Cyberpunk Edgerunners – Netflix & Studio Trigger

Résumé :
« David Martinez vit avec sa mère dans un appartement d’un mégabuilding de Night City. David se retrouve au milieu de fils de corpo lorsqu’il étudie à l’académie d’Arasaka. Les finances modestes de sa mère ne lui permettent pas de s’offrir les mises à jour logicielles imposées par l’académie Arasaka, ce qui le conduit à choisir des moyens détournés pour réussir à suivre ses cours. À la suite d’un accident de voiture, sa mère se retrouve à l’hôpital. Après le décès de celle-ci, ne se sentant pas à sa place au sein de l’académie, David finit par prendre une suite de décisions qui lui permettent de survivre au sein de Night City »

Fiche technique :
Créateur : Rafał Jaki
Réalisateur : Hiroyuki Imaishi
Scénaristes : Bartosz Sztybor, Jan Bartkowicz, Łukasz Ludkowski
Doubleurs principaux : Kenn, Aoi Yūki, Hiroki Tōchi, Michiko Kaiden, Takako Honda, Wataru Takagi, Tomoyo Kurosawa

Cyberpunk Edgerunners est une minisérie d’une saison de 10 épisodes issue de la coopération de CD Projekt Red et Studio Trigger, respectivement les créateurs du jeu Cyberpunk 2077 et créateur de l’animé Kill la Kill. Je dois bien avouer qu’à l’annonce de cette coopération j’étais intrigué, mais suite au premier teaser et trailer, j’étais assez refroidi par le style graphique. Cela ne m’a pas empêché de tenter l’aventure, car j’avais vraiment aimé ma précédente virée dans les rues de Night City.

Je vais commencer par l’aspect graphique parce que c’est ce qui m’avait gêné dans le trailer. Ce n’est pas moche, c’est juste un choix artistique qui ne me parle pas. L’aspect visuel en arrondit, parfois « mignon », l’utilisation du SD (Super Deformed) ne me parait pas adaptée à l’univers qui se veut froid, sombre et réaliste. Si déjà dans le jeu, on croise des personnages qui, par leurs modifications cybernétiques, ont une carrure imposante, j’ai l’impression ici que c’est disproportionné. J’ai aussi été gêné par le changement de niveau de détail selon les plans, notamment des personnages en second plan semblant bâclés dans certaines scènes. Au niveau du character design, c’est vraiment pas mal. Avec de designs parfois très poussés, d’autres malaisants. Les designs de Lucy et Rebecca sont les plus stylés.

Pour ce qui est du scénario, cela m’a beaucoup plus parlé. On est dans une histoire qui, si elle n’a rien de révolutionnaire, est à la fois efficace et tout à fait cyberpunk. David mettant un pied dans le monde des « runners » avant de se faire un nom et de mal finir. Car oui, les bonnes histoires cyberpunks finissent rarement bien. On a droit aux conspirations et trahisons, les affrontements entre mégacorporation, la violence induite par un monde totalement injuste… Mais il y a aussi des points noirs plus ou moins importants. D’abord, l’ellipse entre les épisodes 6 et 7 reste tout de même un peu abrupte. Soudain, David est entièrement « chromé » (cybernétisé), Lucy a arrêté de fumer, mais on ne nous indique pas combien de temps a passé. Surtout, on a le droit à des scènes de course-poursuite qui défient toute logique, non seulement au sein de l’univers Cyberpunk 2077, mais au sein de n’importe quel univers se déroulant sur terre. Dès la première scène de poursuite, alors que David conduit pour la première fois, on voit la voiture bondir en tous sens, presque rouler sur les portières, le tout justifié par l’usage d’un Sandevistan par David. Le Sandevistan est un implant cybernétique, qui donne des réflexes surhumains à son porteur, comme si le reste du monde était au ralenti autour de lui. Enfin, dans les derniers épisodes, David et sa bande sont aux prises avec les troupes de Militech et Arasaka… et là, les voitures valdinguent comme des jouets au moindre impact et explosent toutes seules ou au moindre coup de fusil à pompe, alors même qu’on parle de véhicules lourds et blindés utilisés par les forces de sécurité des mégacorporations. Si le but était de faire le spectacle, certains trouvons peut-être cela réussie, mais moi ce genre de truc me sort complètement de la scène que je regarde et me fais lever les yeux au ciel.

Venons-en maintenant à l’exploitation du lore. La série exploite la Night City de 2077 créée pour le jeu de CD Projekt Red. On retrouve des nombreuses armes, véhicules et lieux du jeu ainsi que certains personnages. On a droit à des caméos de Claire Russell, Emmerick Bronson et Rogue Amendiares. Surtout, le « boss de fin » n’est autre qu’Adam Smasher. Cela situe donc les évènements de la série légèrement avant ceux du jeu (probablement en 2076) puisque dans le jeu Smasher se fait tuer par V (le joueur). Toutefois, l’utilisation d’Adam Smasher est assez étrange. Dans le lore du jeu de rôle de Mike Pondsmith, Smasher est un « solo » (mercenaire) légendaire qui n’a presque plus rien d’humain. Pourtant, lorsqu’on a enfin l’occasion de l’affronter dans le jeu, il est relativement facile à vaincre, mais là, dans la série, le gars est une machine à tuer invincible et surpuissante, un Armageddon cybernétique. C’est vraiment très étrange. Dernier point, si le jeu n’était déjà pas fait pour les enfants à cause de sa violence, la série est extrêmement gore et parfois de manière clairement abusive.

Au final, si j’ai globalement passé un bon moment devant cette série, retrouvant avec plaisir l’univers de Cyberpunk 2077, j’ai tout de même du mal avec certains éléments. La direction graphique n’est clairement pas dans mes goûts. Les lois de la physique sont inutilement sacrifiées sur l’autel du spectacle. Le « god mode » d’Adam Smacher par rapport à ce qu’on voit dans le jeu est plus qu’étrange. Malgré cela, le lore et l’univers sont globalement bien exploités, et l’histoire qui nous est racontée correspond aux attentes du genre.

4 commentaires sur “Cyberpunk Edgerunners – Netflix & Studio Trigger

      1. Oui. Mais les six épisodes indépendants permettent d’avoir des histoires diversifiés et d’approfondir le personnage. Vu la fin du 6e, une suite est prévu. Bonnes scènes de combats, les quelques rares antagonistes qui ne sont pas des cinglés mégalomanes sont intéressants. Il évidemment de l’animation 3D qui fait tiqué mais en règle générale, je l’ai trouvé correcte.

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