raconte une autre histoire de la Ve République.
“Nous sommes en guerre”, insistent les responsables politiques de tous bords. Peut-être, mais contre qui ? Le mantra de la “guerre contre le terrorisme” trouve son origine dans une histoire ancienne, et souterraine, qui a inspiré des générations de militaires français et façonné la Ve République : celle de la doctrine de la guerre révolutionnaire.
Surnommée la “Septième arme” par ses partisans, cette doctrine a été théorisée pendant la guerre d’Indochine et mise en œuvre en Algérie et au Cameroun dans les années 1950 et 1960. Elle s’est ensuite répandue dans le reste du monde : aux États-Unis, en Amérique latine et en Afrique, où elle a notamment inspiré les génocidaires du Rwanda.
C’est l’histoire de cette doctrine méconnue, qui maquille la guerre en simple “maintien de l’ordre”, que retrace ce récit vertigineux. »

Fiche technique :

Auteur : David Servenay
Dessin : Jake Raynal
Éditeur : La Découverte
Pagination : 144 pages
Prix : 19,90 €

Ce livre confronte l’inscription de l’état d’urgence dans la loi et la méthode contre-insurrectionnelle française durant la guerre froide. Les auteurs nous expliquent les origines de la « méthode française » et nous présentent ses « pères ». On y découvre les horreurs de la contre-insurrection à la française en Indochine et en Algérie puis les implications qu’a eues la transmission de ce « savoir » notamment au Rwanda… Ce livre braque donc les projecteurs sur une partie sombre de l’histoire française et des crimes inavouables.

En faisant le lien entre ce sombre passé et notre inquiétant présent, est-ce que les auteurs cherchent à nous avertir ou à nous faire peur ? Un peu des deux, mais ils nous rassurent aussi, car les militaires ne veulent pas revivre cette époque. Ils ne veulent plus que l’armée face de la « guerre politique » ou du maintien de l’ordre sur le territoire national (oui l’Algérie c’était la France à l’époque). Les militaires ont à chaque fois dit non quand la droite (plus ou moins extrême) appelait à déployer l’armée en France pour « nettoyer » les cités. L’armée ne fait pas la police, l’armée fait la guerre, l’armée tue.

Sur le plan visuel, l’ouvrage est essentiellement en noir et blanc. On alterne scène d’époque et scène d’interview ou d’actualité. Le dessin n’est pas moche, le problème c’est le style et le sujet. C’est peu détaillés (vu le gore de certains sujets c’est peut-être pas plus mal) et ça repose sur pas mal de grands aplat de noir. Un peu à la manière de la BD « La Présidente ».

Ce n’est donc pas une BD qu’on achètera pour son graphisme, mais bel et bien pour le sujet dont elle traite. Un sujet bien traité et de manière très abordable. La septième arme offre des clés de compréhension d’une doctrine et de son histoire. Un sujet très intéressant et même assez important qu’on glisse sous le tapis depuis très longtemps.

2 commentaires sur “La septième arme — David Servenay et Jake Raynal

    1. Inspiré seulement. D’ailleurs, le livre explique pourquoi ça a marché pour eux et pas pour ceux qui contrent l’insurrection. En Algérie, la France obtient la victoire militaire, mais la victoire politique est à l’insurgé. En Indochine, les insurgés ont eu les deux.

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