La bête de la forêt rouge — Sam Eastland

Résumé :

« Pekkala est tombé dans une embûche. Il ne reste de lui qu’un cadavre carbonisé, c’est un soldat qui rapporte la nouvelle du front. Staline refuse obstinément de croire que son plus brillant et moins contrôlable enquêteur soit mort. Il envoie son assistant Kirov, au plus profond des forêts de Russie occidentale, infiltrer les partisans qui mènent une lutte sans merci contre l’envahisseur nazi. Mais Kirov va tomber dans un piège alors qu’un nouvel ennemi émerge des cendres du champ de bataille. À la poursuite d’une créature à moitié humaine qui hante, selon la rumeur, les paysages sanglants de cette guerre, il va d’abord devoir résoudre le mystère entourant la disparition de Pekkala. »

Fiche technique :

Auteur : Sam Eastland
Éditeur : Anne Carrière
Pagination : 309 pages
Prix : 22 €

Vous pouvez retrouver ici les chroniques des tomes 1, 2, 3 et 4.

Après plusieurs mois, je reprends la lecture des aventures de l’inspecteur Pekkala. En chroniquant le tome précédent, j’avais révélé que la fin m’avait laissé sur le cul. Je suis aussi obligé de vous spoiler ladite fin pour commencer à chroniquer ce nouveau volume : l’inspecteur a disparu et supposé mort.

Nous voici donc en 1943, l’offensive allemande de 1941 a été freinée. L’URSS a même retourné le court de la guerre. Pekkala est mort, Kirov travail seul et tourne en rond jusqu’à ce que Staline le convoque. Le tyran rouge craignant que Pekkala ne soit pas mort, mais ait plutôt fait défection voulait sa tête. Toutefois cette humeur a fini par lui passer, il sait que l’inspecteur est un atout inestimable. Puisque Kirov est persuadé qu’il n’est pas mort, il n’a qu’à le retrouver. Poskrebytchev, le secrétaire personnel de Staline, donne même des pistes de recherche à Kirov. Des pistes qui s’avèrent intéressantes.

Rapidement Kirov se retrouve à s’envoler vers l’Ukraine et Rovno près de la ligne de front. Cette fois-ci l’intrigue nous plonge dans le monde de partisans. La situation est très compliquée. C’est une région qui contient de nombreux groupes très différents. Certains sont proallemands, d’autres prosoviétiques. Le problème est que Staline veut que les partisans se soumettent à lui maintenant que la libération est en cours. Sauf que les mêmes partisans craignent d’être simplement exterminés. Tout le monde sait qui est Staline.

C’est dans cette ambiance que Kirov se retrouve dans la même pièce qu’un commandant de l’armée rouge et de plusieurs chefs des groupes de partisans. Lorsqu’un assassin élimine tout le monde, seul Kirov survie est c’est l’hôpital local qu’il retrouve (ou plutôt est retrouvé par) Pekkala qui attendait sa venue. Nos deux enquêteurs vont alors tenter de retrouver l’assassin qui n’a pas fini de faire des victimes et qui cherche probablement à déclencher une guerre entre l’Armée rouge et les partisans pour favoriser une contre-attaque allemande.

Les chapitres sont entrecoupés de lettres datant des années 1930 écrites par un américain étant allé vivre le rêve soviétique, puis les échanges de sa femme avec l’ambassade américaine alors que son mari a été arrêté par le KGB. Vous vous doutez bien que ces passages ont une utilité, mais je ne la révèlerai pas. D’autant que les derniers sont assez dramatiques.

Les éléments de complot s’enchainent sans discontinuer, même une fois que l’assassin est « neutralisé » et ce jusque dans les couloirs du Kremlin. L’auteur nous faisant croire à un traitre qui n’est pas celui qu’on croit. Il y a toutefois un gros point faible narratif, le lecteur découvre le passé et les motivations de l’assassin et d’autres personnages non pas via l’enquête de Pekkala et Kirov, mais simplement parce que l’auteur les livres via des chapitres montrant le point de vue de ses personnages et via des flashbacks. Cette maladresse narrative (ou crise de flémingite) gâche la surprise et limite énormément le nombre d’éléments du complot découvert pas notre duo habituellement redoutable.

Il y a quelques petits passages vraiment intéressants qui donnent de la saveur à des personnages récurrent, mais secondaire comme Alexander Poskrebytchev. Un petit bout d’intrigue qui pourrait donner une nouvelle dimension à ce personnage dans des futurs tomes. On voit aussi réapparaitre un personnage secondaire du tome 2, le temps d’un chapitre aussi tragique que court. Le personnage de Staline continue de se dévoiler sous un nouveau jour. Et on découvre enfin pourquoi après avoir servi le Tzar Alexandre II, Pekkala a accepté de travailler pour Staline qui l’avait pourtant envoyé au goulag.

J’ai vraiment eu plaisir à retrouver Pekkala et Kirov. À chaque tome une nouvelle ambiance, toujours intéressante. Quelques bonnes surprises dans ce livre aussi feuilletonnant que ces prédécesseurs. On regrettera la maladresse de l’auteur sur les révélations de la nature de l’assassin et d’un autre personnage. Je note aussi que mon ebook ne comporte pas la petite partie documentaire/note auquel l’auteur nous a habitués sur les livres précédents. Quoi qu’il en soit « La bête de la forêt rouge » est une bonne histoire, même si ce n’est pas le meilleur tome de la série en termes d’écriture et construction narrative.

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