Rouge Sibérie — Sam Eastland

Résumé :

« Septembre 1939. La Seconde Guerre mondiale a commencé. Alors que les combats font rage en Pologne, l’obsession de Staline pour le trésor disparu de Nicolas II est ravivée quand un de ses indicateurs prétend avoir retrouvé la trace de l’homme qui avait été mandaté par le tsar pour dissimuler son or.
Mais l’homme est retrouvé poignardé. Staline convoque alors au Kremlin l’inspecteur Pekkala et lui ordonne de démasquer le meurtrier. Pour accomplir sa mission, Pekkala doit retourner à Borodok, le goulag tristement célèbre où il a séjourné de nombreuses années en tant que prisonnier. Le premier détective de Staline devra s’y faire passer pour un détenu, dans le but d’élucider le mystère… Mais cette mission, qui fait resurgir un passé cauchemardesque, n’est-elle pas de trop pour l’ingénieux Pekkala ? »

Fiche technique :

Auteur : Sam Eastland
Éditeur : Anne Carrière
Pagination : 296 pages
Prix : 21 €

Contrairement à ce que je pensais, l’histoire n’a rien à voir avec l’agent du KGB Lysenkova dont les parents avaient eu droit à un séjour dans un goulag voisin de Borodok (tome 2).

Reste un livre passionnant et supérieur au précédent qui nous plonge dans l’univers glaçant et inhumain des goulags. Borodok se trouve en plein territoire Ostyak (nom autrefois utilisé pour désigner plusieurs peuples autochtones et langues en Sibérie), empêchant toute chance de fuite vers la Chine, car les membres de la tribu abattent les fuyards ou ramassent leurs cadavres et les ramène au directeur du goulag en échange de matériel. Résultat le goulag est à peine défendu, la sécurité n’y est pas très élevée. Pour Pekkala, c’est une enquête très difficile à vivre, car travaillant sous couverture et se faisant passer pour un prisonnier. La seule personne du goulag à être au courant est le directeur. On retrouve les flashbacks qui sont la marque de fabrique de cette saga et qui viennent éclairer le présent tout en nous livrant toujours plus d’info sur l’époque tsariste, la famille impériale et bien entendu le héros.

Lors du périple de Pekkala vers le goulag l’auteur nous livre les coulisses du système géré par l’entreprise d’État Dalstroï, l’entreprise la plus rentable du monde à l’époque. Elle ne paie que les gardes et le personnel administratif. Les prisonniers sont une main-d’œuvre gratuite, corvéable à merci et dont on ne manque pas grâce à Staline. Lorsqu’ils meurent, même leurs cadavres sont rentabilisés, car vendus à des écoles de médecine pour s’entrainer à la dissection. Résultat la compagnie réalise 90 % de bénéfice sur son CA.

Pour ce qui est de l’enquête, Pekkala est contraint à la plus grande discrétion pour savoir ce qui est arrivé à ce membre des « commitati » et va en voir de toutes les couleurs. Les commitati – peu nombreux — sont des prisonniers à part, d’anciens tsaristes et anciens soutiens du gouvernement Koltchak. Staline est persuadé que le meurtre a un lien avec l’or du Tsar — dont l’essentiel n’a jamais été retrouvé —, car les prisonniers en question sont les derniers survivants l’expédition du neveu de Kotlchak (qui s’appelle Alexander comme son oncle d’amiral) qui devait apporter le trésor du Tsar à Vladivostok afin de financer la reconquête du pays.

Le livre est plus rythmé et plus intéressant que le précédent, très instructif sur l’univers soviétique. Il y a toutefois un problème de découpage puisque le chapitre final représente près d’un quart du livre. L’univers Pekkala relevant de l’histoire secrète, l’auteur nous livre comme d’habitude quelques pages explicatives sur l’histoire réelle : ici le périple de la légion tchécoslovaque et le mystère de l’or du tsar.

Le personnage semble revenir transformé de cette expérience. Il profite de son statut pour prendre quelques libertés que l’on découvre dans les dernières pages du livre. Ce point-là est prometteur pour le reste de la saga tant le personnage pouvait paraitre monolithique, mais intéressant.

Avec ce troisième tome, la saga revient quasiment à son meilleur niveau. Vivement la suite.

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