Le Serpent et la Lance — Acte 1 — Ombre-montagne — Hub

Résumé :

« Après avoir mis fin aux aventures de son emblématique saga nippone, Okko, voici enfin, 4 ans plus tard, le grand retour de Hub aux éditions Delcourt avec Le Serpent et la Lance, un thriller aztèque digne du Nom de la Rose.

Depuis plusieurs mois, certains paysans découvrent les cadavres momifiés de jeunes femmes sauvagement assassinées. Afin d’éviter tout trouble, les autorités tentent de dissimuler ces horribles meurtres à leur peuple. L’enquête est discrètement confiée à Serpent, un haut fonctionnaire cruel privé de ses deux bras. De son côté, le prêtre Cozatl s’adjoint les services de son ami d’enfance, OEil-Lance… »

Fiche technique :

Scénariste et illustrateur : Hub
Couleur : Li
Éditeur : Delcourt
Pagination : 184 pages
Prix : 24,95 €

Trailer
Présentation par l’auteur

L’une des surprises du père Noël. Quatre ans après la clôture d’Okko, Hub est de retour avec une nouvelle série. L’auteur délaisse l’univers de type japon-médiévale-fantaisie avec lequel il a marqué le monde de la BD pour nous emmener dans le monde Aztèque. Mais cette fois-ci sans le transformer en univers fictif comme il l’a fait pour Okko. Ce premier acte de « Le serpent et la lance » est assez monumental : 184 pages de BD dans un seul tome pour 25 € c’est très inhabituel en BD.

C’est en tout cas un vrai plaisir de retrouver le dessin de HUB et les couleurs de Li (sa compagne) ceux qui ont aimé leur travail sur Okko seront ravis même si l’ambiance visuelle est très différente. La couverture est superbe. Les pages intérieures sont incroyablement chargées (mais jamais trop), détaillées et recherchées. Les décors, les costumes, le monde réel, les rêves/cauchemars… c’est vraiment riche et beau. Toutefois j’ai vite buté sur quelques défauts franchement gênants. Ces défauts concernent avant tout l’écriture, mais sont en lien avec le dessin. En effet, ce thriller aztèque déploie une histoire riche, compliquée et chargée de tension qui inclut des flashbacks des différents personnages. Sauf que rien n’introduit ces flashbacks et même si par moment je me suis évidemment rendu compte qu’on était dans un flashback, il y a d’autres moments où je me demandais si c’était juste un nouveau fil d’intrigue et des nouveaux personnages. C’est par exemple le cas des 8 dernières pages. Pourtant globalement le travail d’écriture est bon. Ente le présent et les flashbacks on a une double intrigue qui s’enrichit à chaque page tout en maintenant toujours le suspense. Malgré les nombreux intervenants, le travail de character design marche globalement très bien et on distingue facilement les personnages.

Un autre problème vient du monde aztèque tout simplement. Hub a l’intelligence de nous servir un monde aztèque avant l’arrivée des colons, c’est très différent de la production habituelle et donc rafraichissante. L’auteur est visiblement passionné par le sujet (il l’explique en fin de livre) et a fait un vrai travail de recherche sur le vocabulaire et les noms de personnages en plus de l’aspect graphique. Ça complique la lecture pour plusieurs raisons :

— d’abord beaucoup de personnages ont des noms étranges et j’ai eu un peu de mal à retenir certain.

– ensuite il y a beaucoup de noms de lieux qui sont juste imprononçables.

– enfin, l’auteur utilise beaucoup de vocabulaire aztèque pour les objets et cela mène à beaucoup de notes de pied de page (un nombre très élevé pour une BD et parfois pour des choses assez simples comme « maison ») et il y eut quelques oublies (astérisque qui ne renvoie à rien).

Concernant l’aspect historique, je ne peux pas juger, car je ne suis pas en grand connaisseur de l’histoire aztèque. Toutefois pour ce que j’en connais, ça me parait solide. La violence de cette société est mise en avant, mais de manière moins grandiloquente que dans le film Apocalypto (se déroulant chez les Maya et le représentant de manière un peu caricaturale et comme une société ultra-violente sans aucun raffinement). Toutefois la violence est bien présente et fait partie de la vie quotidienne : guerres, massacres, sacrifices religieux, esclavages… Hub a toutefois le bon goût de ne pas faire du violent pour vendre. Ça fait juste partie de cet univers.

Ce volume monumental se conclut sur quelques pages où l’auteur livre un peu les coulisses de sa nouvelle série (comme il l’avait fait dans l’artbook Okko). J’ai beaucoup aimé ces trois pages on comprend mieux l’ambition et la passion qui anime ce projet. L’auteur explique notamment qu’il a refusé de céder à l’appel du pied de son éditeur à poursuivre l’univers d’Okko (en suite ou spin-off) pour lequel il n’avait plus rien à raconter. On découvre aussi que « Le Serpent et la Lance » sera bouclé en 3 actes pour un total de près de 500 pages (l’équivalent de 6 tomes conventionnels) de quoi me rassurer vu que j’en ai marre des séries BD à rallonge.

Petit making of dans le même esprit que les dernières pages du livre

Ombre-montagne est donc un livre beau, intéressant ambitieux dont le plaisir m’a été un peu gâché par quelques défauts, mais si la série corrige ses quelques défauts sur les deux prochains tomes Hub pourrait bien nous servir une œuvre aussi monumentale qu’Okko. J’attends donc la suite avec impatience tout en espérant un artbook à la fin de la série. En attendant, vous pouvez « feuilleter » ce preview en ligne pour vous faire une idée du début de l’intrigue et du travail graphique.

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