Primitive War 2 : Animus Infernal — Ethan Pettus (VO)

Résumé :
« Alors que la guerre froide devient infernale… Un accélérateur de particules a été saboté dans le cœur sombre des terres désolées de l’Angola déchirées par la guerre. Des horreurs primitives réintègrent la savane, faisant d’innombrables victimes alors qu’elles forgent un nouvel écosystème. Zosimus Kaikara et Josef Gustavo, deux chasseurs de primes angolais, sont chargés de mener les chasseurs de dinosaures de la Stalker Force et les paramilitaires de Quad Equitum jusqu’à l’accélérateur de particules abandonné dans les hautes terres du sud. Tandis que les hommes se débattent pour survivre dans ce monde perdu et inhospitalier, le paysage de la terre est changé à jamais par… la guerre primitive. »

Fiche technique :
Auteur : Ethan Pettus
Éditeur : Autoédition
Pagination : 334 pages

Situé quelque temps après « The Hunting of Stalker Force » et plusieurs années après le tome 1, Animus Infernal nous emmène en pleine guerre d’indépendance angolaise alors que le Vietnam s’est effondré suite à l’invasion de dinosaures combinés à la guerre. On retrouve la Stalker Force avec quelques nouvelles têtes ainsi que tout un tas de nouveaux personnages tels que Joseph et Zosimus, les mercenaires de Quad Equitum et un gars de la CIA. Leurs missions sont d’atteindre un accélérateur de particules dans la région reculée (et en partie fictive) de « New Fatima ». Si la Stalker Force est dans la région, c’est parce qu’elle traque encore et toujours les redoutables Utahraptors qui ont fui l’Indochine, mais d’autres dinosaures se trouve déjà sur place à cause du fameux accélérateur de particules. Qui l’a construit ? Pourquoi a-t-il flanché et à nouveau ouvert une faille spatiotemporelle ? Cela fait partie des choses à découvrir lors de la lecture.

Ce tome est un livre bourré de petits défauts, mais aussi bourré de qualités. Toutefois, pour rentrer dans l’histoire il faut accepter une légère suspension de votre crédulité pour digérer le coup des accélérateurs de particules et des dinos. Au niveau des qualités on peut commencer d’emblée par la superbe couverture illustrée par Justin Trevor Comley, on est dans le haut du panier que ce soit en édition conventionnelle ou en autoédition. Le livre s’ouvre aussi sur une carte illustrée de la zone où se passe le récit, ainsi qu’un petit bestiaire illustré de plusieurs pages, bravo. Ensuite, on sent dans ce tome 2 toute l’ambition de l’auteur, qui veut bâtir un univers complet, adulte, violent, fort et sans concession assez éloigné des fictions habituelles à base de dinosaures qui sont orientés science/thriller (Crichton) soit série B horrifique. Ici c’est sans concessions, les morts sont nombreuses et atroces. L’auteur n’a pas peur de malmener voir tuer ses personnages y compris certains qu’on ne pense pas voir mourir (et plusieurs que je pensais voir aller au bout de la trilogie). La sélection de la faune préhistorique n’y est pas étrangère, mais les personnages ne sont pas confrontés qu’à l’horreur. Ils sont parfois témoins de scène incroyable de la vie préhistorique et prennent le temps d’en profiter. Toutefois, ces passages sont rares, car malgré le nombre de pages, le livre est sans temps mort. Aussi, le bestiaire est très riche, les recherches sérieuses tant sur l’Angola de l’époque, que le contexte de la guerre froide, les dinosaures (l’auteur s’est inspiré du comportement d’animaux existant) ou l’aspect tribal (les Ovimbundu et leur folklore). Il y a aussi quelques clins d’œil bien sentit et pas trop envahissant à Jurassik Parc, Au cœur des ténèbres ou Apocalypse Now. Il y aussi un aspect psychophilosophique un peu maladroit, mais qui donne de la profondeur en explorant le concept de l’anima/animus/persona chers à Carl Jung et qui pointait déjà son nez dans le titre.

Dans la liste des défauts, on a l’impression par moment que certains dinosaures sont pare-balles. Dans l’un des chapitres on voit par exemple un Carnotaurus résister à des balles mitrailleuses de calibres 7.62 avant de finalement se faire amocher à coup de machette. Pour les non-familiers de la chose, une balle de ce calibre tirée par une mitrailleuse M60 vous traversera comme du beurre, après avoir d’abord traversé la portière de votre voiture. Il y aussi un peu trop de personnages, « heureusement » ils meurent vite, mais avant qu’on les connaisse. On a aussi à nouveau droit à du nommage un peu cliché, par exemple un duo de mercenaires dont les noms de codes sont Eros et Thanatos. La conspiration derrière ce qui va précipiter une catastrophe mondiale est à la fois cliché et manichéen, et fait pensé aux théories de la conspiration les plus granguignolesques. Le méchant de l’histoire est lui manichéen, nihiliste et mille fois trop sûre de lui ce qui lui donne un côté très cliché (genre Wesker de Resident Evil). On sent aussi venir, via l’aspect psychophilosophique, le délire du retour à l’homme tribal/shaman, comme si dans un monde qui plonge dans le primitivisme seul l’homme « primitif » pourrait s’en sortir. D’ailleurs, l’aspect psychophilosophique cité précédemment et un peu trop présent en plus d’être maladroit. Chaque partie du livre (il y en a six) s’ouvre une sur une pleine page de citations psychophilosophiques allant de celles d’un personnage (donc fictives) à Carl Jung en passant Carl Panzram.

Malgré ses nombreux petits défauts, Primitive War est un vrai bon livre avec de vraies et grosses qualités. C’est une « série B dinosauresque » ambitieuse, intense, adulte, violente et courageuse. L’auteur fait peu de compromis pour exprimer et faire vivre son univers. Une bonne partie des défauts s’explique par le fait qu’il est parfois difficile pour un auteur autoédité (je sais de quoi je parle) de prendre suffisamment de recule pour voir certaines maladresses ou erreurs dont on se rend coupable. Quoi qu’il en soit, vu l’état dans lequel est le monde à la fin de ce tome, j’ai vraiment hâte de découvrir le prochain Primitive War Dispatch (tome 2.5) et le tome 3 qui sera vraisemblables baptisé Aeon Ouroboros.

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