Alien, le retour de la résurrection du huitième passager 3

Derrière ce titre bien merdique, sa cache un Constellation Express consacré aux quatre premiers films. En effet, avant de lire le livre Alien 3 de Pat Cadigan basé sur le scénario de William Gibson, je me suis dit qu’il faudrait que je revoie les films que je n’avais pas vus depuis au moins une vingtaine d’années. Cet article se base sur les versions director’s cut, ou special cut et autre.

Alien, le huitième passager — Ridley Scott — Version director’s cut

« Durant le voyage-retour du cargo spatial Nostromo après une mission commerciale de routine, l’équipage, cinq hommes et deux femmes plongés en hibernation2 depuis dix mois sont tirés de leur léthargie plus tôt que prévu par l’ordinateur de bord du vaisseau2. Ce dernier a en effet capté des signaux radio inconnus dans l’espace2 et, du fait d’une clause attenante à leur contrat de navigation, l’équipage du vaisseau est tenu de vérifier tout indice de vie extraterrestre. Mais, au cours de cette vérification sur une planète désertique, l’officier Kane est attaqué par une forme de vie inconnue. »

Le slasher science-fictifs originel. Je pense qu’à l’époque c’était le premier film que je voyais, ou le personnage principal est une femme sans qu’il y ait de sexualisation. Le film est tout en tension, impitoyable et franchement efficace. Il a malgré tout pris un petit coup de vieux. Certains dialogues et les scènes où tout le monde à la clope au bec détonne un peu en 2022. Aussi, l’incrustation des maquettes pour les scènes spatiales faite un peu ship, mais à l’époque c’était vraiment pas mal. J’avais aussi oublié qu’on voyait si peu le xénomorphe à l’écran. Là aussi, le costume et les prothèses donnent un côté vieillot, on se rend compte notamment que le costume devait être aussi peu confortable que mobile. Toutefois, replacé dans le contexte, ce film était vraiment génial à l’époque et reste sacrément efficace. Et puis, c’est par là que tout a commencé.

La version director’s cut ne présente que de légères différences avec l’œuvre originelle. Certains plans ont été élagués afin d’améliorer le rythme et deux scènes ont été ajoutées : une dispute entre Lambert et Ripley, et la découverte par Ripley du capitaine Dallas enfermé dans un cocon.

Aliens, le retour — James Cameron — Édition spéciale

« Après 57 ans de dérive dans l’espace, Ellen Ripley est secourue par la corporation Weyland-Yutani. Malgré son rapport concernant l’incident survenu sur le Nostromo, elle n’est pas prise au sérieux par les militaires quant à la présence de xénomorphes sur la planète LV-426 où se posa son équipage… planète où plusieurs familles de colons ont été envoyées en mission de “terraformation”. Après la disparition de ces derniers, Ripley décide d’accompagner une escouade de marines dans leur mission de sauvetage… et d’affronter à nouveau la Bête. »

On va commencer par faire simple, cette suite de James Cameron est à la franchise Alien, que son Terminator 2 est à la franchise Terminator : un putain de chef-d’œuvre du genre. Si au début du film, les dialogues des Marines ont un côté un peu lourdaud et roulement de mécanique, très vite l’action et l’horreur les humanisent. Si le premier film via la « Compagnie » (Weyland-Yutani) glissait déjà un petit tacle au capitalisme, là on ne fait même plus semblant. L’intrigue est très intense et bien ficelée, les personnages sont tous intéressants, même les pires salops. Le développement du personnage de Ripley est incroyable, surtout via la relation qu’elle tisse avec Newt. Mais l’édition spéciale développe aussi la relation Ripley-Hicks. Le personnage de Bishop, un synthétique (un robot), est vraiment chouette et bien joué. Les effets spéciaux sont très bons et les xénomorphes sont beaucoup plus présents à l’écran. Bref ce film est super de bout en bout et est le meilleur de la saga.

Cette édition spéciale rajoute 17 minutes supplémentaires, portant le film à 154 minutes. La liste de petites scènes ajoutées est trop longue pour être listé, mais qui sont toutes pertinentes et renforce les qualités du film.

