Sheltered – Ed Brisson & Johnnie Christmas

Résumé :

« Depuis plusieurs années, les hommes et les femmes de Safe Heaven ont stocké des armes et des provisions dans leurs bunkers, et se sont entraînés à affronter toutes les catastrophes envisageables, naturelles ou provoquées par l’homme. Mais la véritable menace va venir de l’intérieur, quand leurs propres enfants se retourneront contre eux. »

Fiche technique :

Scénariste : Ed Brisson
Dessin & Couleur : Johnnie Christmas
Éditeur : Akileos
Pagination : 376 pages
Prix : 29,50 €

Voilà un comics que j’avais lu en 2013 en VO, que j’avais adoré tout en étant persuadé qu’il ne sortirait jamais en France. Pourtant au hasard d’un passage au rayon comics de la médiathèque je tombe sur une VF en seul volume publié par Akileos. Merci pour ça !

Sheltered nous plonge dans le monde des « prepers » (généralement appelés survivalistes), ces gens qui se préparent à affronter l’apocalypse ou l’effondrement de la civilisation en s’armant, en stockant de la nourriture et en construisant des bunkers.

Ici nous rejoignons les survivalistes qui préparent « Le refuge ». Les ados et les enfants guettent l’éruption du Yellowstone qui semble imminente. Menez par Lucas, ils mettent alors leurs plans à exécution : éliminer tous les adultes de la communauté ! En effet, le plan de Lucas est de se terrer durant 3 ans dans le bunker à partir du moment où le volcan entrera en éruption (visiblement d’un jour à l’autre), sauf que les stocks actuels de nourriture ne permettraient de tenir que 18 mois. Élevé (pour ne pas dire endoctriné) pour survivre ces gamins éliminent donc leurs propres parents tout en étant persuadé qu’ils seraient fiers de leur marmaille.

Sauf qu’à partir de là tout ne va pas se passer comme prévu. D’abord parce que l’une des gosses ayant rejoint la communauté il y a seulement quelques mois (et qui n’est pas au courant du plan) n’est pas « à fond dans le délire », mais surtout parce qu’elle apprécie moyennement que son paternel se fasse exécuter comme un chien. Ensuite, parce que finalement le Yellowstone n’explose toujours pas, que la vigilance se relâche et que le temps passant, le monde extérieur va bien finir par frapper à la porte.

C’est assez terrible de voir des enfants pris dans un tel délire et dans un tel engrenage de connerie et de violence. Leur leader, Lucas, est un brillant planificateur, mais son problème c’est qu’il a oublié que ses camarades étaient des ados et des gamins pas forcement aussi mature et discipliné que lui. Ils vont faire les mauvaises conneries au mauvais moment et faire empirer sans cesse la situation jusqu’à ce que le monde extérieur et les forces de l’ordre s’en mêlent. Ici la catastrophe c’est l’Humain, l’adolescent qui sait tout sur tout et qui veut grandir trop vite tout en ayant été élevé dans un univers pas forcément très saint.

Je n’en dirais pas plus sur le scénario de ce récit préapocalyptique si ce n’est qu’il est très bien construit et très rythmé. Par contre j’aime beaucoup son traitement de l’absurdité du jusqu’au-boutisme de certains survivalistes, du traitement abject que peuvent faire subir les réseaux sociaux et la presse aux victimes des crimes et tueries médiatisées, ainsi que la fascination morbide que certains meurtriers peuvent créer. Enfin, les deux dernières cases achèvent cette histoire de manière magistrale.

Côté dessin et couleur, le travail de Johnnie Christmas est franchement très bon. Malgré la noirceur du récit, on reste dans des couleurs relativement chaleureuses qui accompagnent en trait précis et un encrage fin. C’est appréciable tant il aurait été possible de verser dans la facilité en servant un graphisme très sombre sous prétexte d’un sujet qui l’est tout autant.

Côté édition française, Akileos regroupe l’ensemble des fascicules en un seul gros volume cartonné tout en respectant le format des pages d’origines. La traduction française est sans fausse note, chaque chapitre commence par une illustration qui n’est autre que la couverture du fascicule d’origine. Enfin, l’ouvrage se termine par plusieurs pages de croquis et des variantes de couvertures supplémentaires.

Cette version française que je n’attendais pas nous livre donc un des meilleurs comics que j’ai croisé ces dix dernières années dans un volume unique très étoffé et de bonne facture. Je ne peux que recommander la lecture de cette histoire préapocalyptique franchement brillante qui est difficile à lâcher avant la dernière page.

2 commentaires sur “Sheltered – Ed Brisson & Johnnie Christmas

  1. Je ne connaissais pas du tout.

    J’indique deux fautes de frappe. Au début :
    Voilà  »en » comics que j’avais lu
    Au milieu :
    que  »sont paternelle » se fasse exécuter comme un chien

    L’Histoire est inspiré des suicides collectifs de quelques sectes ?

    J'aime

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