La 317ème Section — Pierre Schoendoerffer

Résumé :

« La 317e Section, c’est le cheminement opiniâtre d’une colonne sous le ciel gris de la mousson, en Indochine, en 1953. C’est la lutte mortelle de quarante et un soldats laotiens et de quatre Européens contre la jungle, la pluie, les moustiques, les sangsues, la chaleur, le froid, la fièvre et le Viêt Minh. C’est l’usure et le désespoir des hommes, la joie brève, l’agonie des blessés, la survie ou la mort. La 317e Section, c’est aussi l’un des plus beaux récits jamais écrits sur la guerre d’Indochine, avant d’être portés à l’écran par Pierre Schoendoerffer lui-même, avec Jacques Perrin et Bruno Crémer (primé au Festival de Cannes 1965). »

Fiche technique :

Auteur : Pierre Schoendoerffer
Éditeur : Robert Laffont
Pagination : 242 pages (version brochée)
Prix : 20,50 €

Note : Cette chronique n’est pas basée sur la réédition brochée de 2004, mais sur le poche d’origine de 1963.

Cette chronique va être légèrement différente des autres puisque je vais vous raconter comment je me suis retrouvé avec ce bouquin dans les mains et comment j’ai découvert sa notoriété après lecture.

Donc pendant les vacances d’avril nous nous rendons en famille chez ma mère. Nous descendons un arrêt de bus plutôt que d’habitude pour jeter un œil à la boite à livre de son bled (on n’en a pas dans notre arrondissement de Lyon, lol). Je compte y déposer un de mes bouquins et, pourquoi pas, en trouver un à mon goût. Nous fouillons et ma femme tombe sur « La 317ème Section ». Vieux livre de poche en état très correct, il n’y a pas de résumé en quatrième de couverture. Je jette donc directement un œil dedans et je me dis que ce bouquin de 1963 à l’air pas mal. Je pense alors avoir à faire à un bouquin de seconde zone pas très connu. Deux jours plus tard, j’attaque la lecture, sans avoir fait de recherche sur le livre. Après quelques chapitres, je me dis qu’il mérite une chronique et mérite d’être découvert.

Allez, passons à la chronique. On a donc à faire à une histoire en pleine débâcle française en Indochine. Au Laos la 317ème Section quitte son avant-poste dans la jungle pour regagner Tao Tsaï à pied alors que le Viêt Minh envahit la région.

La 317èm section est commandée par le jeune sous-lieutenant Torrens qui vient tout juste de sortir de formation à Saint-Cyr. Il est secondé par l’adjudant Willsdorff, vieux routier et vétéran de la Seconde Guerre mondiale, dans la Wehrmacht. Les sergents Roudier, Perrin et Ba Kut complètent l’encadrement. La fuite de la section est ponctuée d’embuscades et de morts. L’inexpérience et la bonne volonté de Torrens sont sans cesse confrontées au pragmatisme et aux efficaces réflexes de guerre de Willsdorff, mais dans la compréhension et le respect. En fait il y a assez peu de combats dans ce livre, c’est surtout une galère apocalyptique d’une poignée d’hommes dans une jungle étouffante en territoire ennemi et sans moyen.

Le récit est bien écrit, très prenant et très rythmé. Les chapitres sont courts et s’enchaînent bien. Cela permet aussi une lecture par petite tranche, dans les transports par exemple. Les paysages sont très bien d’écrit, même si l’auteur ne s’y éternise pas « à la Tolkien ». J’ai beaucoup aimé l’ambiance, le côté crépusculaire façon Apocalypse Now  de cette histoire. On a l’impression de lire un récit biographique ou autobiographique tellement c’est prenant.

Il y a une ellipse de 5 jours entre les deux derniers chapitres. Le dernier justement nous présente des personnages au bout du rouleau. Affamés et usés par la maladie, ils ressemblent plus à des zombies qu’autre chose. Alors que je les pensais sortis d’affaire, ils tombent dans une dernière embuscade qui m’a littéralement fauchée tant je ne m’y attendais pas. C’est ce dernier chapitre qui achève d’en faire une grande histoire et un récit vraiment sombre d’une guerre totalement absurde.

Au rayon des défauts, il n’y a pas grand-chose. J’ai eu du mal avec la transcription de l’accent alsacien germanophone de Willsdorff ou les « d » sont remplacé pas des « t ». Ca donne : « Pourquoi pas crever tous ensemble sur cette putain te piste ».

Ensuite, ce qui pourrait choquer dans un livre écrit à notre époque, c’est la transcription des propos des personnages laotiens dans leur français limité qui passerait pour caricatural et moqueur, même si replacer dans le contexte de l’époque ça marche bien dans le livre. Si ajoute le côté paternaliste des personnages français envers les Laotiens qui reflète malheureusement assez bien l’état d’esprit de l’époque.

Revenons maintenant à ce que j’ai découvert sur ce livre. Après l’avoir lu, toujours pensant avoir affaire à un bouquin peu connu je commence à googler. Et là je découvre que le bouquin est connu et considéré comme un très bon livre, qu’il a été adapter par son propre auteur en film considéré comme culte. Apparemment la 317ème Section a même influencé Apocalypse Now, puisqu’une scène de la version longue y fait référence. J’ai lu ceci au sujet du film : Si le roman débute le 26 avril 1953, l’histoire du film débute le 4 mai 1954 et se finit à la bataille de Diên Biên Phu. Ce changement de datation donne l’impression d’un dramatique effondrement général dans cette longue marche où fondent les effectifs, ce qui n’est pas sans rappeler le thème de La Patrouille perdue. Tout un monde s’effondre, les populations les plus amicales ne savent plus que conseiller « Di vê mau lên » (« Partir vite ! »).

Donc en préparant cette chronique j’ai découvert un film que je vais me regarder très prochainement, mais aussi un autre livre de l’auteur, qui m’a l’air d’avoir inspiré Apocalypse Now et d’avoir le même genre d’ambiance crépusculaire : L’Adieu au Roi. Donc voilà si vous aimez ce genre d’ambiance, si vous aimez les récits très immersifs je vous recommande franchement la lecture de la 317ème Section.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s