The Hot Zone – National Geographic

Résumé :
« La terrifiante histoire vraie des origines d’Ebola, un virus mortel et hautement infectieux né dans les forêts humides d’Afrique Centrale. En 1989, une équipe tente d’empêcher le virus, apparu chez des singes, de se propager jusque dans la population américaine… »

Fiche technique :
Réalisateurs : Michael Uppendahl, Nick Murphy
Scénaristes : James V. Hart, Brian Peterson, Jeff Vintar, Kelly Souders
Distribution: National Geographic
Acteurs principaux : Julianna Margulies, Noah Emmerich, Liam Cunningham, Topher Grace, James D’Arcy

Voilà une série qui trainait sur ma liste de chose à regarder depuis sa sortie en 2019. Elle est basée sur le livre « The Hot Zone: A Terrifying True Story » du journaliste Richard Preston, sortie en 1994 et basé sur sa série d’articles « Crisis in the Hot Zone » publiée 1992 pour le New Yorker. The Hot Zone avait déjà failli être adapté dans les années 1990, mais s’était fait coiffer au poteau par « Outbreak » connu chez nous sous le titre « Alerte » avec (entre autres) Dustin Hoffman, Rene Russo et Morgan Freeman.

La série « basée sur des faits réels » (à l’américaine) nous raconte via deux temporalités la découverte du virus Ebola en 1976 lors de la première épidémie au Zaïre (RD Congo de nos jours), et l’apparition en 1989 d’une étrange fièvre hémorragique à Reston non loin de Washington DC. En 1989 nous suivons les époux Nancy Jaax et Jerry Jaax deux colonels de l’USAMRIID (United States Army Medical Research Institute of Infectious Diseases). L’équipe de Nancy Jaax découvre accidentellement une étrange fièvre hémorragique dans des prélèvements venant de macaques des laboratoires Hazleton à Reston. Les analyses au sein du laboratoire P4 de l’USAMRIID révèlent qu’il s’agit d’Ebola. Alerte générale ! Il faut endiguer la contagion avant qu’elle n’atteigne l’Homme. Nancy fait donc appel aux services de son mentor Wade Carter, grillé dans le milieu, mais qui a été confronté à l’épidémie d’Ebola Zaïre en 1976. C’est lui qui est aux centres des flashbacks développants les évènements de 1976 au Zaïre.

Comme d’habitude, je vais essayer d’en rester là pour l’histoire, pour pas trop spoiler. D’autant que je m’en chargerai plus loin dans un paragraphe dédié, avec le Warning de rigueur. L’histoire est relativement fidèle aux évènements réels, surtout pour la partie « 1989 ». Pour la partie 1976, on se retrouve sur « basé sur des faits réels, à l’américaine », en effet ni Carter ni ses acolytes ne sont les « découvreurs » de l’Ebola, même si les évènements auxquelles ils sont confrontés sont assez proches de la réalité. L’ambiance globale de la série est plausible/réaliste, on a l’impression d’être en 1976 et 1989. L’effort de réalisme fait que la série est très didactique. Les protocoles, le laboratoire P4 sont assez proches de ce que je connais des sujets. La réalisation et l’ambiance sonore donnent une impression de tension quasi permanente. La série ne faisant que six épisodes, il y n’a pas de sous intrigue, on nous donne juste un aperçu de l’impact que l’emploie des Jaax peux avoir sur leur vie de famille et leur vie de couple. Ils ont des métiers à risques, ils travaillent au même endroit, donc ils s’inquiètent de ce qui pourrait leur arriver et de ce qui adviendrait de leurs enfants. C’est juste assez pour garder l’histoire à hauteur de femme/homme. La série est de ce fait assez intense et prenante, seule les dix dernières minutes ont un côté très « happy end », assez cliché, notamment à cause de l’ambiance musicale.

Niveaux distribution, ce n’est pas mal du tout. Avec Julianna Margulies et Noah Emmerich dans les rôles des Jaax. Julianna Margulies est toujours aussi charismatique. C’est toutefois, Liam Cunningham dans le rôle de Carter qui tire son épingle du jeu tant sur la temporalité 1976 que celle 1989.

Nous voilà dans le paragraphe à spoilers, car on va parler de l’histoire vraie. Je vais vous parler de l’Ebola et de l’épidémie de Reston. Cette dernière est assez peu connue chez nous et est un peu tombée dans les oubliettes, mais il s’agit donc d’une épidémie d’Ebola eux États-Unis. L’Ebola c’est une horreur, une machine à tuer, avec un taux de décès de l’ordre de 90 %, il n’y a à l’époque aucun traitement, d’où le classement P4. C’est une maladie qui se transmet via les fluides corporels. Son réservoir zoonique est principalement composé des primates, mais aussi des chauves-souris et des porcs, principalement en Afrique équatoriale. La période d’incubation est de 2 à 21 jours. Ce n’est que depuis les années 2000-2010 que des vaccins ont commencé à être testés et à faire leurs preuves. Autant vous dire qu’Ebola fait flipper, à juste titre, les spécialistes. Le truc qui nous sauve les fesses, c’est l’extrême mortalité du virus, qui fait qu’il est en général contenu sur zone. Mais certaines souches ont une mortalité plus faible, augmentant le risque de contagion étendue. Ce fut le cas avec l’épidémie de 2013-2016 en Afrique de l’Ouest, qui avec un taux de moralité de l’ordre de « seulement » 70 % a vu la maladie contaminer plus de 28 000 personnes à travers l’Afrique de l’Ouest, mais aussi en Europe et aux États-Unis. Au total, plus de 11 000 personnes sont décédées. En 1989 à Reston, les Américains ont eu un coup de chance. L’Ebola Reston qui décimait les primates était quasi inoffensive pour l’homme. Les quelques personnes contaminées n’ont eu que des maux de tête, de la fièvre… et se sont remises sans séquelles. Le problème est qu’on n’a jamais vraiment identifié l’origine de cette souche. Les macaques venaient des Philippines, un autre réservoir a été identifié en Indonésie, mais on n’a jamais identifié l’origine du virus chez ces macaques, ni comment un ebolavirus est apparu dans cette région puisque les ebolavirus semblent trouver leurs origines dans les jungles africaines. En gros, la principale raison d’avoir peur des ebolavirus, c’est le risque de voir surgir une souche avec une mortalité suffisamment basse pour la voir contaminer plus de gens, ou que la période d’incubation et d’apparition des symptômes change et lui permette là aussi de passer sous les radars pour contaminer des millions de personnes. Il est aussi à noter que si l’épidémie de 1976 au Zaïre est relativement connue, une autre épidémie a simultanément eu lieu au Soudan (du sud). Finalement, l’image du « monstre mystérieux surgi de la jungle » que donne Carter dans la série est assez juste. C’est une maladie dont l’origine et les flambées restent incomprises, mais dont les conséquences pour les malades sont horribles.

Distribution fin 2014 du réservoir zoonotique du virus Ebola.

The Hot Zone est une bonne surprise qui, malgré quelques entorses à la réalité historique, arrive à nous offrir un divertissement intense, réaliste et didactique. La réalisation, couplé à la BO donne une vraie intensité tout au long des six épisodes. Les acteurs sont globalement bons. L’ambiance d’époque et les décors donnent une bonne immersion. C’est donc une série que je recommande sans aucun problème, même si elle ne restera pas dans les annales.

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