Constellation Express #1 : Triple dose de nanars chinois

Premier numéro d’une nouvelle rubrique dont le concept est assez simple : chronique rapide de livres, séries ou films qui ne méritent pas que je consacre énormément de temps à vous en parler. Je pense qu’en général je traiterais entre trois et cinq œuvres par numéro.

Pour cette première, la thématique est simple : je me suis infligé 3 blockbusters d’action chinois relevant largement du nanar.

Operation Mekong

Ce film chinois réalisé par Dante Lam, sorti en 2016, s’inspire de l’événement connu sous le nom de massacre du Mékong survenu le 5 octobre 2011 où 13 marins chinois sont tués dans la province de Chiang Rai lors d’un trafic de drogue en Birmanie.

Ici on suit des membres des forces spéciales chinoises et de l’antidrogue dans une opération visant à mettre fin aux méfaits des cartels. On retrouve dans ce film tous les clichés des nanars d’action américains à grand renfort de patriotisme. Sauf qu’ici c’est à la sauce chinoise donc pas moins malaisante. Les scènes d’action sont parfois très bonnes, mais rappellent très souvent le grandiloquesque des pires Call of Duty. Les effets spéciaux et les décors ne sont pas mauvais, sauf les rares moments où il y a des scènes en full CGI où là c’est franchement trop voyant.

Le méchant chef de cartel est un barjot psychotique totalement ridicule. L’un des héros au passé tout triste se sacrifie. On a même le droit au gentil chien militaire qui meurt en héros.

Bref un film popcorn, qui permet de débrancher le cerveau pendant 2 heures, mais clairement pas un chef-d’œuvre du cinéma d’action.

Operation Red Sea

Un autre film de Dante Lam, sorti cette fois-ci en 2018. Là on est dans le film de guerre pure qui cherche à mettre en avant la politique étrangère de la Chine. On accompagne donc des commandos de la marine chinoise qui se retrouve à intervenir au Yermen (clairement une version officieuse du Yémen) qui sombre dans la guerre civile. En effet, après avoir participé à l’évacuation de citoyens chinois et de l’ambassadeur, nos valeureux soldats s’embarquent sur une mission imprévue : le méchant groupe terroriste Zaka serait sur le moins de mettre la main sur « YellowCake » (un concentré d’uranium) pour fabriquer des bombes sales.

On retrouve certains acteurs d’Opération Mékong. On a à nouveau des scènes dignes de Call of Duty, mais aussi quelques scènes plutôt bien filmées et parfois intenses. Certaines blessures subies par nos héros sont assez gores, le tout au milieu d’affrontement urbain chaotique. Les maquillages et effets spéciaux sont à nouveau tout à fait corrects. On retrouve le même sens du sacrifice plein de surenchère avec dans ces moments-là une mise en scène franchement malaisante et digne de ce qu’on a connu de pire dans les films américains équivalents.

Encore un film popcorn et « no brain » tout à fait regardable, mais qui aurait gagné à être un peu plus court.

Sky Hunter

J’ai gardé le pire pour la fin avec ce film de Li Chen. J’en avais entendu parler parce que le concept artiste Fen Zhu et ses équipes ont travaillé sur ce projet qui avait l’air d’être le Top Gun chinois. J’ai été refroidi dès la première scène qui attaque direct avec une scène clichée digne de San Andreas (avec Dwayne Johnson) à base de manœuvre d’hélicoptère totalement surréaliste, de nuit sous un déluge. Les personnages principaux sont des clichés ambulants : la belle pilote d’hélicoptère au physique de mannequin qui sait visiblement piloter tous les hélicoptères des forces armées chinoises, qui est toujours parfaitement maquiller et coiffer même au cœur de l’action, les deux pilotes de chasse ultra talentueux avec l’un qui joue les bouffons de service. On a aussi droit à l’amourette digne de lycéens.

Niveau scénario, on a le droit de voir 3 talentueux pilotes rejoindre une unité ultra secrète qui n’a pas grand-chose d’intéressant ni de crédible. Nos héros se retrouvent impliqués dans une guerre civile d’un pays fictif d’Asie Centrale. On a droit au grand méchant complot dirigé par un colonel de l’armée de l’air local, des histoires d’armes nucléaires, bla-bla-bla…

Niveau aviation (le cœur du film) c’est mal réalisé, mal pensé et moche. Les avions en CGI (la plupart des scènes en vol) sont dignes de films des années 80-90, les actions réalisées par les avions ne sont jamais crédibles (attaque antiradar en piqué alors que les missiles SEAD ont plusieurs kilomètres de portée)…

Bref il n’y a rien à garder dans ce film qui ressemble à une mauvaise parodie de Top Gun qui se prend pourtant bien au sérieux.

Triple nanar ?

Alors ceux qui me connaissent se demanderont pourquoi. Pourquoi me suis-je infligé ces films ? Eh bien disons que je me suis accordé cet été quelques semaines de glande où j’ai regardé des séries TV et des films et que par curiosité je me suis penché sur le cinéma d’action militaire chinois qui a le vent en poupe depuis quelques années. Autant les deux premiers films cités, bien que n’étant pas des chefs-d’œuvre sont tout à fait regardables, autant le dernier est une véritable purge et il est vraiment pénible d’aller au bout.

2 commentaires sur “Constellation Express #1 : Triple dose de nanars chinois

  1. Je suis tombé sur le dernier en VF sur YouTube par hasard. Je suis bonne pâte, mais j’ai décroché avant la fin…

    Mais cela démontre que le soft power chinois commence à s’étendre comme la culture américaine au siècle dernier. BD, animés, romans, light novel, films made in China commencent à faire partie du paysage en occident.

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