Opexx — Laurent Genefort

Résumé :
« Le Blend : une communauté de millions d’espèces sentientes vivant en paix dans ce qui ressemble au meilleur des mondes, un concert des nations à l’échelle galactique auquel vient de se joindre la Terre. Depuis l’arrivée de la délégation extraterrestre au siège des Nations Unies, l’humanité bénéficie de nombreux cadeaux destinés à lui faciliter la vie. Mais cela n’est pas sans contreparties. Ce qui intéresse le Blend, c’est une activité que cette société d’outre-espace patchwork ne sait plus pratiquer : la guerre. Un contrat a donc été conclu entre l’ONU et le Blend. Les premiers prêtent des soldats pour des opérations d’encadrement et de maintien de l’ordre. Les seconds se chargent d’équiper ces derniers, de les emmener sur zone puis de les rapatrier. Lui, c’est un soldat de la force Opexx. Atteint du syndrome de Restorff, un déficit empathique, son efficacité en mission s’en trouve renforcée. Une qualité qui n’exclut pas les questions au fil des déploiements sur les théâtres d’opérations extrasolaires. “Répondez à l’appel de l’ailleurs !” Tel est le slogan d’Opexx. Un ailleurs qui pourrait bien être avant tout un autrement… »

Fiche technique :
Auteur : Laurent Genefort
Éditeur : Le Bélial’
Pagination : 113 pages

C’est l’histoire d’un gars qui a précommandé un livre, puis se retrouve occupé par les lectures, l’écriture et les illustrations. Du coup, il arrive après la guerre et chronique le livre plusieurs semaines/mois après ses petits camarades. Eh oui ! Ce livre, je voulais le lire en mai 2022, juin au plus tard et finalement, je ne l’ai lu qu’en septembre !

Quoi qu’il en soit, je ne regrette pas de m’être laissé tenter. Ce livre m’intéressait pour plusieurs raisons. D’abord parce que la collection UHL du Bélial’ offre de nombreux très bons textes, voire des pépites (je pense par exemple à « L’Homme qui mit fin à l’histoire » de Ken Liu), pour un prix très abordable. Ensuite parce que le grand amateur de SF que je suis ne s’est jamais frotté à la SF militaire alors que j’aime beaucoup les fictions militaires (quand elles sont bonnes). Enfin, parce que je n’avais jamais lu de livre de Laurent Genefort.

Le récit nous fait donc suivre un humain participant aux Opexx. Cet humain a la particularité d’être atteint du syndrome de Restorff, un déficit empathique qui fait qu’il est relativement détaché de tout. Je dis bien relativement, car il a une famille. Ce syndrome, s’il est handicapant, à un avantage dans le cadre des Opexx pour le Blend, il réduit massivement les risques de stress post-traumatique. Donc, le Blend équipe ces troupes, leur implante dans la tête les connaissances nécessaires à leur mission et les téléporte sur place. Une fois la mission terminée, les soldats sont téléportés sur terre, les souvenirs de la mission et les connaissances implantées leur sont retirés. Cela permet notamment d’éviter un choc de réacclimatation à la vie terrestre. Mais, par effet de bord du syndrome de Restorff, notre narrateur anonyme va commencer à conserver des bribes de souvenir, puisque ses facultés mémorielles ne reposent pas sur l’émotion, ce qui m’a fait penser au personnage de Siri Keeton dans Vision aveugle de Peter Watts.

Du coup, Opexx n’est pas juste un récit de SF militaire, car si les combats sont décrits de manière intéressante, ils ne sont pas le cœur du récit. De plus, à travers les questions que se pose le protagoniste sur les motivations du Blend, Laurent Genefort désamorce la question de la cohérence desdites motivations apparemment bienveillantes en mettant en avant les contradictions de la situation (on ne sait pas faire la guerre, mais en fait, il y en a quand même) et cette lubie de la « Guerre propre » (ne laissez aucun déchet derrière vous après avoir tué ce qu’on vous a demandé de tuer) qui rappellera les récentes opérations militaires américaines en Afghanistan et en Irak.

Opexx nous livre une histoire courte, et très plaisante à lire. C’est narré à la première personne (narrateur autodiégétique) et donc très immersif. Si Laurent Genefort ne s’étale pas tant que ça sur le worldbuilding, il nous dépeint un univers cohérent et plausible avec une redoutable efficacité. J’ai beaucoup aimé comment l’auteur nous amène habillement vers sa fin à chute. Surtout, je me suis en quelque sorte retrouvé dans cette quête de l’altérité et, en quelque sorte, du Sens of Wonder, qui affecte le héros comme une espèce de nostalgie. Un peu comme un blogueur passionné de SF qui, une fois qu’il a gouté au Sens of Wonder, le guette avec impatience et y repense avec nostalgie.

En conclusion, Laurent Genefort nous livre une œuvre totalement maitrisée sur les plans de narration, du worldbuilding, de son personnage principal et de son écriture. Opexx est une très accessible porte d’entrée en SF militaire et prouve que, comme la fiction militaire en général, ce genre peut être un vrai vecteur d’émotion et de questionnement en plus des moments parfois intenses et épiques inhérents aux genres. Ce roman court est très immersif et très prenant et on ne voit pas défiler ses 113 pages qui défilent en quelques dizaines de minutes.

Pour lire les avis de ceux qui n’ont pas trainé pour lire et chroniquer ce livre c’est par ici : Le Culte d’Apophis, L’Épaule d’Orion, Au Pays des Cave Trolls, Ombre Bones.

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5 commentaires sur “Opexx — Laurent Genefort

  1. Merci pour le lien 🙂 Je garde un très très (très) bon souvenir de cette lecture moi aussi, ça m’a un peu réconcilié avec l’auteur après les Temps Ultramodernes… J’ai trouvé la novella très riche et bien fichue, j’en voulais encore.

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      1. Pour moi ça a fait un flop mais beaucoup de blogueurs ont adoré donc…
        Oui la chute était vraiment bonne, c’était osé 😀 Ça m’a plu, typiquement le genre de texte que je pourrais relire.

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