Le sommet des dieux (Film) — Patrick Imbert

Résumé :
« À Katmandou, le reporter japonais Fukamachi croit reconnaître Habu Jōji, cet alpiniste que l’on pensait disparu depuis des années. Il semble tenir entre ses mains un appareil photo qui pourrait changer l’histoire de l’alpinisme. Et si George Mallory et Andrew Irvine étaient les premiers hommes à avoir atteint le sommet de l’Everest, le 8 juin 1924 ? Seul le petit Kodak Vest Pocket avec lequel ils devaient se photographier sur le toit du monde pourrait livrer la vérité. 70 ans plus tard, pour tenter de résoudre ce mystère, Fukamachi se lance sur les traces de Habu. Il découvre un monde de passionnés assoiffés de conquêtes impossibles et décide de l’accompagner jusqu’au voyage ultime vers le sommet des dieux. »

Fiche technique :
Réalisateurs : Patrick Imbert
Scénaristes : Magali Pouzol, Patrick Imbert
Distribution : Wild Bunch
Doubleurs principaux : Lazare Herson-Macarel, Eric Herson-Macarel, François Dunoyer

Ce film faisait partie de la sélection officielle du Festival de Canne 2021, mais ce qui est généralement mis en avant lors de ces évènements me passe généralement au-dessus de la tête. C’est donc la semaine de sa sortie en salle que j’ai découvert l’existence de film. Il s’agit d’une adaptation du manga (en cinq tomes) de Jirō Taniguchi adapté d’un roman du même titre de Baku Yumemakura. Le nom de Patrick Imbert ne sera pas forcément inconnu des férus d’animation puisqu’il était le directeur de l’animation sur « Ernest et Célestine ».

Pour ce qui est du scénario j’éviterais d’en dire plus que ce qui est déjà dans le résumé. Sachez qu’il y a des alternances entre le présent et le passé via l’enquête de Fukamachi qui va nous faire découvrir la carrière et le personnage de Habu Jōji. Le film nous permet aussi de nous rendre le monde de l’alpinisme et des solitaires assez accessibles. À travers Fukamachi on essaie de comprendre la quête d’Habu. Cette quête de l’exploit et de l’absolu. Le film, pas plus que notre réalité, ne répond réellement à cette question. Qu’est-ce qui nous pousse à atteindre et repousser les limites ? Pourquoi gravir l’Everest ? Pourquoi explorer les abysses ? Pourquoi parcourir l’espace ? Après tout, une fois l’Everest gravit en 1953 par Edmund Hillary et Tensing Norgay, pourquoi ne pas en rester là ? À la place les exploits se sont succédé : montées en solitaire, puis sans oxygène, puis par des parcours toujours plus dangereux et impossibles.

La face Nord de l’Everest vue en direction du camp de base tibétain.

Sur le plan de l’adaptation, Imbert et Pouzol parviennent à tirer l’essentiel des cinq tomes du manga, avec quelques raccourcis bien sentis, pour nous livrer une histoire belle, intense et dramatique concentrée sur 90 minutes. Bel exploit, d’autant que c’est vraiment fidèle à l’esprit du manga de Taniguchi (qu’il faudra que je relise à l’occasion, histoire de vous en livrer une chronique).

L’histoire est portée avec justesse et brio par une belle bande originale d’Amine Bouhafa qui colle parfaitement à l’aspect solitaire, aux immensités qu’affrontent les alpinistes. Le dessin et l’animation sont parfaits. Cet aspect de la direction artistique est très fidèle au dessin (noir et blanc) du manga de Taniguchi dont le style de dessin était très proche de ce que l’on croise en BD franco-belge. La qualité des couleurs, des effets (lumières, météo et atmosphère) et de l’animation donne vie avec brio et un réalisme bluffant à ce manga.

Cette adaptation de « Le sommet des dieux » forme un ensemble prenant de bout en bout avec des moments de drames et tensions terriblement prenants. Le thème et les personnages sont puissants et touchants. Les aspects visuels et sonores sont superbes. Le film se transforme vite en une apnée de 90 minutes offrant des moments sublimes et désespérés, parfois presque choquants. Qui s’y laisse prendre sera forcément très touché par ce superbe film que, feu, Jirō Taniguchi aurait surement aimé voir.

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