Ymir — Rich Larson

Résumé :
« Ymir est un monde de glace. De violence et de douleur. Un monde que Yorick connaît par cœur puisque c’est le sien. Un monde qu’il déteste. Et pourtant il lui faut y retourner pour y chasser un monstre. Un grendel. Une créature des Anciens… Mais il sait que sur Ymir il y a bien pire que le grendel. Il y a celui qui lui a arraché la mâchoire vingt ans plus tôt — son frère. Et sous les glaces d’Ymir, sous la rancœur et la haine, la révolution couve… »

Fiche technique :
Illustrateur : Rich Larson
Éditeur : Le Bélial’
Pagination : 384 pages

Occupé par un trop grand nombre de trucs, dont des livres, je n’ai fini de lire Ymir que ce week-end. Moi et mon habitude de lire au moins deux livres en même temps. Du coup, je ne lisais Ymir que durant mes pauses repas, quand j’en avais le temps. J’ai décidé de lui consacrer un plus de temps le week-end dernier et ainsi terminer ma lecture.

Après avoir découvert Rich Larson via certaines de ses nouvelles en VO, je pus découvrir sa prose en français avec le recueil « La fabrique des lendemains ». Autant dire que j’attendais ce premier roman avec impatience. Techniquement, ce n’est pas son premier roman puisqu’il a écrit un roman orienté jeunesse qui n’a pas été traduit.

Le livre démarre sèchement avec Yorick qui sort de stase à son arrivée sur Ymir. Sur son trajet jusqu’à son hôtel, en vue de sa future mission, on découvre qu’il ne voulait surtout pas venir sur ce monde glacé. Ou plutôt, il ne voulait pas y revenir. La Compagnie l’a ramené ici pour chasser un grendel, mais notre chasseur à un passif avec cette planète désolée et à l’histoire chargée. C’est pour ça que Yorick « le traitre » circule sous une fausse identité. Alors que son passé douloureux se rappelle à lui, la traque au grendel va s’avérer n’être que le début. La révolution couve sur Ymir et le passé de Yorick va lui revenir en pleine face.

Beaucoup de qualité pour ce livre, que j’ai beaucoup aimé. Le worldbuilding intéressant dépeint par petite touche est très cohérent. J’ai retrouvé tout le sel cyberpunk et biopunk qui me plait tant dans les œuvres de Rich Larson et qui se mélange parfaitement sur le monde désespéré d’Ymir. Mais en plus des implants cyber, des modifications génétiques et des drogues, il y a aussi des éléments plus classiques de la SF. Ainsi, sur Ymir comme sur d’autres planètes, l’Ansible et le grendel sont des vestiges d’une ancienne et mystérieuse race extraterrestre dont on ne sait pas grand-chose. Le passé de Yorick, ses souffrances, comment s’est-il bâti ainsi que ses traumas sont des éléments très intéressants, qu’on découvre notamment via des flashbacks. D’ailleurs dans les premiers chapitres, Larson réussit le petit exploit de ne pas faire prononcer un mot à son protagoniste. En effet, Yorick n’a plus de mâchoire inférieure, et il préfère attendre le calme et la propreté de l’hôtel pour enfiler sa prothèse fraichement « imprimée ». Comment a-t-il perdu sa mâchoire ? Je veux dire comment l’a-t-il vraiment perdu ? C’est un sacré point de l’intrigue et la révélation a réussi à me surprendre. Larson réussit d’ailleurs encore une fois à me marquer en quelques lignes, notamment avec la scène du « berceau de Laska », une mission de jeunesse qui a valu à Yorick son titre de traitre. Enfin, il y a le rythme et le découpage qui donnent des chapitres très courts, parfois moins d’une page, qui permettent d’enchainer la lecture par petit « shot » ou d’enchainer les chapitres en « rafale ». Enfin je ne serais étonné de voir d’autres romans et nouvelles de l’auteur se dérouler dans le même univers pour nous en apprendre plus sur la race extraterrestre ayant battit l’Ansible et donné vu aux grendels.

Pour ce qui est des défauts, car il y en a, il faut noter la construction un peu étrange de l’intrigue. Cette dernière semble presque résolue arrivé aux alentours des 280 pages, mais cela ferais une fin quelque peu décevante. Et là, un rebondissement qui nous lance sur les 90 dernières pages. Ces dernières résolvent certes l’intrigue, mais pas forcément de la manière attendue et pas avec toutes les réponses qu’espérées. Un peu frustrant.

Il faut aussi saluer la traduction et l’édition. On le sent à la lecture, la traduction de Pierre-Paul Durastanti n’a pas dû être une sinécure. Beaucoup de néologisme et éléments propres à cet univers ne paraissent pas des plus faciles à traduire. Le tout sans dénaturer ce qui fait le charme de la plume de Larson. Niveau édition, il faut saluer la splendide illustration de couverture de Pascal Blanché. Si son travail ne fait pas toujours mouche avec moi, la composition et les teintes de cette couverture sont une vraie réussite. Et comme d’habitude avec Le Bélial’, on retrouve la même illustration sous forme de marque-page offert avec le livre. Déjà très pratique en temps normal, quand c’est une belle illustration ça fait forcément plaisir.

Si Ymir, est une planète froide et hostile, j’ai tout de même passé un très bon moment. La plume de Rich Larson est toujours aussi agréable. Le livre est rythmé et très fluide à lire. On retrouve un monde sombre et désespéré, avec des éléments de cyberpunk et de biopunk qui me font adorer le travail de Larson. Bref, une lecture plus que recommandable tant pour les amateurs de SF que pour ceux qui aiment le travail de l’auteur.

Vous pouvez en télécharger un extrait ici.

Si vous voulez lire un autre avis, voici le celui de L’Épaule d’Orion.

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