« Backrooms » est une vraie réussite. Il montre que, malgré son jeune âge, Kane Parsons est capable de faire autre chose qu’une websérie. Qu’il est capable de réutiliser sa version du lore pour la pousser dans une autre direction. Des risques sont pris, tant sur la nature réelle des personnages que sur leurs destins respectifs. L’horreur liminale est bien là, absurde et efficace, grâce à un décor superbement recréé. Les « monstres » sont eux-mêmes un risque et ils amènent une dose de « weird », de « vallée de l’étrange ». Bref, j’ai passé un très bon moment face à un film d’horreur vraiment efficace et qui sorte des sentiers battus.
Constellation Express #21 : Regarderies en Vrac 2026 (1er semestre)
Comme toujours, il y a plein de films ou séries que j’ai envie de voir ou qu’on m’invite à découvrir. Sauf qu’il n’y a pas toujours matière à en dire grand-chose. En tout cas pas assez pour chronique « stand alone ». Alors je fous tout à en vrac dans une Constellation Express, histoire qu’il y ait, quelque part, une trace de mon avis, même s’il ne compte pas tant que ça.
Trames — Iain M. Banks
Sursamen : un monde gigantesque, creux, composé de coques concentriques, construit pour une raison inconnue par une civilisation disparue depuis des milliards d’années. Colonisé par des dizaines d’espèces. Des rats dans une épave. Les niveaux 8 et 9 sont occupés par deux peuples médiévaux en guerre perpétuelle. Le roi Hausk va triompher, mais il est assassiné par son bras droit. Ses fils connaissent des destins différents. Ferbin, témoin du crime, cherche l’aide de la Culture. Oramen, futur roi, tente d’échapper aux complots de l’assassin. Leur sœur, Anaplian, devenu agent de Circonstances Spéciales, veut venger le roi.
Cyberpunk 2077 : XOXO – Sztybor & Rebelka (VO)
Je n’avais aucune attente particulière concernant « Cyberpunk 2077 : XOXO » et le résultat est assez mitigé. L’histoire est intéressante en termes thématiques et de sujet, mais la lecture en VO est gâchée par un langage « street » et indigeste au possible. Côté visuel, on est sur un travail hyperstylisé qui ne m’a pas trop plu, mais qui permet de rendre la violence et le gore plus supportables. Bref, une approche en termes d’écriture et d’illustration aurait pu faire de XOXO une bonne surprise.
Quand les ténèbres viendront (nouvelle) — Isaac Asimov
Dans « Quand les ténèbres viendront », Isaac Asimov pose en quelques poignées de page un univers plausible au service d’un concept aussi fascinant que terrifiant. Il confronte une planète au concept jamais envisagé jusque-là de « nuit » qui semble devoir conduire à la fin du monde. D’autant plus fascinant que pour le lecteur lambda le concept opposé d’absence de nuit est tout aussi difficilement appréhendable. Réussir à traiter tout cela dans un texte qui se lit en environ une heure est une vraie réussite.
Les Trois Imposteurs — Arthur Machen
« Les Trois Imposteurs » est un livre foutrement prenant, qui n’accuse pas le poids de l’âge et est moderne sur bien des aspects. On y trouve des éléments qui peuvent faire penser à Lovecraft, mais en mieux pour ce qui est de la plume et sans les « travers puants » de l’auteur de Providence. Le livre est court, le texte fluide, la lecture facile. Plein de bonnes raisons de vous laisser tenter.
Le Sens du Vent — Iain M. Banks
Sur l’orbitale Masaq s’est réfugié Ziller, un compositeur chelgrien dont le peuple a été récemment vaincu par la Culture, cette société galactique tolérante, anarchiste, cynique et par-dessus tout hédoniste. Ziller, le plus fameux musicien de son temps, a fui les mondes chelgriens pour des raisons politiques. Il compose un opéra en souvenir d’une guerre ancienne entre la Culture et les Idirans durant laquelle ces derniers ont fait exploser des étoiles huit cents ans auparavant. L’œuvre de Ziller doit être jouée au moment précis où la lumière fulgurante de ces novae atteindra Masaq. Un émissaire Chelgrien, Quilan, est envoyé sur l’orbitale pour tenter de convaincre Ziller de revenir dans sa patrie. C’est la partie officielle de sa mission. L’autre est plus ténébreuse.
Bifrost N° 93
Après ma chronique de l’excellent « Au-delà du gouffre » de Peter Watts j’ai dressé une liste de plusieurs numéros de Bifrost qu’il faut que je lise. Bon, je serais tenté de dire qu’il faut lire tous les Bifrost, mais en aurais-je le temps ? Peu probable. Le plus drôle étant que j’ai déjà acheté plein de numéros et que je n’en ai lu qu’une poignée. Ce numéro était justement consacré à l’auteur canadien et contient une nouvelle que je voulais lire depuis longtemps : ZeroS. Ce texte se déroule dans l’univers « Firefly », c’est-à-dire dans l’univers de « Vision aveugle » et « Échopraxie ». Sur le plan des nouvelles il y a « Les Dieux Insectes » (que l’on trouve dans « Vision aveugle »), « Le Dieu de 21 secondes » (que l’on trouve dans « Échopraxie »), « Le Colonel » (que l’on trouve dans « Au-delà du gouffre »).
Dieu, vu de l’intérieur — Jean-Claude Dunyach
« Dieu mesure sept cents millions de kilomètres de long, cent quarante millions de kilomètres de large et autant d’épaisseur. Il pèse environ seize grammes. »
The Department of Truth (Tome 6) – James Tynion IV & Martin Simmonds
Alors que le tome aurait pu donner l’impression de dérouler tranquillement son intrigue, il nous offre de nouvelles révélations sur les activités passées du Département de la Vérité. Le segment principal « Dernières lueurs » s’achève sur un rebondissement saisissant quant au sujet principal de la série : la manipulation et la fabrication de la Vérité pour manipuler les masses et l’Histoire. Sur le plan visuel, Martin Simmonds, qui semble ne jamais se reposer sur ses lauriers, offre encore une claque graphique avec des planches impressionnantes. Le deuxième segment, « Déviation », s’il est moins important sur le plan scénaristique, offre une histoire intéressante et un graphisme totalement différent, mais néanmoins soigné et réussi. Comme toujours, j’attends la suite avec impatience.