Tenet – Christopher Nolan

Résumé :
« Muni d’un seul mot — Tenet — et décidé à se battre pour sauver le monde, notre protagoniste sillonne l’univers crépusculaire de l’espionnage international. Sa mission le projettera dans une dimension qui dépasse le temps. Pourtant, il ne s’agit pas d’un voyage dans le temps, mais d’un renversement temporel… »

Fiche technique :
Réalisateur et Scénariste : Christopher Nolan
Acteurs principaux : John David Washington, Robert Pattinson, Elizabeth Debicki, Kenneth Branagh
Musique : Ludwig Göransson

‘We live in a twilight world. And there are no friends at dusk.’

Voilà un film que j’attendais avec une impatience folle. Les décalages à cause du COVID m’ont exaspéré, d’autant plus qu’il a un moment été question de le décaler au mois de novembre. J’attendais ce film non parce que je suis un fan de Nolan, mais parce que les teasers et trailers étaient ultra intrigant. Ensuite j’ai découvert qu’un livre en anglais traitant des coulisses du film faisait référence au terme « Quantum Warfare », la guerre quantique.

Le film démarre sur les chapeaux de roues avec une grosse scène d’action. Pas d’introduction des personnages et après quelques minutes déjà très dense, le héros meurt. En fait non. Il se retrouve finalement embarqué dans une affaire d’espionnage dont l’enjeu semble être d’éviter une troisième guerre mondiale dont la nature n’est pas celle que l’on pense.

Dans ce film et comme l’explique le trailer, il n’est pas question de voyage dans le temps, mais d’inversion du temps. Une technologie permet de faire rentrer des gens dans le sens inverse du flux temporel. Le protagoniste joué par John David Washington et aidé de Neil (Robert Pattinson) doit alors empêcher Andrei Sator (Kenneth Branagh) de déclencher ce qui n’est rien de moins que la fin du monde.

« We all believe we’d run into the burning building. But until we feel that heat, we can never know. You do. »

Le film est très intelligemment écrit, entrainant progressivement le spectateur dans la complexité tant de l’enjeu que des mécaniques temporelles utilisées. Les cours du temps se croisent dans les deux sens dans un contre la montre haletants, des révélations tombent à plusieurs reprises (les familiers de la SF en verront probablement venir quelques-unes), les séquences sont de plus en plus impressionnantes au fil du film et jusqu’à la fin. Il y a des scènes vraiment classes, c’est globalement bien filmé, voire très bien filmé, il y a peu d’images de synthèse (environ 300 contre 3000 dans le dernier Avengers). Le scénario est incroyablement bien écrit, toutes les questions de temporalité et de paradoxe sont très bien ficelées, le tout est brillamment rendu à l’écran. Imaginez deux personnages, chacun dans deux sens temporels différents s’affrontant à mains nu dans la même pièce, le tout sans image de synthèse ! Le travail de montage est simplement extraordinaire !

Quelques légers bémols pour chipoter. D’abord la « bataille finale » qui est brouillonne à l’écran, mais il faut dire qu’il y a plusieurs temporalités qui se croise et s’affrontent les armes à la main. Ensuite Sator a des motivations très manichéennes, mais il n’est pas le vrai méchant de l’histoire. Ces méchants se trouvant dans le futur.

Vu comment se termine le film, les révélations auxquels on a le droit et le fait qu’on ne connaît ni l’identité ni la nature des vrais méchants de l’histoire je ne vois tout simplement pas comment ce film échapperait à une suite. Je pense qu’on aura droit à une trilogie. Pourtant Tenet se suffit aussi à lui-même.

« You’re not shooting the bullet. You’re catching it. »

Un mot sur les acteurs. D’abord John David Washington dont le personnage n’est connu que sous des pseudonymes ou sous le terme Protagoniste est vraiment très, très bon. C’est la première fois que je vois une de ses performances et le fils de Denzel a vraiment le potentiel pour une énorme carrière. Ensuite, Robert Pattinson (l’éternel vampire de Twilight) excellent de bout en bout et qui avec ce film achève clairement de se détacher de sa carrière vampirique. Kenneth Branagh, malgré son personnage manichéen, est très bon dans le rôle du russe lunatique capable du plus grand sang-froid comme de crise de rage où il bat sa femme comme une chienne. Une femme justement interprétée par Elizabeth Debicki qui est vraiment très bonne, même si son personnage a quelque chose de très froid et triste qui limite un peu le jeu.

S’ajoute à tout cela une bande de Ludwig Göransson qui colle parfaitement à ce film hors-norme.

En fait, en tant qu’amateur de SF et de science, ce qui m’a globalement bluffé avec ce film est que son histoire serait déjà compliquée à rendre à l’écrit dans un roman, notamment les scènes d’action. Alors chorégraphier, jouer, filmer ces scènes pour obtenir ce résultat me laisse franchement sur le cul.

Tenet est pour moi le film de l’année avec probablement le scénario le plus audacieux vu dans un blockbuster depuis longtemps. Je vous recommande vivement d’aller le voir au cinéma, idéalement dans une salle Dolby et en VOST, pour profiter du son et de la musique pour littéralement vous régaler de ce film qui même s’il n’est pas parfait est vraiment une expérience à part entière.

« Don’t try to understand it. Feel it. »

P.S: besoin d’un deuxième avis? Consultez celui du néophyte!

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