Delta Green : Denied to the Enemy – Dennis Detwiller (VO)

Résumé :
« Thulé, l’Atlantide nazie, foyer légendaire de superbes Aryens qui ont régné sur la préhistoire. Thulé devait être un mythe nazi, mais lorsqu’un transfuge de la division SS des sciences occultes, la Karotechia, apporte la preuve de la réalité de Thulé, la ligne de conduite de Delta Green est claire : la cité extraterrestre et ses secrets technologiques et occultes doivent à tout prix être refusés à l’ennemi. Mais les véritables maîtres de Thulé mènent leur propre guerre. Un traître venu du passé met en péril leur plan millénaire visant à façonner l’avenir. La survie de l’humanité dépend du sort de Thulé. Mais détruire Thulé ou la sauver ? Quel choix permettra de sauver l’humanité ? »

Fiche technique :
Auteur : Dennis Detwiller
Éditeur : Armitage House puis Arc Dream Publishing
Pagination : 259 pages

Il y a un an ou deux, je m’étais lancé dans les lovecrafteries modernes et notamment l’univers du JDR Delta Green qui a engendré de nombreux textes. Ainsi, après m’être lancé dans « Alien Inteligence » et « A Wisp of Smoke, Rising », j’avais attaqué « Denied to the Enemy » avant de l’abandonner en cours de route pour y revenir récemment. En effet, en plus de mon habitude de lire plusieurs choses en même temps, il s’avère que j’ai écorché de « Denied to the Enemy » durant le deuxième tiers du livre.

« Denied to the Enemy » se déroule durant la guerre froide et nous raconte le combat de la section DELTA GREEN de l’OSS et du PISCES, son équivalent britannique, contre leurs rivaux de la Karotechia, une agence nazie cherchant les secrets des grands anciens pour dominer le monde. En gros, ce roman nous raconte les fondements de l’univers Delta Green.

Il y a de nombreux points de vue sur la période 1942-1943 ainsi que quelques flashforwards en 1961 du point de vue du personnage se souvenant des évènements de 1942-1943. Le début du livre nous montre notamment le point de vue des nazis tentant de s’allier au « Profond » jusqu’à ce qu’un raid de l’OSS vienne tout foutre en l’air. Dans les semaines et mois qui suivent, l’OSS et le PISCES comprennent alors qu’une menace pèse sur l’humanité et tentent de percer le mystère, de s’approprier des savoirs interdits. En effet, ils ont découvert l’existence d’une « librairie » permettant de connaitre l’avenir et aussi l’existence de la cité de Thulé au Congo dans laquelle les nazis voudraient s’approprier une « arme secrète ». Les intrigues se multiplient alors avec une mission vers le Congo pour trouver Thulé et une autre vers le bush australien pour localiser la « librairie ».

L’un des agents envoyés au Congo est contacté par un agent extérieur, issue de la Grande Race de Yith (faisant directement le lien avec « Dans l’abîme du temps » de Lovecraft ») lui expliquant que l’accès à la cité de Thulé doit être scellé plutôt que l’inverse. On découvre alors que certains membres de la Grande Race de Yith ont quant à eux décidé de trahir leur peuple et de libérer le mal caché au fond de la jungle congolaise.

Ce qui nous amène à ce qui m’a fait lâcher ce livre pendant un temps : la longue mise en place et la multiplication des points de vue qui nous amène à multiplier les chapitres sans que ceux-ci soient toujours intéressants. Les chapitres du point de vue du traître Yith n’apportent pas grand-chose à l’histoire. Certains chapitres, montrant les points de vue des deux missions, notamment leurs voyages, auraient pu être résumés en deux trois paragraphes dans des chapitres plus importants et intéressants. Et d’après ce que dit l’auteur en fin d’ouvrage, cela aurait pu être pire, car son éditeur lui a pourtant fait faire des coupes. Ainsi, j’ai fini par décrocher durant le deuxième tiers du livre avant d’y revenir cet été. C’est d’autant plus dommage, car Dennis Detwiller a fait un énorme travail de recherche sur les lieux et les équipements et parvient à insérer son récit sous forme d’une histoire secrète dans la Seconde Guerre mondiale tout en utilisant très bien le lore lovecraftien (principalement Dans l’abîme du temps, mais aussi Dagon et Le Cauchemar d’Innsmouth).

Par ces liens forts avec les textes de Lovecraft, « Denied to the Enemy » n’est clairement pas la meilleure porte d’entrée vers l’univers de Maître de Providence ou vers les textes Delta Green.

J’ai aussi eu énormément de mal à m’attacher aux personnages, notamment les deux personnages principaux. Certains personnages secondaires à fort potentiel sont aussi vite introduits que laisser sur le côté où sont sous-utilisés. C’est dommage.

L’un des chapitres qui m’a le plus scotché est celui qui n’a pourtant pas grand-chose à voir avec l’intrigue principale. Il s’agit de « CHAPTER 13: The play becomes clear when all the actors are dead » qui se déroule dans la jungle birmane.

 « Denied to the Enemy » s’insère parfaitement comme histoire secrète de la Seconde Guerre mondiale et comme « origin story » de Delta Green. Toutefois, la multiplication des points de vue et chapitres amène à des longueurs et une dilution de l’intrigue. L’histoire aurait pu être 30 à 50 % plus courte pour gagner en intensité sans perdre en fidélité à l’univers du JDR comme à celui du Maître de Providence. Un roman sympathique, mais avant tout à réserver aux fans les plus assidus de lovecrafteries modernes et du jeu de rôle Delta Green.

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