Présentation :
Secret Level est une série anthologique d’animations créée par Tim Miller pour Prime Video. Elle est produite par Blur Studio et Amazon MGM Studios et se compose de quinze histoires se déroulant dans différents univers de jeux vidéo. Blur Studio étant un très bon studio d’animation et ayant pour ma part une certaine appétence pour les courts métrages et les jeux vidéo, j’attendais Secret Level de pied de ferme. Comme à mon habitude pour ce genre de série, je vais présenter et commenter chaque « épisode » avant de donner un avis global.
Fiche technique :
Production: Blur Studio et Amazon MGM Studios
Studios d’animation : Unit Image, Digic Pictures, Blur Studio, Illusorium, Platige Image, Goodbye Kansas Studios, Axis Studios
Réalisateurs : Maxime Luère, Léon Bérelle, Dominique Boidin, Rémi Kozyra, László Ruska, Franck Balson, Dave Wilson, Victor Maldonado, Alfredo Torres, Damian Nenow, Bengt-Anton Runsten, Alex Beaty, Emily Dean, Csaba Vicze
Scénaristes : K. D. Davila, Levin Menekse, Brooke Bolander, J. T. Petty, Philip Gelatt, Justin Rhodes, Russ Linton, Peter Watts, Jeff Juhasz, Tim Miller, Tamsyn Muir, Christian Taylor, Rachael K. Jones, S. L. Huang, Rich Larson
Donjons & Dragons : Le Berceau de la reine
Solon est tourmenté par une voix démoniaque et est secouru par Mora, Tally, Luzum et Ahokal. Mora l’emmène auprès du dragon Oriel, alors qu’une armée est à leurs trousses. Oriel absorbe la voix qui tourmente Solon tandis que ses compagnons affrontent l’armée ennemie. Oriel est contaminé par la voix et meurt alors que Tiamat émerge de son corps.
Visuellement très chouette. Le court métrage se termine sur un cliffhanger. Il ferait une bonne intro à une série d’animation.
Sifu : Le prix d’une vie
Un jeune homme parle à une vendeuse streetfood avant de voir entrer au Club, l’une des personnes qui ont tué son père. Le jeune homme entre dans le Club à la recherche de Sean et se fraye un chemin à travers de nombreux hommes de main. Certains d’entre eux parviennent à le tuer, mais le personnage principal a la capacité de revenir à la vie au prix de son âge.
Très belle direction artistique, assez fidèle au jeu. Les chorégraphies des combats et certains angles de caméra sont très bons.
New World: un roi en devenir
Le roi Aelstrom et son armée naviguent vers l’île d’Aeternum pour la conquérir, mais leur flotte est détruite par une tempête, ne laissant pour seul survivant qu’Aelstrom et son conseiller-manchot Scaevola. Ils se rendent compte qu’ils ne peuvent ni quitter l’île ni mourir. Aelstrom défie le souverain de l’île, Zima, à plusieurs reprises pour le trône et perd à chaque fois. Lorsque Scaevola admet qu’Aelstrom était un mauvais roi, ce dernier l’abandonne et, après avoir obtenu une armure et des armes magiques, Aelstrom défie à nouveau Zima, mais il est encore vaincu. Lassé des efforts d’Aelstrom pour le renverser, Zima lui remet simplement sa couronne. Aelstrom s’enfuit pour la porter, mais se rend compte qu’il est seul. Il demande l’aide d’un autochtone pour apprendre le métier de forgeron. Après un certain temps, Aelstrom se réconcilie avec Scaevola et lui offre une prothèse de bras fabriquée à partir de la couronne.
Il y a initialement un côté comique de répétition sympathique et le côté pathétique d’Aelstrom a une part importante dans le scénario. Toutefois, la conclusion de l’histoire à un côté un peu niait. Visuellement, c’est plutôt beau, propre, mais l’histoire racontée n’offre pas de moment « wow ». Enfin, New World étant un MMORPG des chez Amazon Studio, il y a donc un côté « autopromotion ».
Unreal Tournament : Xan
Un robot minier devient sentient et se rend compte que ses maîtres humains maltraitent les robots et les considèrent comme sacrifiables. Furieux, le robot prend le contrôle des autres robots et déclenche une révolte. Tous les robots miniers sont arrêtés et contraints de participer à des combats de gladiateurs en public afin de faire passer un message contre la rébellion.
Unreal est présent par le côté arène, et la voie qui sort des commentaires typiques du jeu (et pas franchement intéressants). En dehors ça, le marque « Unreal » n’apporte rien, ce court métrage dont l’histoire fonctionne bien sans être révolutionnaire, et le visuel sont, à nouveau, très bon.
Warhammer 40 000 : Ils ne connaîtront pas la peur
Metaurus (un space marine de l’Imperium) reçoit un briefing sur une mission de destruction d’une relique avant d’enfiler son armure, et se dit qu’il a recruté un jeune, Titus, qui ne connaissait pas la peur. Metaurus et son équipe, dont fait partie Titus, sont largués sur une planète et traînent un sarcophage de pierre. Ils affrontent des cultistes du Chaos et finissent par atteindre la relique, une statue qu’ils suivent détruire et tous ne va pas se passer comme prévu.
