Love, Death and Robots (Volume 3) – Netflix

Après un volume 2 assez (par rapport au 1) mitigé en 2021, l’année 2022 voit débarquer un volume 3 dont le trailer donnait plutôt envie. À nouveau, des noms prestigieux sont associés aux épisodes, notamment au niveau des auteurs des scripts ou d’œuvres servant de base au script. On retrouve John Scalzi, Neal Asher, Michael Swanwick, Bruce Sterling… Côté réalisation, là aussi quelques gros noms comme David Fincher, Tim Miller, Jennifer Yuh Nelson…

Comme pour les deux premiers volumes, je vais vous donner les titres et résumés des épisodes, chaque fois suivit d’un petit avis en essayant bien évidemment de spoiler le moins possible. Ensuite je donnerais un avis global sur l’anthologie.

Three Robots: Exit Strategies

« Suite d’un épisode du volume 1. Les trois robots (K-VRC, XBOT 4000 et 11-45-G) embarquent pour un nouveau voyage post-apocalyptique. Ils enquêtent sur des sites où des restes d’humanité de différentes classes sociales ont essayé (et échoué) de survivre à l’apocalypse, y compris un camp primitif de survivalistes pour les pauvres, une vieille plate-forme pétrolière réaménagée en station de luxe pour les riches, et un bunker autrefois autonome pour les fonctionnaires du gouvernement. Les robots déduisent plusieurs causes à l’échec humain. »

Épisode caustique au possible, qui critique la nature autodestructrice de l’Homme et les délires des plus riches/puissants qui pensent que cela suffira à les sauver de la fin du monde. C’est cynique et marrant, mais pas inoubliable. Et au fait : « Miaou ».

Bad Travelling

« Un crustacé géant mangeur d’hommes, appelé thanapode, monte violemment à bord d’un navire de chasse au requin, massacrant la plupart de son équipage humain avant d’occuper la cale du navire. Le navigateur du navire, Torrin, est obligé de négocier avec lui. Le thanapode demande à être emmené sur l’île voisine de Phaedin, où il se nourrira probablement de la population sans méfiance. Torrin le promet en échange de sa vie. Cependant, il demande à l’équipage de voter pour accepter les demandes du thanapode ou pour le piéger en le déposant sur une île déserte plus éloignée, un voyage plus long auquel ils auraient moins de chances de survivre. »

Une claque dès le deuxième épisode. Pour l’aspect visuel, ce n’est pas étonnant puisque c’est animé par Blur Studio. L’épisode est réalisé par David Fincher et le script est basé sur une histoire de Neal Asher. L’ambiance est sombre, âpre et réaliste. Les designs et le sens du détail sont bluffants : navires et requins fictifs, les thanapodes, les personnages… C’est horrifique et gore, mais là encore le sens du détail est bluffant de sérieux. Par exemple « la marionnette » qui se décompose au fil des jours. L’histoire prend aux tripes. Tout du long on a l’impression que Torrin est la pire des ordures, mais à travers lui l’auteur questionne la nation de « héros ». On retrouve l’excellent Troy Baker au doublage de Torrin.

The Very Pulse of the Machine

« L’astronaute Martha Kivelson se retrouve seule à la surface d’Io après qu’un accident de SEV a causé la mort de son partenaire, Burton. Alors que l’oxygène s’amenuise et que le soutien de sa station spatiale est à plusieurs heures de route, Kivelson tente de traîner le corps de Burton à travers la lune jusqu’à leur vaisseau d’atterrissage. Après avoir pris de la morphine pour endormir la douleur d’un bras cassé, Kivelson commence à avoir des hallucinations. »

Deuxième claque consécutive et non des moindres, car pour moi cet épisode à lui seul justifie le visionnage du volume 3 de LDR. La « marche de la mort » de Martha Kivelson tourne à ce qui pourrait passer pour un trip hallucinatoire avant de déployer un Sens of Wonder hallucinant. Le graphisme en 3D cell shading de Polygon Pictures couplé à la réalisation d’Emily Dean donne vie à la nouvelle de Michael Swanwick avec brio.

Night of the Mini Dead

« Deux adolescents en chaleur souillent une église et un cimetière la nuit, réveillant accidentellement les morts et provoquant une apocalypse zombie. Des hordes de zombies envahissent rapidement les centres de population de la planète, anéantissant la majeure partie de l’humanité. »

Une invasion mondiale de zombies en stop-motion, c’est bien fait et marrant à regarder. D’autant que c’est très court donc il n’y a pas de superflu.

