Au Bord de l’Abîme : Simulation et écriture

Comme vous le savez si vous avez lu les deux premiers cycles d’Au Bord de l’Abîme, cet univers (comme le nôtre) contient un certain nombre de conflits militaires. Beaucoup sont inspirés par des conflits existants, mais détournés ou basés simplement sur mon imagination combinée à mes recherches, mais dans certains cas il a fallu simuler ces conflits. Pour faire cela, le plus simple et le moins chère est l’utilisation d’un bon vieux wargame.

N’ayant pas le temps d’écrire un jeu de règle complet et de produire du matériel, je me suis tourné vers deux jeux existants que j’ai modifiés.

Je vais parler ici des deux cas où j’ai utilisé un wargame pour le cycle 2 d’Au Bord de l’Abîme et comment je l’ai fait. Le tout en essayant d’éviter le spoil.

La Guerre de libération cubaine

Ici j’ai utilisé un wargame qui se joue en solitaire : Objective Havana, vendu avec le magazine Modern War n° 23. Ce jeu prend place durant la crise des missiles cubains en 62 et simule l’intervention américaine qui était envisagée ainsi que le risque de voir le conflit dégénéré en guerre nucléaire.

Le contexte d’Au Bord de l’Abîme place la crise des missiles en 1961 et les missiles sont d’une nature bien différente ainsi que l’origine de l’intervention américaine. L’ordre de bataille (les unités engagé) est quasi identique.

J’ai légèrement modifier les règles pour simplifier et fluidifier les séquences de jeux puis  j’ai joué la « Guerre de libération cubaine ». Cela me donne le déroulement global du conflit par tranche de 3 jours. J’ai pris des notes aussi détaillées que possible et quelques photos pour savoir quelles unités s’affrontaient et où. La carte du jeu ne plaçant que les villes principales de l’île, il a ensuite fallu placer les autres engagements sur une carte réelle et donc faire des recherches sur la géographie, la topologie du terrain et ainsi de suite. Pourquoi ? Parce que pour chroniquer une guerre on n’utilise pas des pions et des hexagones. C’est trop abstrait. Il faut ensuite habiller, parfumer et humaniser tout cela. Ajouter des petites histoires dans la grande, des personnages, déplacer ou modifier certaines actions, affiner les chiffres, traduire les pions en nombre de soldats et de pertes, traduire les hexagones en distances et décors.

Ayant perdu les règles que j’ai gribouillées je ne pourrais pas les partager avec vous, mais dans mes souvenirs elles restaient assez proche des règles d’origine. De toute façon la version Au Bord de l’Abîme de la crise cubaine à peu d’intérêt à être rejoué tant elle est à sens unique. Je vous recommande tout de même l’achat du jeu d’origine et de son magazine. Le jeu est simple d’accès, fun, et se joue en solo, le magazine contient des articles très intéressants et une grande partie est dédier à la question de l’invasion que les États-Unis envisageaient à Cuba.

L’intervention soviétique en Pologne

Ici j’ai utilisé un wargame qui se joue à deux : Soyuz 81, vendu avec le magazine Modern War n° 38. Ce coup-ci le jeu simule une intervention du Pacte de Varsovie pour mettre fin à la crise polonaise de 1981.

Encore une fois j’ai modifié et simplifier les règles, le contexte d’Au Bord de l’Abîme étant différent de celui de notre monde j’ai notamment réduit le nombre de Strategic Advantage Points (SAP) dont dispose le Pacte de 100 à 50 pour garantir un résultat final conforme à la globalité de mon récit. Ici le jeu me sert encore à voir le déroulement de la partie militaire du conflit. Les SAP sont des points que perd l’URSS au fil du jeu pour diverses raisons et qui décident de sa potentielle défaite. Pour mes besoins ils sont donc réduits et leur épuisement décide de la durée du conflit avant qu’une crise politique ne mette fin à l’intervention du Pacte en Pologne. Comme pour le scénario cubain, j’ai habiller le tout avec du récit, de l’humain et des encarts explicatifs.

Ce coup si j’ai gardé mes notes et j’en ai tiré un jeu de règle qui vous permettra de rejouer ce passage du Cycle 2. Il vous faut juste acheter le jeu d’origine et imprimer mon PDF. Comme ce dernier le stipule, le camp soviétique dispose de 100 SAP. La raison est simple, c’est pour que la partie soit plus ouverte que dans le livre. Vous pouvez néanmoins avec 50 SAP et avoir une partie très serrée. Cela dépend aussi de la qualité des joueurs et la part de hasard induite par les lancers de D6.

Encore une fois le magazine accompagnant le jeu contient de très bons et très intéressants articles, celui sur « Souyz 81 » est très instructif et le jeu est très accessible, même sans ma variante des règles.

Mon sentiment global

Clairement, si vous écrivez une uchronie ou un livre spéculant sur des conflits, le wargame est un outil potentiellement très utile. Il existe des tas de jeux mettant en scène ce genre de conflit, il ne faut donc pas hésiter à en faire l’acquisition puis faire des tests et des modifications pour pouvoir simuler votre scénario. Vous pouvez faire des recherches ou demander à des personnes sur des sites comme « boardgamegeek » (en anglais) ou sur le forum francophone « Strategikon » pour trouver un jeu qui correspondra à vos besoins. De plus, sur Strategikon  vous pourrez potentiellement trouver des joueurs pour participer à vos simulations ou même trouver le jeu dont vous avez besoin dans la section dédiée à l’achat et la vente de jeux et livres de seconde main.

Si vous ne trouvez pas le jeu dont vous avez besoin et que vous êtes bon en graphisme, rien ne vous empêche de vous baser sur un système de règles existant et de créer votre propre plateau et vos propres pions.

Pour la partie écriture, je pense par contre que le wargame ne doit pas vous contraindre. Vous n’êtes pas obligé de coller à la virgule près aux résultats de votre partie. La simulation est un support pour votre récit, pas un récit en lui-même.

Et après ?

Pour ceux qui ne le savent pas, avant de devenir écrivain et illustrateur j’ai travaillé un peu dans le jeu vidéo et j’ai une formation de game designer. Ayant toujours apprécié les wargames, ce besoin de simulation dans le cadre de l’écriture a donc réveillé en moi quelques vieux réflexes. Aussi je pense qu’un de ces jours il se pourrait que je conçoive des game systems pour des wargames simulant des conflits uchroniques ou hypothétiques. Et pourquoi pas certains prenant pour cadre mes récits ?

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