Alien 3 – David Fincher – Special Assemply

« Seule survivante d’un carnage sur une planète lointaine, Ripley s’échoue sur Fiorina 161, planète oubliée de l’univers, balayée par des vents puissants. Une communauté d’une vingtaine d’hommes y vit. Violeurs, assassins, infanticides, ce sont les plus dangereux détenus de droits communs de l’univers. L’arrivée de Ripley va les confronter à un danger qui sera plus fort qu’eux. »

La Special Assemply rajoute une trentaine de minutes au film de Fincher, qui avait été méchamment sabré par 20 th Century Fox. Fincher avait quitté le projet avant le montage. Cette version diffère sur de nombreux points par rapport à la version sortie en 1992. Dans cette dernière, le xénomorphe sort d’un chien alors que dans la Special Assemply, il sort d’une vache déjà morte. On découvre que Ripley est retrouvée par Clemens au bord de la rive et non à bord de l’EEV comme le suggérait vraisemblablement la version cinéma. On voit brièvement le Superfacehugger, une version évoluée de la créature qui pond des œufs dans ses victimes (ici une vache). On y apprend aussi de façon plus complète l’histoire des prisonniers, avec l’explication des fameux chromosomes « double Y ». Cette version donne aussi beaucoup plus de détails sur la biographie de Clemens. La fin, elle aussi, est différente : si dans l’édition de 1992, la Reine alien sort du corps de Ripley quand celle-ci se suicide, ce n’est pas le cas dans la Special Assemply.

Malgré tous ces ajouts, j’ai eu du mal à aller au bout du film. Il n’a pas plus de sens, autant d’incohérence. Enfin ça ne corrige pas le principal problème : l’évacuation, dès l’intro, des personnages de Newt, Hicks et Bishop. Le chouette quatuor formé par Ripley, Newt, Hicks et Bishop dans le film précédent, renforcé dans l’édition spéciale, n’est donc pas exploité. C’est un énorme gâchis. Aussi le personnage de Ripley évolue de manière assez étrange. Les fameux chromosomes « double Y » n’ajoute rien d’utile à l’intrigue. Le secret du personnage de Clemens et la menace que fait peser sur lui le Superintendant Andrews tombent complètement à plat. D’autant que le personnage meurt juste après avoir révélé son secret à Ripley. Secret dont on ne saura pas si la version de Clemens est la vrai, ou si Andrews connaît une version bien plus terrible. Dans cette version, le xénomorphe est donc introduit lorsque deux prisonniers ramènent la carcasse d’une vache retrouvée morte. Lorsque le carnage commence, personne ne s’est rendu compte que la vache a « explosé ». Pourtant, la viande morte, il faut la travailler tout de suite, sinon elle pourrit. À aucun moment, les personnages ne vont revenir vers cette vache et se rendre compte que le problème est venu de là. Aussi, lorsque Ripley, se sentant mal, se fait une échographie, elle constate qu’elle porte en elle un chestbuster, et décrète que c’est une Reine. Comment ? Pourquoi ? Enfin le xénomorphe, en image de synthèse, a très mal vieilli. Surtout au niveau de l’incrustation dans les prises de vue.

Bref, cette version du film n’est pas meilleure que la version de 1992 et fait très pâle figure face au film précédent réalisé par James Cameron. Il faut noter que la Special Assemply n’est toujours pas du fait de David Fincher. Ce n’est pas un director’s cut. David Fincher, brouillé avec les producteurs qui ont monté (de 1992) puis remonté (Special Assemply) son film sans son accord, n’a pas voulu y retoucher. Le réalisateur a grosso modo renié ce film, qui était pourtant son premier long métrage. Heureusement, cela ne l’a pas empêché d’avoir la carrière qu’on lui connaît.

