Constellation Express #12 : Vite oubliés

Comme vous l’aurez deviné au titre, ce Constellation Express va parler de trucs regardables, mais que j’ai trouvé parfaitement oubliables.

Resident Evil Infinite Darkness

À la base j’étais un gros fan de la licence Resident Evil. Les trois premiers jeux m’ont vraiment marqué, puis la licence a pris un tournant action franchement inintéressante accompagnée d’un tournant scénaristique à l’écriture assez pitoyable. L’intrigue de la série Infinite Darkness est située entre les événements de Resident Evil 4 et Resident Evil 5.

L’intrigue tourne autour d’une conspiration du Secrétaire américain à la Défense qui travaille en complicité avec la malveillante compagnie pharmaceutique Tricell qui est un peu la « nouvelle Umbrella ». Le scénario, pourtant écrit par des Japonais, passe par tous les clichés du film d’action américain : vrai-faux méchant, vrai-faux gentil, président bienveillant manipulé à son insu par les conspirateurs, héros qui survit à tout et n’importe quoi sans une égratignure. Sur le plan artistique c’est correct, mais sans plus. La série date de 2021, mais j’ai vu des trucs bien plus beaux des années avant ça et pas forcément avec autant de moyens. L’animation est passable et parfois même très étrange. L’intro semble s’inspirer de « La Chute du Faucon Noir », mais sans arriver à la cheville du film de Ridley Scott. Le grand méchant boss de fin a des airs de « Jumping Hulk » du film Hulk d’Ang Lee sortie en 2003. Heureusement les 4 épisodes combinés durent seulement 2 heures du coup l’ensemble reste supportable.

The Gray Man

Il s’agit d’une production Netflix et réalisé par les frères Russo (Captain American, Avengers…). C’est une adaptation du roman de Mark Greaney, plus connu chez nous pour son travail sur le « Ryanverse » de Tom Clancy. La série littéraire « The Gray Man », à laquelle je me frotterais peut-être un jour, compte actuellement 10 livres.

En 2003, Court Gentry (Ryan Gosling) est incarcéré dans une prison de Floride. Il est alors recruté par Donald Fitzroy (Billy Bob Thornton) de la CIA. Il intègre le programme Sierra, sous le nom de code Sierra Six. Il s’agit d’une équipe de criminels travaillant comme tueurs pour des opérations secrètes du gouvernement. Dix-huit ans plus tard, Court est devenu un tueur réputé. Il participe à une mission à Bangkok pour l’Agence, sous les ordres de Denny Carmichael (Regé-Jean Page). Après avoir découvert des informations sensibles auprès d’un autre agent Sierra, Court va à son tour se retrouver la cible de toutes sortes d’organisations et groupes internationaux, notamment son ancien employeur. C’est ainsi que débarque Lloyd Hansen (Chris Evans), un tueur sociopathe bien décidé à l’éliminer. Court va par ailleurs tenter de retrouver Claire, la nièce de Donald, kidnappée par Lloyd.

Déjà, même si le film porte le nom du premier roman de la série, il n’en est qu’une vague adaptation. Vu le travail de Mark Greaney, on aurait pu s’attendre à un film d’action lorgnant du côté des films « Jason Bourne ». Au final il s’agit juste d’un film d’action décérébré, qui s’il n’avait pas autant d’acteurs connus à son casting serait probablement passé inaperçu. En gros le film c’est : Action, Punchline, Action, Punchline… du début à la fin. Bref c’est aussi chiant que les films Marvel des frères Russo. Si voir Chris Evans dans le rôle du « gros méchant fils de pute sociopathe » est sympa, son personnage n’est jamais crédible et même embarrassant. Le personnage de Ryan Gosling se prend des coups de couteau et ne les sent même pas. La version « jeune » de Fitzroy dans l’intro du film est totalement malaisante. L’action est sympa à regarder, mais sans plus. Les effets spéciaux sont au mieux criards, voire parfois ratés comme dans la scène du C-130 qui se désintègre en vol où les CGI sont carrément embarrassantes. Bref, si The Grey Man occupe vaguement une soirée avec son action décérébrée, il gâche le potentiel cinématographique d’une série littéraire.

