Les oranges de Yalta — Nicolas Saudray

Résumé :

« La Deuxième Guerre mondiale telle qu’elle aurait normalement dû se dérouler. Au lieu de s’en prendre aux États-Unis, le Japon attaque l’Union soviétique par un bout alors que le Reich l’attaque par l’autre bout. L’Armée rouge ne peut résister à une telle coalition. À partir de ces évènements presque historiques, un implacable enchaînement de conséquences fait surgir un monde — étrange et odieux — qui aurait fort bien pu être le nôtre. Le lecteur est invité à se promener dans le cerveau d’Hitler, de Staline, de Churchill, en une démarche où l’humour noir n’altère pas la vraisemblance. Tandis que s’éloigne l’altière silhouette du général de Gaulle… Mais le roman fait aussi une large part aux obscurs et aux sans-grades, aux témoins cocasses et aux victimes tragiques. Les oranges de Yalta ne seront pas cueillies par ceux qui pensaient s’en régaler. »

Fiche technique :

Auteur : Nicolas Saudray
Éditeur : Balland
Pagination : 550 pages

Un livre sortit en 1992 et pas réédité depuis. Je voulais lire ce livre depuis longtemps, mais fus un temps il était à la fois chère et difficile à trouver d’occasion. Si vous voulez le lire, vous n’avez que deux possibilités : le marché d’occasion ou les bibliothèques. On m’avait tellement vanté ce livre par le passé que j’avais de très grosse attente. D’un autre côté, les uchronies à base de victoire de l’axe ont tendance à ne pas m’intéresser, car elles sont souvent mauvaises et ont des points de divergence généralement peu plausible. Je vous préviens, cette chronique contiendra quelques spoilers.

Ici le point de divergence (POD) est que des cadres du Reich vont persuader les Japonais d’attaquer l’URSS plutôt que la possession française et britannique d’Asie. Cette première partie du livre (qui représente un peu plus de la moitié du livre) titré « La Guerre à quatre » (RU et URSS vs Reich, Turquie et Japon) nous conte la chute de l’URSS, mais surtout les manœuvres politiques du Reich pour s’attirer des alliers supplémentaires pour rendre Staline sur 2 puis 3 fronts.. Cette première partie, très bonne, écarte m’a principale crainte : la plausibilité d’une attaque japonaise dans l’extrême orient soviétique. En effet, avec en POD en 1940 il n’y a théoriquement aucun moyen pour les Japonais de gagner. Leurs forces sont faiblement mécanisées et leurs blindés sont ridicules face à ceux des Soviétiques. C’est donc par la ruse et la tactique que les Japonais vont mettre les forces soviétiques de Sibérie dans une situation impossible. Ces forces qui OTL (dans notre histoire) avait été envoyée en Russie européenne pour freiner la marche infernale du Reich. Vous l’aurez compris cette première partie se termine par la destruction de l’URSS (entre autres).

La deuxième partie s’appelle « La paix branlante ». Sous l’égide des USA dont le président n’a pas pu entrer en guerre faute d’attaque sur Pearl Harbor, les différentes parties prenantes vont redessiner les cartes d’Europe, d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et de l’URSS afin de se partager leur butin. Le Royaume-Uni en sortira humilier, tout en ayant conservé des miettes d’empire. Roosevelt pensera avoir mis fin aux conquêtes fascistes. La France n’est plus que l’ombre d’elle-même. Il est à noter que dans cet univers, la France Libre et de Gaulle n’auront jamais l’opportunité de devenir ce que nous avons connu. La faute à des circonstances bien différentes.

La troisième partie, nommée « La guerre à deux » nous compte la guerre entre le Japon et les USA dans le Pacifique. Roosevelt persuadé d’avoir installé la paix durablement et pensant que le Japon était rassasié s’est fait avoir. Cette guerre sera assez courte et bien moins mortelle que celle que nous avons connue. Cette fois c’est le Reich qui viendra jouer les faiseurs de paix.

La dernière partie « La paix merveilleuse » nous raconte la signature de la Paix entre USA et Japon, puis nous raconte le monde d’après-guerre jusqu’au début des années 1950. C’est un monde qui ne fait pas du tout rêver, mais qui ne sombre pas non plus dans les caricatures que j’ai connu via d’autres œuvres uchroniques comptant une victoire de l’axe.

Au niveau du style, chaque partie est découpée en de nombreux chapitres plus ou moins longs alternant les points de vue. L’auteur ne nous décrit pas des grandes batailles, mais nous raconte l’histoire à auteur de femme et d’homme : le troufion ouzbek envoyer en Ukraine, la travaille soviétique, le soldat japonais, mais aussi les grands noms de l’histoire tels qu’Hitler, Staline, Churchill et autre. C’est très bien fait est très efficace. Plus rarement on a droit à des passages épistolaires : correspondance, messages radiodiffusés, extraits de presse. Et tout aussi rarement on a droit à de courts passages entièrement dialogués, pas mauvais, mais moins élégants. C’est globalement très prenant et immersif, fluide et bien écrit. Le deuxième tiers du livre, où il y a moins d’action et d’évènements parait un poil longuet, mais d’un autre côté on sent que l’auteur aurait pu continuer à faire vivre ce monde pendant encore de nombreuses pages.

D’un point de vue uchronique et historique, c’est vraiment bon. Comme expliqué précédemment l’histoire est plausible. Mes principales craintes concernaient la divergence, mais l’auteur s’en sort très bien. Ce qui en découle est donc aussi plausible. Sur le plan historique, c’est très recherché, et ce à une époque où on n’avait pas accès à toutes les informations ou pistes via internet. D’ailleurs l’auteur détaille ses sources sur cinq pages à la fin du livre.

En conclusion, « Les oranges de Yalta » est une très bonne uchronie de bout en bout et souffre de peu de défaut surtout pour un livre sorti il y a presque 30 ans. Je recommande chaudement sa lecture tant aux amateurs du genre que ceux qui voudrait le découvrir. C’est vraiment très dommageable, à une époque où l’uchronie jouit d’un semblant de popularité en France, que ce livre n’ait pas été réédité.

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