Constellation Express #8 : Un, deux, trois John Wick

Après une accalmie dans le nombre de chroniques postées ces dernières semaines et derrière ce titre (peu) inspiré du jeu « Un, deux, trois, Soleil », vous avez compris qu’on allait parler des films de la franchise « John Wick ». Je commencerais par donner un avis rapide sur les 3 films et parler un peu plus de l’univers global.

L’univers John Wick tient à trois hommes : Chad Stahelski (réalisateur), Derek Kolstad (scénariste) et Keanu Reeves (acteur principal). Stahelski est ancien cascadeur de film d’action, Kolstad reste assez peu connu et a un CV assez court, quant à Keanu Reeves je ne pense pas qu’il y est besoin de le présenter. Je ne pense pas que « John Wick » était initialement conçu comme un univers étendu, car même si la fin du premier film restait ouverte, il n’était pas sous-titré « Chapitre 1 » contrairement à ses suites (Chapitre 2, Chapitre 3…) et l’univers global ne commence à être développé qu’à partir du deuxième film.

John Wick 

« Ancien tueur à gages repenti, John Wick vient de perdre sa femme Helen, décédée des suites d’une longue maladie. Peu après l’enterrement, John reçoit un colis, contenant un chiot femelle beagle nommé Daisy et une lettre : il s’agit d’un cadeau posthume d’Helen pour l’aider à surmonter sa disparition. Il mène une vie sans histoire, jusqu’à ce qu’un malfrat sadique nommé Iosef Tarasof remarque sa voiture. John refuse de la lui vendre. Iosef n’acceptant pas qu’on lui résiste s’introduit chez John avec deux complices pour voler la Mustang, et tuer sauvagement Daisy… John remonte la piste de Iosef jusqu’à New York. Un ancien contact, Aurelio, lui apprend que le malfrat est le fils unique d’un grand patron de la pègre, Viggo Tarasof. »

Donc globalement le scénario est un prétexte à l’action : « tu as tué mon chien, je vais niquer ta race et celle de tous ceux qui se mettront sur mon chemin. » Pourtant, ça marche. L’esthétique à un côté « clipesque » avec une mise en scène soignée, une bonne BO et des scènes d’actions ahurissantes. On a droit à la classique scène de fusillade dans un club, mais avec une de mes musiques préférées : Think de Kaleida. Bref, à défaut d’être du grand cinéma ce « revenge movie » peut revendiquer un statut de série B d’action culte.

John Wick, Chapitre 2

« Alors que John fini de régler ses comptes avec le clan Tarasof, un fantôme du passé resurgi : Santino D’Antonio, envers qui John à une dette. C’est grâce à Santino que John avait pu prendre sa retraite, mais maintenant il veut que la dette soit remboursée. Santino veut que John Wick élimine sa sœur Gianna qui s’apprête à prendre la tête de la Camorra et siéger à la “Grande Table”. Problème : une fois la mission accomplie Santino va trahir John et tenter de le faire éliminer en mettant sa tête à prix, déclenchant la furie de l’assassin. »

On retrouve toutes les qualités du premier film, mais encore plus poussées. Certaines scènes ayant vraiment une esthétique très classe, notamment la mort de Gianna D’Antonio. Surtout, l’univers est un peu plus développé. On découvre la « Grande Table », sorte d’ONU des plus grands groupes criminels du monde pour qui travaillent les assassins. On découvre que l’hôtel « The Continental » de New York dans le premier film n’est pas le seul Continental et que chaque grande ville a le sien, qu’ils sont tous sous les ordres de la « Grande Table », on en découvre un peu plus sur les règles qui régissent ce monde d’assassin : serment par le sang dans un médaillon pour notifier une dette, monnaie spécifique à leur milieu, code… Bref, ce Chapitre 2 transforme John Wick en franchise avec un univers plus étendu que le simple prétexte à l’action « clipesque » et jouissive. Évidemment, la fin est encore une fois ouverte et on sent que le Chapitre 3 sera terrible. En effet, John a refroidi Santino dans l’enceinte même du Continental, ce qui est totalement interdit par le code et ce qui lui vaut d’être excommunié et donc d’avoir tous les autres assassins sur le dos.

John Wick, Chapitre 3 : Parrabellum

« Alors que John tente de fuir New York, la “Grande Table” envoie une adjudicatrice remettre de l’ordre dans les affaires du Continental et du Bowery King ainsi que tous ceux qui ont permis à John Wick de tuer Santino D’Antonio puis de quitter New York. »

