L’Effondrement — Les Parasites

Résumé :
« Dans cette série anthologique, on suit plusieurs destins d’individus et de familles, à différents moments de l’effondrement, tentant de survivre tant bien que mal dans un monde qui ne tourne plus rond, entre manque de ressources (énergie, nourriture…), émeutes, panique et insécurité. »

Fiche technique :
Network: Canal+
Scénaristes et réalisateur : Les Parasites
Acteurs : Bellamine Abdelmalek, Roxane Bret, Philippe Rebbot, Thibault de Montalembert, Audrey Fleurot, Samuel Giuranna, Stéphane Malassagne, Samir Guesmi, Bastien Ughetto, Lubna Azabal, Yannick Choirat

Vu le titre, le synopsis et le trailer, vous avez déjà détecté la série qui déborde de bonne humeur n’est-ce pas ? Eh bien, cette série était sur ma liste depuis sa sortie, mais j’ai pourtant choisi le meilleur timing du monde pour regarder cette série : pandémie de Covid-19, 50 °C en Amérique du Nord, le golfe du Mexique en flamme, inondation au Japon, famine à Madagascar… Bref l’ambiance parfaite pour regarder ce genre de série.

Quoi qu’il en soit j’ai beaucoup aimé cette série proposée par le collectif « Les parasites » et diffusé sur Canal +. La série est présentée comme anthologique, mais qui ne l’est pas complètement se compose de huit épisodes durant en moyenne vingt minutes. C’est donc vite regardé et comme en plus c’est intense et prenant je n’ai pas vu le temps passer.

Le titre de chaque épisode fait référence à un lieu spécifique ainsi qu’au temps écoulé depuis le jour J correspondant au premier jour de l’effondrement. Le premier épisode se déroule 2 jours après l’effondrement, dans un supermarché alors que les pannes de courant se succèdent et que les gens font des provisions. Le suivant se déroule à J+5 dans une station-service alors que la population fait face aux pénuries de carburant et que la situation devient tendue. Lors du troisième épisode, on suit un « bourgeois » arrogant et infâme qui quitte sa résidence pour rejoindre un aérodrome, car il détient un ticket doré pour passer la crise en toute sécurité. Dans l’épisode quatre, au 25e jour, on retrouve un groupe de « réfugiés » qui trouve refuge dans un hameau de survivalistes. On se retrouve en suite au 45e jour alors que des personnes tentent de sauver une centrale nucléaire dont le refroidissement n’est plus assuré. L’épisode six, au cinquantième jour, nous emmène dans une maison de retraite où un seul membre du personnel continue de prendre soin des personnes âgées qui sont condamnées. Lors de l’épisode sept, à J+170, on suit une femme qui tente de rejoindre la sécurité d’une île. Pour terminer, l’épisode huit se passe 5 jours avant la crise alors que des militants envahissent un plateau TV pour prévenir, en vain, de la catastrophe qui approche. Si je disais plus tôt que la série n’est pas complètement anthologique c’est parce qu’en réalité les 8 épisodes sont liés, tant par des évènements que des personnages, mais j’y reviendrais dans le paragraphe « spoiler ».

J’ai beaucoup aimé cette série, car en plus de son rythme intense, elle me fait beaucoup penser à « Black Summer », les zombies en moins. Le scénario va à l’essentielle, les personnages sont traités correctement, mais sans verser dans le pathos et le blabla, car le cœur de la série c’est la catastrophe et la survie. Le jeu d’acteur est correct, mais n’est donc pas mis en avant. La réalisation est efficace, souvent caméra à l’épaule et donc immersive. Le scénario sans détour, brillamment écrit et très cynique et parfois aussi très touchant, comme je vais le détailler dans le paragraphe suivant pleins de spoilers.

Spoiler! Spoiler! Nous y voilà. Je parlais entre autres du cynisme et de l’aspect faussement anthologique de la série ainsi que du fait qu’elle pouvait être touchante. C’est donc parti pour une explication. Dans l’épisode huit, les militants écologistes sont confrontés à la ministre de l’Écologie Sofia Desmarest qui les taxe d’être inutilement alarmistes lorsqu’ils parlent de la catastrophe imminente qui va frapper le monde et même de conspirationniste lorsqu’ils évoquent que « l’élite » se prépare des refuges sécurisés dans des îles. C’est pourtant cette même Sofia qu’on suit dans l’épisode sept et qui tente de gagner la fameuse île protégée par des mercenaires et des drones. La fameuse Sofia est aussi l’épouse du bourgeois insupportable de l’épisode trois. De même, le hameau de l’épisode quatre est géré par les survivalistes croisés dans le premier épisode et une partie des réfugiés qui atteignent le hameau sont aperçus dans l’épisode deux. La centrale nucléaire de l’épisode cinq, qui finit par exploser, se trouve apparemment non loin du dit hameau qui est donc, à terme, condamné. L’épisode six dans la maison de retraite est assez bouleversant, puisque Marco est le seul employé de la maison de retraite à être resté s’occuper des patients. Cinquante jours après l’effondrement, il manque de tout, la nourriture est rationné, il n’y plus de médicaments, les patients tombent les uns après les autres, mais il reste et il donne tout. Cet épisode m’a pris aux tripes, d’autant plus que le sort des maisons de retraite est très rarement traité dans les fictions survivalistes. Il est malheureusement évident et terriblement humain de se dire qu’en cas de crise comme celle décrite ici, les employés iront mettre leurs familles à l’abri, abandonnant les vieux et les malades à une longue agonie. Ici Marco reste humain jusqu’au bout et quand tout est perdu, qu’il n’y a plus rien à manger, il prend sur lui d’euthanasier « ses » patients, plutôt que de les abandonner à leur funeste sort. Cet épisode est franchement bouleversant.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai adoré cette série. Elle est brute de décoffrage, sans compromis et le tout sans verser dans le gore ni la violence spectacle. De plus, vu qu’elle est courte, vous ne pouvez que lui donner sa chance puisqu’il faut grosso modo deux heures pour visionner l’intégralité de la série.

Un commentaire sur “L’Effondrement — Les Parasites

  1. L’évacuation des  »élites » sur des îles a déjà été traités quelques fois. Je conseille ce roman, Genèse de l’enfer et sa suite ou en 2028, la situation sociale est devenu intenable en Europe et ou les  »puissants » d’Europe tentent d’évacuer sur les îles anglo-normandes, les îles grecques, etc dans un plan secret. Mais attention spoil, ils se font avoir pour les chefs militaires qui organise une guerre civile dans une société devenue ultra-communautaire pire qu’aux États-Unis :
    https://www.babelio.com/livres/Corver-Genese-de-lenfer/367792

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