Jurrasic World

« L’Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d’attractions. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude. »

Ce synopsis envoie du rêve, non ? Jurrasic World initie une trilogie qui est un étrange mélange de reboot-suite. Jurrasic World, c’est Jurrasic Park en plus grand et plus spectaculaire. Le parc est ouvert depuis des années et, pour maintenir l’affluence, InGen (racheté par le milliardaire Simon Masrani) se met à concevoir de nouvelles espèces « inédites ». Ce qui mène à la création de l’Indominus Rex. Évidemment, ça va partir en sucette, car le nouveau dino est un hybride de Tyrannosaurus rex, vélociraptor, Carnotaurus, Giganotosaurus, Majungasaurus, Rugops, Pycnonemosaurus, Quilmesaurus, Viavenator, Deinosuchus, et Therizinosaurus ainsi que d’animaux modernes tels que la seiche, la grenouille arboricole et la vipère. Du coup, avec un super dinosaure, qui entre autres choses est capable de changer de couleur pour se fondre dans le décor et est suffisamment intelligent pour arracher sa balise, qu’est-ce qui pouvait mal se passer ? Bref, la catastrophe embrase le parc et il faut sauver sa peau. C’est bourré d’action et ultra spectaculaire, mais du coup beaucoup moins crédible que ne l’étaient les anciens films. Plus de spectacles et plus de dinos engendrent plus de CGI, du coup souvent c’est voyant et criard. Niveau dinosaure, on ne croit pas une seconde à l’Indominus Rex. Le film nous sert un mosasaure façon Marine Land, sauf que le dino est 4 fois plus gros qu’il ne le serait dans la réalité. Les personnages sont mal écrits, il y a plein de scènes pas du tout crédibles, comme Claire qui en fin de film est toujours à crapahuter en talon, même quand un T-Rex la pourchasse. De plus ce premier opus de la nouvelle trilogie recycle les grandes lignes du premier film de la licence : parc emporté par une catastrophe, méchant scientifique qui se prend pour Dieu, les enfants de la famille d’un des persos principaux qu’il faut sauver, le T-Rex qui sauve les protagonistes.

Jurassic World: Fallen Kingdom

« Trois ans après les événements du parc Jurassic World, les dinosaures sont redevenus les maîtres d’Isla Nublar. Ils se retrouvent cependant menacés d’extinction lorsque le volcan de l’île, jusque-là endormi, s’apprête à entrer en éruption. Ancienne dirigeante du parc, Claire Dearing préside désormais une association pour la protection des dinosaures. Elle se bat aujourd’hui pour sauver les derniers dinosaures de la planète. Alors que tout le monde lui tourne le dos, un dénommé Benjamin Lockwood — ancien collègue et ami de John Hammond — la contacte pour soutenir son projet. Celui-ci lui propose d’aller sauver les animaux piégés sur Isla Nublar et de les amener dans un “sanctuaire” spécialement créé pour les protéger, loin des humains. »

On part à nouveau sur une redite, cette fois on reprend la principale ligne scénaristique de « Jurassic Park 2: Le monde perdu » quelqu’un va sortir des dinosaures de l’île. Les héros Claire Dearing et Owen Grady vont se rendre compte que les gens pour qui ils travaillent sont mal intentionnés puisque Benjamin Lockwood s’est fait doubler par son associé Eli Mills qui compte se faire un max de tunes avec les dinos et leur ADN. On découvre aussi que la jeune Maisie Lockwood n’est pas la petite fille de Benjamin Lockwood, mais le clone de sa défunte fille. Le film se termine avec des dinosaures relâchés sur le continent américain en plus de ceux que Mills a déjà vendus aux quatre coins du monde. On devine déjà le pitch du prochain film avec les dinosaures qui prolifèrent dans le monde des humains.

À nouveau le film se veut ultra spectaculaire, on retrouve les poncifs des films d’action américains avec des héros qui survivent à des trucs improbables. Le milliardaire cupide avec Mills. Le gars qui se prend pour Dieu avec Lockwood. À nouveau ce trop-plein de spectacles nous amène à l’usage de beaucoup de CGI pas toujours du meilleur effet. On a aussi à nouveau le coup du super dino, avec l’Indoraptor conçu par Mills et ses complices.

Jurassic World: Dominion

« Quatre ans après l’éruption volcanique cataclysmique sur Isla Nublar et l’incident du manoir Lockwood, les dinosaures parcourent librement la terre. Claire Dearing, ancienne responsable des opérations de Jurassic World, travaille toujours pour le Dinosaur Protection Group. Elle et Owen Grady vivent dans une cabane isolée dans les montagnes de la Sierra Nevada, s’occupant secrètement de Maisie Lockwood, la petite-fille clonée de Benjamin Lockwood. Le vélociraptor formé d’Owen, Blue, arrive de manière inattendue avec une progéniture reproduite de manière asexuée que Maisie nomme Beta. »

