L’appel de Cthulhu — Baranger

Résumé :

« Boston, 1926. Suite au décès, dans des circonstances étranges, de son grand-oncle, Francis Thurston découvre dans les documents dont il hérite l’existence d’une secte vouant un culte à une créature innommable, endormie depuis des millions d’années.
Sacrifices indicibles pratiqués dans les bayous de Louisiane, meurtres mystérieux perpétrés dans divers endroits du globe, artistes sombrant dans la démence après des visions nocturnes terrifiantes, renaissance de cultes ancestraux et surtout, une cité cyclopéenne surgissant de l’océan lors d’une tempête… Thurston va comprendre peu à peu que les recherches de son grand-oncle concernant le culte de Cthulhu étaient bien trop proches de la vérité et que, dans l’ombre, des adeptes œuvrent au réveil de leur dieu païen, prêts à faire déferler la folie et la destruction sur le monde.
Les astres sont alignés. La fin est-elle proche ? »

Fiche technique :

Illustrateur : François Baranger
Traducteur : Maxime Le Dain
Éditeur : Bragelonne
Pagination : 64 pages
Prix : 24,90 €

Faut-il encore présenter l’appel de Cthulhu ? Dans le doute je vais le faire quand même. Ce livre est le plus emblématique de la bibliographie de Lovecraft. Produits dérivés et adaptations à tout va l’on fait connaitre ainsi que la gamme de jeux de rôle développé par Chaosium. Comme tous les textes du maitre de Providence, c’est après sa mort que le texte aura atteint sa dimension culte. C’est le texte fondateur du mythe.

L’intrigue non linéaire est présentée au travers d’un ensemble de documents retrouvés dans les papiers du défunt professeur Angell, un anthropologue qui a enquêté sur un culte obscur. Le livre est constitué de 3 segments : L’abomination d’argile, Le récit de l’inspecteur Legrasse et L’aberration surgit des flots. La première partie s’ouvre donc avec Francis Wayland Thurston, un anthropologue originaire de Boston qui hérite de tous les biens de son grand-oncle, un professeur renommé ayant enseigné les langues sémitiques et décédé dans des circonstances mystérieuses. Parmi les documents d’Angell, Thurston découvre un étrange bas-relief en argile représentant un être « à tête de poulpe munie de tentacules surmontant un corps écailleux et grotesque muni d’ailes rudimentaires » accompagné de différents hiéroglyphes inconnus, de coupures de presse et d’un manuscrit portant le titre Le Culte de Cthulhu. Il commence alors son enquête qui l’emmènera à collecter d’autre témoignage de l’existence de Cthulhu.

La particularité de ce livre c’est qu’il est illustré par le très talentueux François Baranger. On a longtemps cru qu’illustrer de manière esthétique et plausible l’univers de Lovecraft relevait de l’impossible. Pourtant depuis quelque temps plusieurs artistes s’évertuent à prouver le contraire. Ceux qui n’ont pas accroché au dessin des adaptations par Gō Tanabe pour diverses raisons : dessin « manga », noir et blanc… trouveront ici la couleur et le réalisme quasi cinématographique. Si un film devait voir le jour, je souhaiterais que sa direction artistique soit basée sur ce livre. Chaque double page propose le texte accompagné d’une illustration (souvent en double page) qui colle précisément à ce passage du récit. Certaines pages sont assez peu spectaculaires et posent avant tout une ambiance, mais reste merveilleusement réalisée. Toutefois dès le deuxième segment, on commence à avoir quelques énormes illustrations, spectaculaire et bluffante qui s’étale intégralement sur la double page.

Là où le livre prend toute sa dimension, c’est dans la troisième partie du récit où l’on revit la confrontation des marins de l’Emma avec la cyclopéenne cité de R’lyeh et le terrifiant Cthulhu. Baranger parvient à retranscrire à merveille l’aspect visuel des constructions à l’architecture cyclopéenne imaginé par Lovecraft ainsi que les dimensions colossales et l’apparence démente de Cthulhu.

Ce qui est remarquable au sujet des illustrations c’est au-delà leur qualité esthétique incroyable, celles qui sont en doubles pages sont construites de manière à ce que le texte n’y cache jamais un élément important. Cela, combiné aux grandes dimensions de l’ouvrage, permet de profiter pleinement du travail de François Baranger. Contrecoup, je n’ai qu’un seul rayon de ma bibliothèque ayant les dimensions nécessaires pour l’accueillir à la verticale.

Au niveau édition on saluera la superbe jaquette qui protège la couverture qui elle aussi n’est pas en reste. De plus l’éditeur, prend le temps de rappeler en fin d’ouvrage que oui, le texte transpire le racisme et Lovecraft aussi talentueux fut il était bel et bien raciste (comme beaucoup d’autres en ce temps). Le travail de traduction est lui aussi très bon et avant d’avoir le livre entre les mains j’étais persuadé qu’elle était aussi l’œuvre de François Baranger tant son nom est mis en avant dans la communication auteur de ce livre. Il est donc dommage que le nom de Maxime Le Dain ne soit pas un peu plus mis en avant vu la qualité de son travail.

Je vais bientôt attaquer la lecture du tome 1 de « Les montagnes hallucinées » là encore illustré par Baranger. Vu les images que j’ai pu apercevoir, je pense que ce livre va être à couper le souffle.

Cette version de l’appel de Cthulhu est un must have et un must read. L’ouvrage est splendide et son prix abordable. C’est vraiment le livre (et probablement la collection) idéal pour découvrir ou redécouvrir les textes de Lovecraft tout en découvrant le superbe travail d’illustration de Baranger.

N’est pas mort qui à jamais dort
Et au fil des âges peut mourir même la mort.

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