C’est l’occasion d’en découvrir un peu plus sur le passé de John qu’on devinait originaire d’Europe de l’Est et qui semble être originaire de Biélorussie et lié à la Ruska Roma. Grâce à cette dernière, John va réussir à rejoindre le Continental de Casablanca et une vielle connaissance qui a une dette envers lui : Sofia, dont il a mis la fille en sécurité des années plus tôt. Pour payer sa dette, Sofia doit permettre à John de rencontrer le « Grand Maître de la Grande Table ». Et là, on découvre que le gars qui se tient au-dessus de la « Grande Table » est un Touareg au fin fond du Sahara, ce qui rend le truc assez mystérieux. Pour retrouver sa place, après avoir sacrifié un doigt, John doit jurer de travailler pour la « Grande Table » jusqu’à sa mort et de tuer Winston le patron du Continental de New York, qui lui avait pourtant laissé une heure d’avance à la fin du deuxième film avant de le faire excommunier. Pourtant, de retour à New York, John va s’allier à Winston contre la « Grande Table » pour forcer l’adjudicatrice à rendre le contrôle du Continental à Winston et à foutre la paix à John Wick. Après environ 40 minutes d’action démente dans l’hôtel et le massacre de toutes les troupes de l’adjudicatrice ainsi que de Zero, l’adjudicatrice pousse Winston à éliminer John qui après avoir pris plusieurs balles (dans sa veste pare-balle) tombe du toit de l’hôtel. Problème : alors que l’adjudicatrice plie bagage, le corps de John est introuvable. Ce dernier, amoché, mais vivant (il est increvable) a été ramassé par les hommes du Bowery King. Les deux gars sont très en colère et veulent régler leurs comptes avec la « Grande Table » ouvrant la porte à un « John Wick, Chapitre 4 ».

L’action est encore plus démente et chorégraphiée que dans le film précédent (course poursuite à moto complètement dingue, combat final de malade), l’esthétique « clipesque » encore plus soignée avec un sens du détail assez dément. Seule la BO est un cran en dessous des précédents films. Surtout, l’univers et ses codes continuent de s’étendre tout en gardant encore des secrets.

De plus, même si Keanu Reeves est l’acteur principal sur lequel repose la franchise, il y a pas mal de beau monde dans ces trois films. Ainsi dès le premier film on retrouve : Bridget Moynahan (I robot, Lord of War, World Invasion: Battle Los Angeles…) dans le rôle d’Helen, la défunte épouse de John. C’est pas mal d’avoir un tel nom pour un personnage mort qu’on aperçoit que quelques minutes sur l’ensemble des trois films à travers des flashbacks. Ian McShane (une cinquantaine de films et encore plus de séries à son actif) dans le rôle de Winston, patron du Continental. Lance Reddick (Fringe entre autres) dans le rôle de Charon, réceptionniste du Continental (spoiler: il est bien plus que ça). Willem Dafoe (pas besoin de le présenter) dans le rôle de Marcus, ancien collègue et ami de John.

Le deuxième film y ajoute : Ruby Rose (mannequin, animatrice de télévision, actrice, DJ, VJ et réalisatrice) qui joue le rôle d’Ares, une tueuse muette et tatouée de la Camorra, clichée au possible, mais plutôt charismatique. Common (rappeur et acteur américain) qui joue le rôle de Cassian, l’assassin en charge de la protection de Gianna d’Antonio. Laurence Fishburne (carrière foisonnante) qui joue le rôle du Bowery King. C’est assez marrant de retrouver le duo Morpheus/Neo de Matrix.

Le troisième film y ajoute enfin : Halle Berry (qu’on ne présente plus) dans le rôle de Sofia Al-Azwar, qui a le droit à une scène d’action démente en duo avec Wick. Mark Dacascos (Crying Freeman, le Pacte des Loups…), dans le rôle totalement cliché de Zero, un assassin-ninja chargé d’éliminer John Wick et qui a le droit à une mort complètement « What the Fuck! »

L’univers de John Wick n’a pas fini de s’étendre. En effet un quatrième film arrive en 2022 et un cinquième est en production. Enfin, une série centrée sur le « Continental » serait en préparation. On parle de Mel Gibson dans le rôle-titre et d’apparitions occasionnelles de Keanu Reeves dans le rôle de John Wick.

Enfin, ce qui est marrant et qui me plait toujours ce sont les clins d’œil et le sens du détail. Ainsi la couverture de Zero est celle d’un « chef-sushis » alors que Marc Dacascos a présenté la téléréalité culinaire « Iron Chief » pendant plusieurs années.
Dans le troisième film, John Wick paraphrase Neo de Matrix (rôle le plus connu de Keanu Reeves) lorsque Winston lui demande ce dont il a besoin pour défendre le Continental « Guns. Lots of guns. ».
Toujours dans le troisième film, la course poursuite ultra spectaculaire et violente en moto est un hommage à « The Villainess » un film d’action coréen de type « revenge movie » ultra violent.
Dans le deuxième film, lorsque Winston prévient Santino de prendre garde à la fureur de John Wick, une statue Kali le surplombe : « Now I am become death: the Destroyer of Worlds. »

En conclusion

John Wick à l’avantage de pouvoir être abordé de deux manières. La première, la plus simple, des films d’action assez dingues, violents et très spectaculaires avec une esthétique soignée (décors et personnages) et des scénarii pas prise de tête qui permettent de débrancher son cerveau et s’amuser devant un joli défouloir. La deuxième, c’est la première plus le fait qu’il y a un vrai univers assez travaillé derrière. Alors certes l’univers et les personnages ne sont pas les sommets de ce qu’on peut trouver dans des livres par exemple, mais l’univers est consistant et logique. Bref ça tient la route et pour une série B d’actions on n’en demandait pas tant. C’est aussi un univers qui assume ses clichés et ses tropes de très belle manière. Même les personnages dans leur aspect grandiloquent et théâtral au possible ont un vrai charme. Bref, John Wick c’est cool alors, amusez-vous bien !

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