L’appel de Chtulhu — Gou Tanabe

Résumé :
« L’œuvre fondatrice du mythe de Cthulhu !
Quand Francis Thurston hérite des possessions de son grand-oncle archéologue, il se retrouve lié à la tragique destinée du vieil homme… D’après ses papiers, le défunt scientifique enquêtait sur une religion étrange : le culte de Cthulhu. Une mystérieuse gravure représentant son dieu dépeint un monstre cauchemardesque ! Selon le journal laissé par le professeur, cette tablette est l’œuvre d’un artiste qui l’a créée en pleine nuit, alors qu’il était assailli de visions d’une cité fantastique habitée par une créature gigantesque.
Or, ce phénomène a eu lieu le lendemain d’un séisme d’une intensité inégalée, qui a affecté des hommes dans plusieurs contrées… Qu’est-ce qui a bien pu perturber ainsi l’équilibre du monde ? Intrigué par ces écrits, Francis reprend le flambeau et se lance sur la piste du culte, au cœur des ténèbres…
Des États-Unis à l’Europe en passant par les étendues glacées du Groenland, l’horreur se niche partout ! Avec L’Appel de Cthulhu, H. P. Lovecraft donne une ampleur et une cohérence nouvelles à son univers en reliant les indices éparpillés dans ses récits. Aurez-vous le courage d’affronter la réalité ainsi dévoilée ? »

Fiche technique :
Adaptation et dessin : Gou Tanabe
Éditeur : Ki-oon
Pagination : 278 pages
Prix : 17 €

Lors de ma chronique du volume précédent des adaptations de Lovecraft par Gou Tanabe j’avais annoncé que le prochain volume serait probablement « Le cauchemar d’Innsmouth ». Eh bien que vous le devinez au titre de cette chronique je me suis trompé.

Pour le reste, l’Appel de Cthulhu, même s’il n’est pas la meilleure histoire de Lovecraft est une histoire que j’aime beaucoup et qui reste le texte fondateur du mythe de Cthulhu. C’est donc avec plaisir que je me suis jeté sur cette adaptation.

Niveau édition on a toujours droit à la couverture en similicuir qui cette fois – ci est rouge et c’est du plus bel effet. Ils auraient dû faire toute la collection en rouge. De plus l’illustration est superbe. J’adore !

Niveau scénario, l’adaptation est très fidèle. Manga oblige, certains des passages du texte original sont ici des dialogues. Le travail d’adaptation est comme toujours dans cette collection une vraie réussite.

Pour ce qui est du graphisme on est toujours sur du très lourd. Les Lovecraft par Gou Tanabe sont vraiment des mangas hors normes en termes de qualité graphique et de finition. Le trait est toujours dans le réalisme et les cases fourmillent de détails. Quelques défauts mineurs tout de même présents. D’abord un aspect figé, notamment au niveau des visages, déjà cité pour les tomes précédents. Mais après avoir branché mon cerveau, j’ai fini par identifier la cause de cet effet. Contrairement à la plupart des mangakas, Tanabe n’utilise pas de traits de mouvement pour imprimer les mouvements et expressions, c’est cela, qui combiné à son trait bien plus réaliste que dans la plupart des mangas, qui donne cette impression un peu figée par moment. Ensuite, le choix de représenter Francis Wayland Thurston sous les traits d’un jeune homme aux longs cheveux blonds et légèrement efféminés me parait coller assez peu au personnage (dont l’apparence n’est pas décrite dans le texte original) et l’époque. On a l’impression de faire face à certains stéréotypes un peu clichés que l’on retrouve dans certains mangas et animés. Enfin, la façon dont sont représentés les adorateurs du culte croisés en Louisiane et à bord de l’Alert est un peu trop proche du stéréotype imbibé de racisme utilisé par H.P Lovecraft. On a l’impression d’avoir affaire à des sauvages tout droit sorties de leur jungle. C’est certes fidèle à l’œuvre originale et je ne tente pas de faire passer Tanabe pour un raciste, mais il aurait été bienvenu qu’il s’écarte un peu de l’œuvre originale sur ce point pour quelque chose d’un peu plus réaliste. En dehors de ces menus défauts assez subjectifs, il y a aussi des qualités énormes que je gardais pour la fin : les représentations de Cthulhu. Le grand ancien est assez difficile à représenter de manière juste et François Baranger avait placé la barre très haute avec son adaptation. Ici aussi c’est une réussite, au moins équivalente. Ces représentations qu’il s’agisse de tablette d’argile, de statue ou Cthulhu lui-même sont absolument grandioses ! Pour chipoter, je le trouve peut-être un peu trop petit. La cité engloutie de R’lyeh est elle aussi une grande réussite.

Pour résumé, Tanabe réussit à nouveau une superbe adaptation de « L’appel de Chtulhu ». Très fidèle sur le plan de l’écriture et parfois grandiose sur le plan graphique, largement au-dessus de ce que l’on peut croiser en manga. Pour découvrir « L’appel de Chtulhu » autrement que par le texte original Tanabe et Baranger nous offrent donc deux très, très belles portes d’entrée.

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