Contamination (3 tomes) – Ao Agato

Résumé :

« Dans la ville de Yokobashiri, au pied du mont Fuji. Mlle Tamaki a beau être une médecin efficace et s’entendre bien avec quelques collègues, elle ne fait jamais dans la finesse avec ses patients. Elle est bourrue, têtue et ne prend pas soin d’elle. Ce matin, elle est réveillée par les tirs d’entraînement de la caserne des forces d’autodéfense. Cela ne la dérange pas plus que cela, et elle s’empresse de se rendre à l’hôpital pour travailler. La journée s’annonce calme, comme les autres jours. Toutefois, lorsqu’un soldat est retrouvé inanimé dans un état grave derrière l’hôpital, tout bascule. L’homme est rapidement pris en charge, mais l’armée refuse de donner des informations sur son cas. Dans la nuit, l’armée fait transférer le soldat à l’hôpital militaire, sans demander l’avis de Tamaki. Le lendemain, une des collègues de Tamaki ne vient pas au travail. Tamaki pressent un gros problème et demande à ce qu’on la contacte. Face au silence de sa collègue, Tamaki s’inquiète. Elle va vite comprendre que les choses sont encore plus graves qu’elles en ont l’air… »

Fiche technique :

Auteur : Ao Agato
Éditeur : Kana
Prix : 7,45 € par tome.

J’ai découvert ce manga par hasard sur les conseils de mon dealer de BD/manga/Comics j’ai été intéressé par deux éléments : série courte en 3 tomes, histoire d’épidémie réaliste (un peu comme Contagion de Steven Soderbergh). Si vous vous cherchez une histoire gore avec des scènes épiques, vous passez votre chemin, car on est plus proche du réalisme froid du film de Soderbergh.

Dans le premier tome (extrait ici) et dès les premières pages, Tamaki est confronté à un premier cas de contamination dans l’hôpital où elle travaille. Ce premier patient est un membre de la garnison de Force d’Autodéfense cantonnée à la zone d’entraînement et de manœuvre du Mont Fuji. Au bout d’une quarantaine de pages, un autre personnage se joint à l’histoire, Uzuki, une jeune lycéenne dont la mère (collègue de Tamaki) vient de rendre l’âme.
Pendant ce temps le directeur de l’hôpital tarde à saisir la gravité de la situation. Alors qu’Uzuki se retrouve livré à elle-même, Tamaki décide de trouver Komano, le médecin de la garnison, pour le questionner. Son unité revient d’une mission à l’étranger, la peste a probablement été introduite au Japon ainsi. Un dernier personnage entre alors en scène, Haragami du laboratoire d’épidémiologie et virologie.
Commence alors pour nos trois médecins la recherche des causes de l’épidémie, la recherche d’un remède et surtout la tentative désespérée de garder la situation sous contrôle. On découvre ce qu’il s’est passé durant la fameuse mission à l’étranger via des flashbacks et le tome 1 se termine alors que la situation à Yokobashiri devient critique : des milliers de malades affluent à l’hôpital et le taux de mortalité semble être de 100 %.

Le tome 2 continue de nous faire suivre la situation désespérée de la petite ville de Yokobashiri : manque de médicaments et de personnels, trop de malades et trop de morts, un virus qui a muté… On découvre aussi la difficulté de maintenir la quarantaine, d’autant plus qu’au Japon il y a des obstacles législatifs, on découvre aussi la façon dont les citoyens du reste du pays jugent les habitants de Yokobashiri. Il y a aussi l’égoïsme, celui de ceux qui veulent quitter la zone malgré le risque qu’ils feraient courir au reste du pays, celui de ceux qui veulent faire du business en profitant de la situation. Aussi via un fil d’intrigue via un personnage secondaire l’auteur pose la question de la gestion du deuil.

Le tome 3 poursuit les sous-intrigues amorcées dans le tome précédent alors que la situation, toujours critique, se stabilise. Les médecins à force d’abnégation finissent par trouver un remède et on se dirige vers une sortie de crise. Bien que l’histoire se termine globalement bien, il n’y a pas de happy end.

Le scénario est bon, bien écrit et réserve quelques menues surprises malgré un thème globalement classique. Il y a donc du suspense et des émotions fortes. Niveaux personnages, Tamaki et Yusuki sont à mes yeux les plus intéressants. L’une pour sa personnalité, l’autre pour son évolution. L’histoire est froide, réaliste, crédible et ne verse jamais dans le sensationnel. Seuls certains personnages peu ou mal informés vont verser dans le sensationnalisme. Sur ce point, le rôle des réseaux sociaux dans pareil situation est plutôt bien pris en compte. Comme on est au Japon, on n’a pas la classique vague de panique comme on en voit dans les films et séries US, ici on est plutôt dans le rationnel et la fatalité. Le côté pesant de l’ambiance est aussi renforcé par la lecture au micro de la radio locale de « La Peste » d’Albert Camus.

Côté dessin, Agato est globalement très bon. Son trait est dynamique, mais précis et il a un style intéressant notamment sur les visages. Le réalisme du dessin colle vraiment bien à celui du scénario que ce soit dans le détail des décors et des objets que dans le design des personnages, tous crédible, sans verser dans le gore gratuit. Enfin l’auteur évite les gros clichés ou le fan service : certes Tamaki est une belle femme, mais n’a rien d’une bimbo tant par son physique que par ces tenues. J’aime aussi les couvertures toute en simplicité, mais vraiment efficaces.

Contamination est donc un très bon manga sur le thème de l’épidémie. Réaliste tant dans son écriture que dans son dessin. Si vous avez aimé le film Contagion de Steven Soderbergh, ce manga est pour vous. En plus c’est une série courte qui ne vous coûtera qu’une vingtaine d’euros au total. Le seul truc qui m’a agacé est cette sale habitude de coller des stickers promotionnels sur les illustrations de couverture. Dans mon cas les tomes 1 et 3.

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