Kill Team Kill

« Une équipe de bérets verts, dirigée par le sergent Nielsen, est envoyée pour enquêter sur des meurtres mystérieux et se retrouve face à un grizzly cybernétiquement amélioré. »

Dès le synopsis, on sait qu’on va avoir un truc qui ne se prend pas au sérieux. C’est absurde et kitch au possible, c’est aussi assez gore et cru. L’animation et le character design de Titmouse Inc, ainsi que la réalisation de Jennifer Yuh Nelson me rappelle « Sucker of Souls » de LDR Volume 1. Je me suis bien marré.

Swarm

« Simon Afriel arrive dans le cadre d’une mission de recherche de deux ans dans un système stellaire extraterrestre habité par une race insectoïde appelée seulement l’Essaim. En compagnie d’un autre chercheur humain, Galina Mirny, ils explorent les rouages de la ruche de l’essaim, composée de multiples castes et d’autres espèces extraterrestres absorbées par la ruche, chacune jouant un rôle spécifique dans le maintien de l’écosystème de la ruche de l’essaim. Le véritable objectif de Simon pour ses recherches est révélé : obtenir et exploiter les informations génétiques de l’essaim, en les associant à des phéromones artificielles pour créer un nouvel essaim, plus soumis, pour aider les humains à se développer. »

Réalisé par Tim Miller et basé sur la nouvelle éponyme du célèbre Bruce Stirling, ce court-métrage déploie un certain Sens of Wonder lors de la découverte et l’exploration de l’essaim, avant de prendre un tournant légèrement horrifique sur la fin. Le fonctionnement de la ruche, ses capacités adaptatives, sa gestion de la menace à travers les millénaires sont vraiment bluffants. L’animation et le character design de Blur Studio sont toujours aussi bons, même si je trouve que les humains sont moins bien réussis que dans « Bad Travelling ». Tim Miller s’offre le luxe d’avoir Rosario Dawson au doublage de Galina Mirny.

Mason’s Rats

« Dans une version future de l’Écosse, un fermier nommé Mason est bouleversé de découvrir que les rats de sa grange utilisent des outils, vraisemblablement pour dévorer sa récolte de céréales génétiquement modifiées, et l’attaquent à l’arbalète. Il fait appel aux services de la société de lutte antiparasitaire high-tech Traptech. »

Encore un court-métrage à l’histoire un peu absurde. C’est aussi un peu gore (des rats se font massacrer). L’accent et la façon de parler et d’être de Mason m’ont bien fait rire par le côté cliché (VO recommandée). C’est loin d’être inoubliable, mais ça détend l’atmosphère avant l’épisode suivant.

In Vaulted Halls Entombed

« Une escouade de Marines MARSOC est envoyée pour sauver un otage des insurgés. En les suivant dans les tunnels de la montagne, ils trouvent les corps de l’otage et de l’insurgé, dévorés par un essaim de mystérieuses créatures ressemblant à des araignées. L’escouade perd trois hommes dans l’essaim, laissant le chef d’escouade, le sergent Coulthard, et Harper comme seuls survivants. Le duo trouve une lumière rougeoyante et suit un son mystérieux dans une chambre plus profonde, qui se révèle être une prison contenant une gigantesque divinité eldritchienne. »

Une histoire assez gore et surtout très (très) lovectraftienne (notamment sur la fin), basée sur une nouvelle d’Alan Baxter (le texte a été récompensé de l’Australian Shadows Paul Haines Award For Long Fiction en 2015). L’animation et le graphisme réaliste de Sony Pictures Imageworks sont une vraie réussite. On retrouve Joe Manganiello, Christian Serratos et Jai Courtney au casting (visage et doublage). Un vrai bon moment pour les amateurs du Maitre de Providence.

Jibaro

« Alors qu’un groupe de conquistadors et de prêtres arrête son périple au fin fond de la jungle de Porto Rico, une mystérieuse créature féminine drapée d’or et de bijoux émerge du lac voisin. Avec son appel de sirène, elle plonge tout le groupe dans la frénésie, s’entretuant avant de se noyer dans les eaux profondes. Cependant, le chevalier sourd Jibaro n’est pas affecté par elle et parvient à s’échapper dans la panique. »

Un épisode partiellement sourd et donc muet, notamment les passages du point de vue de Jibaro. L’histoire est poétique et très étrange. C’est visuellement très réussi. L’animation et le design de la « sirène » (elle n’a pas de queue de poisson) sont même bluffants. Cette créature à quelque chose d’assez touchant. L’épisode est une chouette conclusion pour ce volume trois.

En conclusion, ce volume 3 est clairement supérieur au précédent. Les épisodes « Bad Travelling », « The Very Pulse of the Machine », « In Vaulted Halls Entombed » et « Jibaro » sont de franches réussites et justifie à eux seuls le visionnage de ce volume 3. Même les épisodes les moins marquants restent sympathiques alors que les deux premiers volumes comptaient quelques courts-métrages que j’avais trouvés carrément nuls ou inutiles. Vivement les prochains volumes.

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