Ghost in the Shell: SAC_2045 – Netflix

Résumé :

« En l’an 2045, après une catastrophe économique connue sous le nom Défaut Global Simultanée qui a détruit la valeur de toutes les formes de monnaie papier et électronique, les nations du “Big 4” se sont engagés dans un état de guerre sans fin nommée “guerre durable” (ou viable) pour maintenir l’économie en marche. Dans ce monde, les anciens membres de la section 9 se sont vendus comme des mercenaires sous le groupe “GHOST”, utilisant leurs améliorations cybernétiques et leur expérience du combat pour gagner leur vie tout en désamorçant les points chauds à travers le monde. Cependant, l’émergence de “Post Humains” et une conspiration découverte par l’ancien chef Aramaki obligent la section 9 à se reformer. »

Fiche technique :
Network: Netflix
Réalisateur : Shinji Aramaki et Kenji Kamiyama
Scénariste : Kenji Kamiyama

Je vous avertis tout de suite, je suis un gros fan de Ghost in the Shell. Mais c’est quoi Ghost in the Shell (GITS) me demanderont certains ? Ghost in the Shell est un manga futuriste, de type cyberpunk, se déroulant aux alentours des années 2030. Le personnage principal est un cyborg de sexe féminin, le major Motoko Kusanagi. Cette dernière fait partie d’une section d’élite anticriminelle de la police, la section 9. Les mangas, films et séries abordent les thèmes suivants : Qu’est-ce qui distingue l’être humain d’un robot pensant ayant conscience de son existence ? Qu’est-ce qui fait la spécificité de la pensée humaine ? Que peut-on considérer comme « être vivant » ? Où se situe la frontière entre le corps et l’esprit ?

Jeune j’ai découvert cet univers avec le premier et grandiose film d’animation de Mamoru Oshii, qui m’a emmené vers le manga d’origine de Masamune Shirow auquel j’ai un peu moins accroché à cause de la pâte graphique de l’auteur. Puis est venu un deuxième film d’Oshii, toujours grandiose, et les séries d’animation Stand Alone Complex. Le principe de ces deux premières séries était d’alterner d’un épisode à l’autre histoire tenant sur un épisode (Stand Alone) et épisode consacré au fil rouge (Complex). Au lieu d’une troisième saison, nous avons eu le droit à long un métrage « Stand Alone Complex: the Solid State Society » qui bien que qualitatif, ne répondait déjà plus à la définition « SAC » qui est alors devenue une marque. Les deux premières saisons ont été condensées en deux longs métrages se concentrant uniquement sur le fil rouge « Complex » et étaient très satisfaisantes. Il y a quelques années nous avons eu droit à une forme de renaissance avec la série « Arise » racontant les genèses de la célèbre Section 9. Arise était suivit de « The New Movie » qui faisait le lien direct « Arise » et le premier film de Mamoru Oshii. Enfin, 2017 à vue le premier film live Ghost in the Shell de Rupert Sanders avec Scarlett Johansson et qui s’est avéré être plutôt décevant malgré de bonnes idées et bonnes attentions.

Tout ça pour vous dire que lorsque j’ai appris que production I.G s’associait avec Netflix pour lancer une nouvelle série Stand Alone Complex j’étais plutôt enthousiaste. Pourtant le premier trailer et sa pâte graphique m’ont pas mal refroidi. Mais la série se constituant de 12 épisodes de 25 minutes, j’ai quand même tenté l’aventure. On peut dire que globalement SAC_2045 est comme le film de Sander : plein de bonnes idées et de bonnes attentions, mais aussi de gros ratages.

Pour s’offrir de la marge de manœuvre scénaristique, les scénaristes nous transportent en 2045, environ 10 ans après l’univers original. Et là on rentre dans un World Building que j’ai trouvé assez douteux : suite à un défaut de payement mondial, le G4 (et donc le monde) s’est lancé dans la « guerre viable », une sorte de guerre perpétuelle qui fait tourner l’économie. Ensuite les membres de la section neuf sont devenus des mercenaires et opèrent sous le nom « Ghost » (comme Ghost « in the shell »… super créatif) combattant des groupes rebelles en Californie dans des USA qui semblent être dans une guerre civile larvée. Ces rebelles sont financés par un mystérieux « Riche-Généreux » dans le genre naming de merde on attend un niveau incroyable. Heureusement après se départ raté l’intrigue va revenir sur des choses plus intéressantes et plus dignes de Ghost in the Shell, même s’il y a encore des références en mode gros sabot « 1984 – Guerre durable (entendez perpétuelle) » par exemple.

Un autre gros problème pour moi est l’aspect artistique. Avec le passage à la 3D et Cell Shading, les personnages de la section neuf sont globalement devenus ultras lisses, ont perdu leur charisme et leur expressivité. Le Major Kusanagi a eu droit une « réduction mammaire », mais se voit affublé d’un physique globalement plus enfantin (à cause de la pâte graphique) accompagné d’un déhanché improbable rendant la chose malaisante. L’intro du premier épisode nous gratifie d’un fan service honteux prétexte à un gros plan sur le cul du personnage. Pour enfoncer le clou, le character design de certains personnages est d’un amateurisme flippant. Les jeunes rebelles de Los Angeles se baladant en tenu de footballeurs américains, et l’agent de la NSA arborant un physique calqué sur celui de l’agent Smith de Matrix tout en s’appelant John Smith (name dropping et inspiration level wow). Sur l’aspect graphique global c’est assez inégal, le rendu des personnages n’est pas terrible, mais les décors, effets spéciaux ou atmosphériques sont capable du meilleur. Enfin, dès le premier épisode nos ex-agents de la Section 9 sont accompagnés d’un jeune mercenaire afro-américain qui joue le clown de service (dans le genre agaçant) et se voit donc affublé du surnom de « Clown » (genre je fais du cliché, mais je l’assume, mais c’est nul). Le pire c’est qu’en pensant être débarrassé d’un personnage insupportable on en hérite rapidement d’un autre.

En fait l’enjeu de cette série est de survivre au premier épisode qui est une véritable purge. Lorsque la vraie intrigue démarre et se développe, ça devient tout de suite plus intéressant et à partir du 4ème épisode ça devient prenant puisqu’on part en chasse des mystérieux « post-humains ». En même temps cette série confirme une chose : Stand Alone Complex n’est plus un concept, mais une marque, car mise à part l’épisode 6 il n’y pas de « Stand Alone » dans cette série. Pire, la saison qui compte 12 épisodes (26 pour les anciennes séries) est donc incapable de développer et boucler l’intrigue qui se termine sur un cliffhanger.

En conclusion cette série qui porte le sigle SAC n’est pas une série Stand Alone Complex, est graphiquement inégale (rendu des personnages oscillants entre médiocre et ridicule) et gaspille un potentiel scénaristique intéressant en étant incapable, contrairement aux vraies intrigues SAC, de mener une intrigue complète et fait parfois preuve de fainéantise ou maladresse dans ses références et son world building. Il faudra donc attendre la saison 2 pour, je suppose, avoir l’intrigue complète. Bien que SAC_2045 démarre par un premier épisode tout simplement catastrophique elle reste digne d’intérêt pour tous les amoureux de GITS, mais reste très loin du niveau stratosphérique des films ou des excellentes séries précédents et ne surclasse finalement que le médiocre film de Rupert Sanders.

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