Luminary (Tome 3) – Brunschwig & Perger

Résumé :
« C’est le choc : le président Carter est mort ! Et plus que jamais, les États-Unis sont à feu et à sang, divisés par d’irréconciliables clivages sociaux et raciaux. C’est dans ce contexte à haute tension que va s’accomplir la plus improbable des rencontres : Billy, le garçon noir qui parle aux animaux ; Darby McKinley, le jeune adolescent handicapé aux capacités luminiques extraordinaires et le professeur Henkel, vieillard humaniste dépassé par sa création. Face à eux : Mila, l’alter ego de Darby, ivre de liberté et manipulée par les militaires complotistes fascisants prêts à tout pour s’emparer du pouvoir… Ce tome marque la fin de cette fascinante série de superhéros à la française, aussi dramatique que spectaculaire. »

Fiche technique :
Scénaristes : Luc Brunschwig
Dessin et couleurs : Stéphane Perger
Éditeur : Dargaud
Pagination : 136 pages

Entre les vacances de mon libraire puis les miennes, je n’ai mis les mains sur le tome 3 de Luminary qu’il y a quelques jours.

Ce tome 3, titré « The No War Man » reprend juste après les précédents alors que Darby, Billy et Paolita sont en cavale depuis l’assassinat du président Carter par une conspiration faisant porter la culpabilité sur Darby qui serait à la solde de la Black Liberation Army de Gabriel King. La parodie de procès condamnant King à la peine capitale met le feu aux poudres et pousse la population noire américaine à la rébellion. Dans le même temps, le journal anti guerre « No War Man » et plus précisément son photographe Ramsey (demi-frère de Darby et blessé au Vietnam), s’apprête à révéler la vérité sur la mort du président.

L’évolution des personnages amorcée au tome précédent est vraiment bonne. Darby, un peu pommé, veut utiliser ses pouvoirs pour faire ce qui est juste. Billy qui s’engage dans la lutte malgré son jeune âge et qui fait preuve d’un courage incroyable. Paolita touchante et au destin tragique. Mila qui devient une « arme » servant les conspirateurs tout en ayant ses propres objectifs. Ainsi, si au premier abord Mila pour être vu comme le négatif de Darby, la fin nous révèle un personnage moins manichéen que ça, et fait le parallèle avec ce que Darby a vécu quelques chapitres plus tôt. Ainsi, Mila et Darby sont uniques en leur genre et donc seuls.

Ce tome confirme aussi l’aspect éminemment politique de la série avec une Amérique qui se retrouve avec un régime autoritaire à tendance fascisante pendant que les noires doivent se battre pour leurs droits. Ainsi, à travers cette uchronie super-héroïque, les années 60/70 se télescopent avec l’ère Trump plus récente. On retrouve les inégalités sociales et raciales, l’extrémisme politique réel ou supposé de certains qui sont propres à ces deux périodes de l’histoire.

J’ai trouvé le rythme de ce tome extrêmement intense et n’ai littéralement pas vu défiler les 136 pages qui le composent. Mon seul regret est qu’en amont du résumé, le site de l’éditeur titre « Bouquet final », indiquant donc que ce 3ème tome est le dernier. C’est bien dommage, car ce 3ème tome se termine sur un cliffhanger et il me semble qu’initialement la série était prévue en 5 tomes. De plus aucune des intrigues étant résolu, il y avait clairement la place pour 2 tomes de plus.

Visuellement, j’avais déjà encensé Stéphane Perger pour son travail sur les deux premiers tomes et pourtant je trouve ce tome 3 encore un cran au-dessus. La couverture est splendide, lumineuse, elle irradie presque. De nombreuses pages sont du même acabit, dégagent une lumière et une chaleur assez dingue. En opposition complète sur le plan visuel, mais avec le même niveau de réussite se trouvent les scènes en noir et blanc nous présentant des éléments de flashback. Mention particulière à l’intro présentant l’engagement de Ramsey au Vietnam. Un tel travail en couleur direct est franchement impressionnant et pas si fréquent en BD. D’ailleurs, en fin d’ouvrage, on retrouve un croquis de ce qui aurait pu être une illustration pleine page ou une couverture de chapitre mettant en avant Mila et dont on regrettera qu’elle n’ait pas été complétée tant elle avait du potentiel.

Si je ne suis toujours pas branché super héros, je dois bien dire que ce tome est une énorme réussite et se place un cran au-dessus des précédents. C’est d’une intensité visuelle et scénaristique assez dingue, c’est visuellement superbe. On regrettera juste que la série se termine si vite et sans que l’intrigue soit pleinement résolue. Toutefois, cette fin ouverte, plutôt qu’une fin bâclée, nous laisse espérer une conclusion un jour.

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