Latium (Tome 1) — Romain Lucazeau

Illustration de couverture par le grandiose Manchu. Plus de détail ici.

Résumé :
« Dans un futur lointain, l’espèce humaine a succombé à l’Hécatombe. Reste, après l’extinction, un peuple d’automates intelligents, métamorphosés en immenses nefs stellaires. Orphelins de leurs créateurs et dieux, esseulés et névrosés, ces princes et princesses de l’espace attendent, repliés dans l’Urbs, une inéluctable invasion extraterrestre, à laquelle leur programmation les empêche de s’opposer. Plautine est l’une d’eux. Dernière à adhérer à l’espoir mystique du retour de l’Homme, elle dérive depuis des siècles aux confins du Latium, lorsqu’un mystérieux signal l’amène à reprendre sa quête. Elle ignore alors à quel point son destin est lié à la guerre que s’apprête à mener son ancien allié, le proconsul Othon. Pétri de la philosophie de Leibniz et du théâtre de Corneille, Latium est un space opera aux batailles spatiales flamboyantes et aux intrigues tortueuses. Un spectacle de science-fiction vertigineux, dans la veine d’un Dan Simmons ou d’un Iain M. Banks. »

Fiche technique :
Auteurs : Romain Lucazeau
Éditeur : Denoël
Pagination : 464 pages

Alors que je suis en train de lire le livre « La nuit du Faune » de Romain Lucazeau, je me suis dit qu’il ne serait pas bête que je vous livre une chronique sur son premier roman que j’ai lu en 2016, avant la création de ce blog. Latium se compose de deux livres, ici je ne vous livre ma chronique que du premier et vous découvrirez bientôt pourquoi.

 Vous l’aurez deviné avec le résumé, il s’agit de (hard) SF et de post-apo, mais pas seulement. Latium est aussi une uchronie, puisque dans ce lointain futur, ce qui subsiste de la civilisation humaine consiste en les débris d’un Empire romain qui ne s’est jamais éteint (avant ladite Hécatombe). Le monde que nous connaissons n’a donc jamais existé.

Dans ce lointain futur, l’humanité est totalement et définitivement (jusqu’à preuve du contraire) éteinte. Tout ce qu’il en reste ce sont des IA. Plus précisément d’immense vaisseau dans lesquels sont enchâssées des IA. Ces Nefs sont régies par un code appeler le Carcan, équivalent (ou presque) des Lois de la Robotique d’Asimov. En plus des Nefs, il y a aussi des IA plus « basiques » appelées Noème. Les Nefs attendent un éventuel retour de l’Humanité, protégeant tant bien que mal l’héritage humain et errent dans le système solaire (dont l’humanité n’a jamais franchi les frontières) avec, aussi, l’espoir de ressusciter leurs défunts maîtres.

Un problème a fini par se présenter. Les Nefs ont détecté une race biologique, des « barbares », qui étendent leur territoire en direction du Latium. Mais face à une guerre potentielle, les Nefs font face à une limitation : le Carcan les empêche de faire du mal à toute forme de vie intelligente. Faire la guerre aux barbares est donc théoriquement impossible. La solution palliative choisie est l’établissement des limes (fortification/frontière en latin) une sorte de politique de la terre brulée. En gros le Latium est protégé par une frontière de 20 années-lumière d’épaisseur dans laquelle ne subsiste plus aucun corps céleste. Seules solutions pour protéger le Latium : créer une race intelligente qui n’est pas sujette au Carcan, ou alors se débarrasser dudit Carcan. L’intrigue démarre vraiment lorsque l’une des Nefs, Plautine, est sortie de son sommeil par un signal émanant d’une forme de vie intelligente. Serait-ce des « Humains » ?

Pour ce qui est de l’intrigue, je vais essayer de me limiter à ça. Globalement, c’est très riche, très solide et très intéressant. Le rythme est très bon. Il y a aussi un certain Sens of Wonder (dimensions des Nefs, Othon qui lutte contre le Carcan…). De plus l’auteur à une sacrée plume.

Mais il y a aussi quelques défauts. Selon les goûts, on pourrait trouver l’auteur un peu trop verbeux malgré sa virtuosité. Le texte est intelligent et plutôt exigeant, il vaut mieux être concentré. Enfin des défauts qui m’ont beaucoup gêné et m’ont coupé l’envie d’aller plus loin malgré les grosses qualités. D’abord l’usage des unités de mesure antique font qu’il est difficile d’appréhender les dimensions et distances, car il faut retourner systématiquement à l’indication en début de livre, et ce alors que le livre est très prenant et qui m’a donc, très (trop) souvent sortie de ma lecture. Ensuite, l’aspect uchronique dont le POD (point de divergence) et l’histoire n’est pas expliqué font qu’il m’a fallu une sacrée suspension consentie de l’incrédulité pour accepter cet Empire romain à l’échelle du système solaire. Enfin, on a vraiment l’impression d’avoir affaire à une demi-histoire. Comme si le manuscrit de l’auteur, trop volumineux avait été brutalement coupé en deux.

Un livre plein d’ambition et impressionnant sur certains aspects avec aussi pas mal de Sens of Wonder et de grandes thématiques. Toutefois, il y a aussi quelques défauts qui m’ont malheureusement coupé l’envie d’aller plus loin, peut-être à tort.

Si vous souhaitez lire d’autres chroniques à propos de Latium et avoir aussi un avis sur le deuxième tome, je vous liste ici quelques chroniques qui pourraient vous éclairer.

Les tomes 1 et 2 chez Apophis.

Les tomes 1 et 2 sur l’Épaule d’Orion.

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