Annihilation — Jeff VanderMeer

Résumé :
« La Zone X, mystérieuse, mortelle. Et en expansion. Onze expéditions soldées par des suicides, meurtres, cancers foudroyants et troubles mentaux. Douzième expédition. Quatre femmes. Quatre scientifiques seules dans une nature sauvage. Leur but : ne pas se laisser contaminer, survivre et cartographier la Zone X. »

Fiche technique :
Auteur : Jeff VanderMeer
Éditeur : Le Livre de Poche
Pagination : 240 pages

J’ai découvert cet étrange livre en 2017 ou 2018 lors de l’annonce de son adaptation par Alex Garland pour Netflix. C’était avant que je me replonge dans la SF et dans les lovecrafterie. C’était aussi bien avant que je crée ce blog. Aussi, j’ignorais à l’époque que c’était le premier tome d’une trilogie : La Trilogie du Rempart Sud. Ça fait des années que je me disais qu’il faudrait que je lise les tomes suivants, aussi depuis la création du blog que je me dis qu’il faudrait que je chronique ce livre (peut-être même que je chroniquerais le film). J’ai donc fait l’acquisition des tomes suivants et j’ai entamé la relecture du tome qui nous intéresse ici.

Il est à noter qu’Annihilation à gagner en 2014 un Nebula et un Shirley Jackson, du meilleur roman dans les deux cas.

« Là où gît le fruit étrangleur venu de la main du pécheur, je ferai apparaître les semences des morts pour les partager avec les vers qui… »

Nous suivons donc une équipe de de quatre scientifiques, toutes des femmes, une biologiste, une anthropologue, une psychologue et une géomètre, qui entre dans la « Zone X » pour une expédition. Jeff VanderMeer ne perd pas trop de temps en introduction, la zone est mystérieuse bien que là depuis longtemps. On ne comprend pas son origine, sa nature, son fonctionnement. Le Rempart Sud, l’organisation qui surveille et étudie l’étrange Zone s’avère tout aussi mystérieuse. Même la protagoniste de l’histoire est assez peu introduite et présenté, on la connaitra que sous le nom de « Biologiste », tout comme ses collègues ne seront connus que par leur titre/rôle dans l’expédition. L’histoire nous est narrée par la biologiste, on finit par avoir la confirmation que nous lisons son journal. Tous les membres de toutes les expéditions doivent en tenir un. Cette façon de raconter l’histoire est vraiment immersive, à hauteur de personnage, petit à petit la protagoniste se livre, nous dit (un peu) qui elle est, ce qui l’a poussé à faire partie de l’expédition. Bien évidemment, par son caractère, elle gardera sa part de mystère. Tout cela accompagne la découverte de la Zone X et de ses secrets, mais aussi des manigances du Rempart Sud, car malgré un certain nombre d’expéditions, on se rend très vite compte que les membres de la douzième expédition disposent de trop peu d’information et que si l’organisation a fourni un prétexte à cette rétention d’informations, c’est probablement dans le but de manipuler les membres de l’expédition. On a clairement l’impression que les expéditions elles-mêmes sont des expériences.

« se rassemblent dans les ténèbres et cernent le monde du pouvoir de leurs vies tandis que depuis d’autres endroits vastes et mal éclairés des formes qui ne peuvent exister se contorsionnent par impatience des quelques qui n’ont jamais vu ni été vus… »

Ce livre est classé dans les genres horreurs et weird, j’avoue ne pas vraiment avoir trouvé le côté horreur puisque la seule chose qui pourrait faire peur dans cette histoire est l’aspect weird. La zone est très, très étrange. L’ambiance qui imprègne la nature de la zone m’a fait, d’une certaine manière, penser à « La couleur tombée du ciel » de HP Lovecraft. Au final ce qui est flippant, c’est l’étrangeté surréaliste qui dépasse la logique biologique et qui nous fait comprendre que la zone est « autre », qu’elle transforme tout ce qui l’habite, sans qu’on sache vraiment pourquoi ni comment. Comme dans une histoire de Lovecraft, il n’y a pas de happy-end. Si la biologiste est toujours vivante lorsqu’on referme le livre (et si elle bien présente dans le livre suivant) elle est changée à jamais (et j’ai hâte de savoir à quel point).

« Pourquoi devrais-je me reposer quand la méchanceté existe dans le monde… »

Jeff VanderMeer nous livre avec une plume simple et accessible une histoire étrange et fascinante, mais aussi d’une certaine façon touchante quand on regarde de plus près l’histoire personnelle de la biologiste. La méfiance au sein de l’équipe, les manipulations de l’Agence et l’usage d’un conditionnement par hypnose pose très vite une ambiance empreinte de méfiance et de paranoïa. La présence diffuse du « Rampeur », puis la découverte de sa potentielle identité, l’étrange poème du « Fruit étrangleur », la créature du marais, la mystérieuse attaque sur le phare… autant de mystères et d’étrangetés qui m’ont fait désirer des réponses et donc donné envie de lire les suites.

En conclusion, bien que n’ayant pas forcément beaucoup de temps pour des relectures ces dernières années, j’ai retrouvé Annihilation avec plaisir. Le fait que depuis l’époque je me sois replongé de manière bien plus assidue dans la lecture en général et dans la SF et le Weird en particulier a rendu cette lecture encore plus agréable qu’alors. Jeff VanderMeer manie le mystère, le secret et surtout l’étrangeté avec brio dans un texte court qui peut être lu d’une traite tant il est fluide et prenant. Vivement la suite, je veux comprendre ce qui se passe.

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