Alien, la résurrection — Jean-Pierre Jeunet — Édition spéciale

« Deux cents ans après la mort de l’officier Ripley, une équipe de généticiens ressuscite la jeune femme en croisant son ADN avec celui d’un Alien. Le cauchemar reprend. À bord de la station Auriga, Ripley donne naissance à un fils qui lui est aussitôt enlevé. Prisonnière, elle s’efforce de renouer avec son lointain passé humain. Bientôt un autre vaisseau rejoint l’Auriga. Parmi l’équipage composé de brutes et de mercenaires, Ripley découvre une belle jeune femme, Call, avec laquelle elle ne tarde pas à se lier d’amitié. »

Un film que j’ai trouvé presque plaisant à regarder. Dans le sens où c’est plus divertissant et intense qu’Alien3. J’avais presque tout oublié de ce film et la redécouverte n’est pas totalement désagréable. Par contre, c’est franchement écrit avec le cul. Attention spoiler, en termes de SF on est sur du c’est magique et tait toi. C’est bourré de scène franchement débile et de personnage inutile ou pas du tout développé. Donc, 200 ans après Alien3, Ripley est cloné. Pourquoi pas, mais magie du clonage magique, la Reine xénomorphe qu’elle portait en elle au moment de sa mort est clonée avec elle. Le clone est donc porteur d’un chestbuster qui lui est retiré. Toujours par le truchement du clonage magique, cette nouvelle Ripley à des souvenirs et est porteuse de caractéristiques des xénomorphes : plus forte, plus rapide, comportement de prédateur, sans acide… on ne vous dira jamais pourquoi. Aussi, les scientifiques qui se servent de la nouvelle Reine pour produire et étudier des xénomorphes, sont suffisamment cons pour en parquer plusieurs par cellule… Aussi alors que les xénomorphes sont l’arme biologique ultime, le clonage va avoir pour effet de faire évoluer la Reine de manière complètement pas optimisée, ni vraiment logique. Si au début la Reine pond des œufs qui engendrent des facehugger engendrant eux même des chestbuster, soudainement, à la fin du film la Reine ne pond plus. Elle développe un « ventre » et accouche, perdant l’un des facteurs clés de la prolifération accélérée de cette espèce « invasive ». L’accouchement donnant une nouvelle espèce d’hybride humain/alien, qui si elle est hideuse à souhait, est une régression évolutive de l’espèce. Passons aux personnages avec la bande de pirates qui ramène les spécimens humains utilisés pour les expériences à bord de l’Auriga. Le personnage d’Elgyn (le chef des pirates) est caricatural au possible. Hillard, sa compagne, sert à faire jolie et à droit à une bonne dose de sexualisation gratuite. Au final, elle doit avoir 5 lignes de dialogue avant de mourir. Le soldat DiStephano qui rejoint la bande de survivants ne sert quasiment à rien pendant la moitié de son association avec les pirates avant de soudainement avoir plein de dialogues et de présence à l’écran. Pour ce qui est des scènes inutiles ou stupides, je vais commencer par le personnage d’Hillard, qui dès le départ a le droit à une scène de femme-objet lorsqu’Elgyn glisse sa main entre ses seins. Plus loin, avant que tout commence à partir en sucette, on a une succession de scénettes qui sert à nous expliquer que les différents groupes/personnages se détendent. Comment nous montre-t-on qu’Hillard se détend ? En nous la faisant gémir « comme une cochonne » alors qu’en fait elle se fait juste masser les pieds. Par contre, il fallait à tout prix nous la montrer en string. Ça ne sert à rien ! Encore une, avec le général Perez, commandant de l’Auriga. Alors que les xénomorphes ont rompu leur confinement, l’évacuation est lancée. Lorsque l’une des capsules est attaquée par l’un des monstres, le général balance une grenade dedans, puis prend le temps de faire un salut militaire… en pleine évacuation face à la plus terrible menace possible… c’est débile. Mais même en temps, c’est écrit pas Josh Wedon, qui déjà à l’époque commença aussi à nous régaler avec des scènes et dialogues débiles, ainsi que des personnages masculins toxiques dans Buffy.

Bref, si le film est plus regardable et prenant que le précédent ne vous attardez pas sur l’écriture, sinon vous allez faire un malaise. Il est aussi à noter que la VF comporte des traductions étranges dans le doublage. Ainsi, à au moins deux reprises, des personnages se tutoient puis vouvoient dans la même conversation. Enfin, l’édition spéciale n’ajoute que 7 minutes avec des éléments qui n’apportent quasiment rien de plus à l’histoire.

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