Visuellement, chouette. L’ambiance et l’histoire ont les bons ingrédients ce que je pourrais attendre d’une adaptation de Warhammer 40 K.
PAC-MAN: Cycle
Un humanoïde sans mémoire se réveille dans un complexe souterrain. Il est accueilli par une sphère jaune flottante, Puck, qui lui dit qu’il est l’Élu qui échappera au labyrinthe : un monde extraterrestre composé d’une flore et d’une faune dangereuse et de fantômes affamés.
Une adaptation très étonnante et originale de Pac -man avec des partis-pris scénaristiques et visuels inattendus. En revanche, on est à nouveau face à du matériel promotionnel, cette fois-ci pour présenter la nouvelle vision artistique autour de la franchise Pac -man et le jeu à venir « Shadow Labyrinth ».
Crossfire: Les Bons et les Méchants
Deux groupes de soldats s’affrontent dans une ville abandonnée. Un groupe protège un civil, menotté à une mallette, et l’autre groupe est à la recherche de la mallette.
Visuellement pas mal. L’histoire est un cliché vidéoludique avec deux équipes qui s’affrontent dans une ville déserte pour le contrôle d’un objet. Les deux équipes pensent être les « gentils de l’histoire », surement une tentative de nous dire que les choses ne sont que rarement toutes noires ou toutes blanches. Un court-métrage loin d’être inoubliable basé sur une licence que je trouve assez anecdotique.
Armored Core: l’homme et la machine
Un mercenaire pilote de mecha asocial communique avec une IA implantée dans son cerveau. Au cours d’une nouvelle mission, il affronte deux autres pilotes. L’IA lui fait remarquer la remarquable synchronisation des autres pilotes pendant qu’il les élimine et reprend sa route vers la cible. Il affronte trois autres pilotes, eux aussi incroyablement habiles, qu’il parvient à vaincre par une attaque-surprise. Le pilote atteint sa cible, mais il est surpris de trouver un laboratoire similaire à celui où il a été augmenté. L’IA se rend compte que la cible était les autres pilotes, qui sont augmentés comme lui alors que la technologie était censée avoir été perdue…
Visuellement stylé. L’histoire est sympa et nous sert un protagoniste toxique et probablement psychotique qui n’est clairement pas un héros. La mise en scène spectaculaire est assez fidèle à ce qu’on pourrait attendre d’un film ou d’une série Armored Core.
The Outer Worlds: loin des yeux, près du cœur
Amos est un orphelin qui travaille sur une planète reculée à trier les ordures. Un jour, il tombe sur un homme qui colle des affiches qui concernent un emploi de sujet d’expérimentation pour Tatti Cléo, une mégacorporation qui produit des produits pharmaceutiques. Il est impatient d’accepter le poste, car le nom du Dr Felicity Karo y figure. Felicity est une autre orpheline pour lequel Amos avait le béguin parce qu’elle prenait soin de lui et était gentille avec lui.
Visuellement pas mal, à l’exception des visages qui, surtout pour les personnages principaux, ont un côté « uncanny valley ». Un jeu que je ne connais pas du tout, du coup ni l’histoire (assez clichée) ni l’ambiance ne m’ont intéressé. Un côté satirique et critique sociétale qui rappellerait sur certains aspects la licence Fallout. À nouveau un côté « matériel promotionnel » puisqu’un « The Outer Worlds 2 » est prévu pour cette année.
Mega Man : Naissance d’un héros
À Mega City, les créations robotiques du Dr Light ont été reprogrammées par le Dr Wily, qui a envoyé les robots détruire la ville au lieu de la protéger. Rock, une création humanoïde de Light, exprime son désir d’aider à combattre la menace, mais le docteur refuse et se prépare à envoyer Bomb Man pour vaincre les autres. Alors que Bomb Man démarre, un des drones de Wily le retourne contre Light et Rock., fait preuve de courage et détermination et détruit le robot.
Ce serait l’intro parfaite d’une série d’animation pour enfants. Du coup, je ne suis pas vraiment le public, mais c’est vraiment pas mal.
Exodus: Odyssée
Nik Hanson est mécanicien sur Lidon, un monde de glace récemment colonisé. Aspirant à plus, sa fille Mari s’enfuit avec Rafael pour explorer la galaxie et rechercher des artefacts inestimables. Ayant déjà perdu sa femme, Nik suit désespérément des indices pour la retrouver et utilise des portes de distorsion qui accélèrent son vaisseau à une vitesse proche de celle de la lumière.
Plutôt pas mal tant sur le plan visuel que sur le plan de l’histoire. Le fait de jouter avec la question de dilatation temporelle est bienvenu et souvent oublié dans la SF grand public. L’histoire ne sera jamais vraiment surprenante pour les habitués de la SF. Un jeu Exodus étant développement depuis 2023, on peut encore y voir un côté « matériel promotionnel ».
