Fièvre — Pelaez, Menin (2 tomes)

Résumé :

« Île de La Réunion, bientôt… Un terrible virus, la Fièvre de la vallée du Rift, vient de décimer la population mondiale ; aucun continent, aucune île n’ont été épargnés. Après avoir muté, la “Fièvre” s’est propagée à une vitesse phénoménale ; les victimes, identifiables par des inflammations de la rétine, souffrent d’encéphalite aigüe et d’une atteinte de leur système neurologique. La pression sanguine qui triple dans leur cerveau les rend fous. Sur l’île de La Réunion, le fléau a été introduit par les survivants du crash d’un avion de ligne sur l’aéroport Roland-Garros. Commence alors un infernal huis clos, dans une île coupée du monde et sans approvisionnement, où différents clans se livrent une lutte sans merci pour leur survie. »

Fiche technique :

Scénario : Philippe Pelaez
Dessin : Antonio Menin
Couleur : Florent Daniel
Éditeur : Des Bulles dans l’Océan
Prix : 15 € par tomes

J’ai découvert cette bande dessinée via les réseaux sociaux, je suis en fait abonné à la page Facebook de la maison d’édition (DBDO pour les intimes) et je compte deux de leurs scénaristes parmi mes contacts donc Philippe Pelaez. Je me suis laissé tenter sur un coup de tête, mis à part l’aspect épidémie je ne savais rien du scénario de ce diptyque. Je pense que j’ai aussi tout simplement voulu goûter aux œuvres publier par cette maison d’édition réunionnaise qui travaille beaucoup avec des gens des rives de l’océan indien et dont beaucoup de livres s’y situent aussi dans la région. J’ai initialement voulu passer par mon libraire BD habituelle, membre du réseau Canal BD, mais il a eu du mal à trouver les deux tomes. Pire, certains sites marchands les proposent avec des frais de port deux fois supérieur au prix du livre en lui-même. Heureusement, Motus (l’autre scénariste DBDO que je compte parmi mes contacts) m’a mis directement en relation avec le patron de la maison d’édition qui m’a fait parvenir les 2 tomes (dans leur coffret). Non, il ne s’agit pas d’un Service presse, j’ai bien payé mes BD.

Le tome 1 démarre sur les chapeaux de roues. En quelques pages on découvre que le virus de la Fièvre de la vallée du Rift à muté et devenu extrêmement contagieux. En quelques jours des cas de contamination sont reportés dans le monde entier. Cette partie-là du scénario est plausible, mais il y a un truc très intelligent de la part du scénariste que pendant quelques cases il laisse penser qu’il va potentiellement partir sur un trip zombie, quand il explique que les malades ont des comportements violents. Finalement, il « ne fait rien. Mieux que ça, il ne s’attarde pas plus que ça sur la maladie, mais plutôt sur ses conséquences sur la société et le survivant. Ainsi dès la 20ème page nous avons droit à une ellipse de 6 mois. L’île de la Réunion a sombré dans l’anarchie et est coupée du monde (qui lui-même a sombré dans l’anarchie ou pas loin). C’est donc dans une société qui s’est effondrée et où prime la loi du plus fort que l’auteur nous projette jusqu’à la fin du tome 2. Je ne dirais pas grand-chose de plus sur le déroulement de l’histoire de peur de spoiler. Mais scénaristiquement, sans être exceptionnel c’est solide plausible et intelligemment écrit. Là où l’auteur aurait pu jouer sur la surenchère de violence, il fait preuve globalement de finesse. On retrouve au final un petit côté World War Z ou Walking Dead, car ici la maladie (et non les zombies) sert de catalyseur pour mettre en avant l’humain avec ces belles qualités comme ces plus terribles travers (tout en étant bien mois gore que TWD). Au final les rares défauts sur la partie scénario/écriture sont : un aspect légèrement manichéen (mais pas irréaliste), l’usage du créole réunionnais pour certains dialogues renvoyant donc à une note de bas de case, un tome 2 un peu trop verbeux qui rappelle légèrement certains travers de Walking Dead (qui faisait parfois ça sur plusieurs tomes d’affiler).

Sur le plan visuel, le dessin de Menin se marie à merveille avec les couleurs de Daniel. Les couvertures sont belles sans être exceptionnel, mais au final ça change de certaines œuvres où la couverture est superbe et l’intérieur est banal. L’intérieur est justement réussi, surtout les décors. J’ai eu un peu plus de mal avec les visages et expressions faciales. Certaines cases sont très fouillées sans être fouillis. Les cadrages, le découpage, les perspectives, les mouvements et le trait donnent une œuvre dynamique.

Fièvre est donc pour moi une belle découverte. Une BD qui n’est pas exceptionnel tant scénaristiquement que visuellement, mais reste une belle réussite. Mention spéciale pour le coffret dont le visuel est simple, mais terriblement efficace. De manière plus globale, je suis content de m’être enfin essayé à une œuvre publier par DBDO qui a une belle identité et de beaux projets. Cette BD et les autres œuvres de cette maison mériteraient de bénéficier d’une meilleure distribution pour être plus accessibles au public.

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