Avec la prolifération on peut s’attendre à un film spectaculaire, mais en fait on assiste à un naufrage. Ça ne commence pas très bien avec des plans dignes d’une pub avec des cowboys qui capturent des Parasaulophus au lasso. L’utilisation du personnage de Zia Rodriguez, qui est convoqué le temps d’une séquence avant de disparaitre gratuitement de la trilogie. En l’espace de quelques scènes, Franklin Webb passe d’activiste à agent de la CIA. Barry Sembène, le personnage d’Omar Sy, fait son retour le temps de la séquence à Malte puis disparait. La mercenaire Soyona Santos (Dichen Lachman) est clichée au possible et disparait alors qu’elle semblait être une antagoniste importante. Les grands méchants capturent le bébé de Blue et surtout la jeune Maisie. En parallèle, une mystérieuse espèce d’invincibles sauterelles préhistoriques ravage les cultures en Amérique du Nord. Le milliardaire Lewis Dodgson à la tête de BioSyn semble derrière tout ça, alors que publiquement il finance un sanctuaire dans les Dolomites pour recueillir les dinosaures. Pour mémoire, Lewis Dodgson est le gars qui, le temps d’une scène dans le premier Jurassik Park, paye Dennis Nedry pour sortir des embryons des stocks de John Hammond. Ce n’est pas le dernier personnage de la première trilogie qui est convoqué pour l’occasion puisqu’Ellie Sattler, Alan Grant et Ian Malcolm vont aussi prendre part à tout ça. On a deux intrigues en parallèle qui vont se télescoper dans le sanctuaire. D’un côté, Claire et Owen qui veulent récupérer Maisie. De l’autre, Sattler, Grant et Malcolm qui veulent prouver que ByoSin est à l’origine de la prolifération des super sauterelles. Le tout va tourner à la catastrophe et va ravager le sanctuaire, mais à l’arrivée ce sont les gentils qui gagnent.

Ce film est carrément embarrassant. Lewis Dodgson est une caricature gênante de Tim Cook (patron d’Apple). Laura Dern, Jeff Goldblum et Sam Neill ont l’air complètement paumés. Les origines de Maisie sont révélées, mais ne sont là que pour nous expliquer que tout compte fait le vieux Lockwood n’était pas l’enfoiré qu’on pensait et pour activer le mode rédemption du Dr Wu. Ce dernier est le scientifique en chef de Jurrasic Park, puis Jurassic World, le gars cupide qui se prend pour Dieu et qui soudainement se rachète une conscience.

Le trop-plein de spectacle s’accompagne à nouveau d’une utilisation massive de CGI souvent criarde. Surtout il y a des scènes d’une stupidité ahurissante, notamment durant la partie du film avec les mercenaires et trafiquants à Malte. Alors qu’Owen se bat à mains nues contre un « méchant » dans le marché noir, des dinosaures de plusieurs mètres de haut commencent à semer le chaos à seulement quelques mètres de là et personne ne remarque rien. Quelques minutes plus tard au détour d’une scène on voit des Allosaures qui ravagent une place de la ville, et là un gars passe en trottinette électrique entre les deux et se fait manger… qui passe en trottinette sur une place occupée par des Allosaures en furie ?! Bordel, j’ai failli sortir de la salle tellement cette scène était stupide et nulle. En plus, alors que les parcs sur des îles n’ont pas suffi à contenir les dinosaures, à quel moment crée-t-on un sanctuaire dans les Dolomites ? À quel moment les pouvoirs publics et les populations italiennes vont dire « OK, ça me parait safe » ?

Ainsi, la seule qualité de cette trilogie aura été de nous faire voir bien plus d’espèces différentes que la première trilogie. Pour le reste c’est un naufrage. Ce n’est pas beau. Les personnages principaux sont mal écrits et inconsistants. C’est caricatural au possible, il n’y a pas une once de subtilité dans l’écriture. Il y a des scènes d’une stupidité effarante et pire que de la série Z. La trilogie est un long crescendo d’action et de spectacle chaque fois moins crédible. Clairement le public cible n’est pas les fans de la première trilogie qui s’efforçaient d’avoir l’air crédibles. Ici on vise les gosses et la vente de popcorn et produit dérivé, via du spectacle et des rebondissements permanents sertis de punchlines qui tombent à plat.

Ainsi entre son travail sur la trilogie Jurassic World (réalisateur et coscénariste) et Star Wars IX (coscénariste), le nom de Colin Trevorrow est indubitablement associé à des films qui ont fait rentrer beaucoup d’argent. Pourtant clairement la trilogie Jurassic World est un ratage artistique et critique, chaque film étant moins bon que le précédent, permettant à la trilogie de s’achever sur un embarrassant naufrage.

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