Spelunky, Tally
Ana Spelunky est une jeune aventurière qui lors d’une aventure fait une chute mortelle. Elle se réveille dans une caverne, accueillie par une aventurière plus âgée, Liz Mutton, qui la console. Ana prend la résolution de repartir à l’aventure, balayant sa mort et sa résurrection avec aplomb. Cependant, après des dizaines morts et résurrections, Ana finit par se décourager.
Je ne connais pas spécialement le jeu Spelunky. Si l’histoire n’a pas grand-chose d’intéressant, la direction artistique est vraiment sympa.
Concord : La Saga de l’implacable
Cassidy est amenée dans un établissement, ligotée et bâillonnée pour extraire de son bras une puce qu’elle a volée. L’infirmière chargée d’extraire la puce est en fait un membre de son équipage en train de dérouler un plan visant à assurer son extraction alors que la puce contient l’atlas de toutes les routes sûres de navigation spatiale qui constitue le monopole de la Guilde.
Concord est un jeu Sony qui, après un échec titanesque, a été retiré de la circulation au bout de deux semaines. Malgré cela, et parce que les animateurs, scénaristes et réalisateurs n’ont pas travaillé pour rien, le court-métrage n’a pas été annulé et c’est tant mieux. Le court-métrage fera penser aux Gardiens de la Galaxie sous certains aspects, mais en moins agaçants. Le coup de la Guilde qui a le monopole des voies de navigation stellaire, fait immanquablement pensé à Dune. Toutefois, j’ai beaucoup aimé la direction artistique de cet épisode.
Honor of Kings : Ainsi vont les choses
Yi Xing est un jeune homme qui s’apprête à défier Tiangong « la machine céleste » qui contrôle la ville dans laquelle il vit. Yi Xing veut s’emparer de son pouvoir et de la responsabilité de l’entretien de la ville. Le jeune homme reproche à Tiagong la mort de ses parents ainsi que les dysfonctionnements de plus en plus flagrants de la ville. Tiangong et Yi Xing s’affrontent alors à travers une sorte de jeu de Go
Honor of Kings est un MOBA chinois que je ne connais pas du tout. On est face à un univers de fantasy, chose qui ne m’attire pas plus que ça, mais qui dégage une certaine originalité dans ses concepts et designs. J’ai un peu de mal avec les visages très « manga » et peu détaillés. Aussi, ce qui se passe dans le trailer ne semble avoir grand rapport avec la nature du jeu d’origine. Il y a toutefois des éléments de design et d’animation vraiment stylés. L’histoire joue de manière plutôt intéressante avec les questions de causalité, d’inéluctabilité, de destin, du sacrifice de quelques-uns pour le bien des autres.
Playtime: Accomplissement
O est une livreuse à vélo qui se faufile dangereusement dans la circulation pour respecter son délai de livraison. Les lunettes qu’elle porte affichent en surimpression son score, sa trajectoire et son chronomètre, montrant ainsi un monde fortement gamifié. Elle réussit à livrer juste à temps et se voit récompensée par un habillage virtuel pour son vélo, d’une simple orange brûlé, alors que le vélo est déjà orange. Buddibot, son animal de compagnie et assistant, essaie de la convaincre de la valeur de ce gain anecdotique. Un mystérieux étranger apparaît et lui donne un paquet avec une adresse manuscrite. Buddibot l’avertit de ne pas le prendre, mais elle le fait, révélant une petite créature bleue lumineuse ressemblant à une étoile de mer, appelée Conduit. Malgré les protestations de Buddibot, O décide d’assurer la livraison.
Visuellement sympathique. Le scénario anecdotique pour un court-métrage qui est une simple pub pour PlayStation et les nombreux moments de gaming que certains ont connu sur les consoles de Sony.
Globalement
Pour faire simple, « Secret Level », ce n’est pas terrible. Là où un « Love, Death & Robot » était porté par sa thématique SF et tout ce qu’elle induit, ici point de Sens of Wonder. Si certains épisodes portent une certaine originalité, Pac -man notamment, les univers n’étant que des adaptations n’apportent pas forcément grand-chose de rafraîchissant et les intrigues sont souvent assez basiques. Pire (ou mieux), les meilleurs épisodes sont ceux qui s’affranchissent le plus de leur licence (Unreal, Pac-man). La qualité visuelle globale est là, certains épisodes bénéficient d’une réalisation soignée et d’une superbe DA. Malheureusement, plusieurs épisodes ne sont tout au plus que des produits promotionnels. L’épisode Playtime n’étant qu’un long clip publicitaire.
« Secret Level » n’est pas mauvais, mais pas bon non plus. Tout au plus divertissant, mais globalement sans originalités, à l’exception d’un ou deux épisodes. C’est visuellement soigné, certains épisodes ont très bonne direction artistique ou réalisation. Toutefois, beaucoup ont un côté « promotionnel » accompagnant des sorties à venir (Pac-man, Exodus, The Outer Worlds) ou des jeux en cours d’exploitation (New World). Cette série est tout sauf indispensable. À voir si une saison deux verra le jour est sera plus intéressante.
2 commentaires sur “Secret Level – Prime Video”