Constellation Express #4 : Non, mais à l’eau !

Quatrième numéro de cette nouvelle rubrique. Je vous rappelle le concept : chronique rapide de livres, séries ou films qui ne méritent pas que je consacre énormément de temps à vous en parler. Je pense qu’en général je traiterais entre trois et cinq œuvres par numéro.

Cette fois-ci je vais vous parler de 3 films qui ont deux points communs : l’environnement maritime et la guerre.

Le Chant du loup

« Chanteraide est l’une des oreilles d’or de la Marine nationale, les spécialistes de la guerre acoustique. Son rôle à bord des sous-marins est essentiel. Pourtant, il commet une erreur d’analyse qui met en danger tout un équipage. En cherchant à la réparer, il se retrouve pris dans un conflit majeur auquel il pourrait bien être la réponse : de ses qualités professionnelles, dépend l’ultime espoir de paix mondiale. »

Très enthousiasmé par le trailer qui laissait espérer un très bon film de la part d’Antonin Baudry (réalisateur et scénariste), je me suis précipité à sa sortie en salle. Ce film est d’un genre inhabituel puisque le cinéma français nous sert essentiellement des comédies et thrillers. En plus, avec un budget d’une vingtaine de millions d’euros, il fait office de blockbuster.

Au final, l’ambiance dans les sous-marins est crédible et le film est visuellement beau. Si ajoute un gros travail sur l’ambiance sonore. Cela donne une ambiance très efficace. J’ai vu le film dans une salle avec le « son 3D », autant vous dire que si vous disposez d’une très bonne installation acoustique chez vous, vous allez apprécier. Côté castings on retrouve François Civil, Omar Sy, Mathieu Kassovitz et Reda Kateb qui sont très bons tous les quatre. La réalisation est très efficace, les effets spéciaux franchement bons mis à part une explosion d’hélicoptère dans le premier acte du film qui fait franchement « cheap ». Là où le film pêche, c’est sur le fond géopolitique du scénario qui est catastrophique, digne de nombreux navets américains. Je m’excuse d’avance pour les spoilers : en gros sur fond de tension entre la Russie et l’Europe, un amiral russe a vendu à un groupe terroriste islamiste un sous-marin nucléaire lanceur d’engin (SNLE). Il s’agit de sous-marin conçu pour tirer des missiles dotés d’ogives nucléaires. C’est déjà peu plausible, mais là où ça devient un gag c’est que le sous-marin datant de la guerre froide est retiré du service depuis suffisamment longtemps pour avoir été retiré des bases de données de signature acoustique embarquée dans les sous-marins français. Je ne sais pas si vous avez déjà vu les documentaires sur les sous-marins nucléaires russes moisissant à quai après la chute de l’URSS, mais je vous garantis qu’après quelques années de ce régime, il faut des dizaines de millions de dollars pour remettre un tel engin en état de prendre la mer. Donc, un amiral arrive à faire remettre par je ne sais quel miracle un SNLE en état et à le vendre à des terroristes sans se faire prendre… Mais ce n’est pas fini, le sous-marin est vendu avec ses missiles balistiques. La première chose qu’on fait quand on retire un sous-marin c’est de retirer les armements. Soit pour les stocker, soit pour les utiliser à bord d’autres navires. Ces armements coûtent cher et nécessitent de la maintenance. Impossible donc qu’ils soient restés tout ce temps dans un sous-marin à quai et encore moins possible qu’ils aient été ressortis des arsenaux X années plus tard pour être vendus avec un sous-marin remit en état de naviguer par je ne sais quel miracle, le tout sans que l’état-major et le gouvernement russe ne s’en rendent compte.

Pourtant si vous faite abstraction du scénario géopolitique peu crédible, « Le Chant du loup » permet de passer un vrai bon moment, avec une superbe ambiance, des passages très réussis et très intenses ainsi que des très bons acteurs.

Hunter-Killer

« Alors que Joe Glass, commandant du sous-marin américain USS Arkansas, est en mission de sauvetage dans la péninsule de Kola pour retrouver l’USS Tampa Bay porté disparu, le Président russe Nikolai Zakarine est fait prisonnier à la base navale de Poliarny suite à un coup d’État mené par l’Amiral Dmitri Durov, son propre ministre de la Défense. Le Commandant Glass et son équipage vont devoir faire équipe avec une unité de Navy SEALs et se rendre en Russie afin de sauver le président russe et empêcher la Troisième Guerre mondiale…. »

Autre film de sous-marin, américain cette fois-ci. L’US Navy espérait que ce film, basé sur le roman « Firing Point » de Don Keith et George Wallace, aurait un effet Top Gun. C’est-à-dire pousser les jeunes à s’engager. Vu les recettes et les critiques, je pense que c’est raté.

Le scénario est franchement vu et revu que ce soit au cinéma ou en roman, avec son méchant militaire russe (ce coup-ci c’est un amiral) qui lance un coup d’état militaire contre son gentil président. Le scénario est un prétexte à l’action et au sens du devoir américain. Cela n’empêche pas quelques très bonnes scènes de sous-marinade et de tension, même si toutes les grosses ficelles de la scénarisation hollywoodienne sont bien visibles. Les effets spéciaux franchement bons.

Au casting on retrouve Gerard Butler et Gary Oldman. Butler est surtout un acteur à gueule, pourtant c’est le seul à sortir du lot. Oldman qui n’a pourtant plus rien à prouver ne sert strictement à rien dans ce film et joue un personnage qui est simplement agaçant. Les personnages russes sont caricaturaux au possible, avec des accents ridicules en VF.

Même si Hunter-Killer n’est pas le film de l’année et si l’action n’est pas mémorable voir caricatural par moment, les scènes d’action sous-marine permettent de passer un moment sympa avec quelques passages intenses ou bien foutus.

Midway

« Après la débâcle de Pearl Harbor qui a laissé la flotte américaine dévastée, la marine impériale japonaise prépare une nouvelle attaque qui devrait éliminer définitivement les forces aéronavales restantes de son adversaire. La campagne du Pacifique va se jouer dans un petit atoll isolé du Pacifique nord : Midway. L’amiral Nimitz, à la tête de la flotte américaine, voit cette bataille comme l’ultime chance de renverser la supériorité japonaise. Une course contre la montre s’engage alors pour Edwin Layton qui doit percer les codes secrets de la flotte japonaise et, grâce aux renseignements, permettre aux pilotes de l’aviation américaine de faire face à la plus grande offensive jamais menée pendant ce conflit. »

À son titre et au synopsis, on s’attend logiquement à un film sur la bataille de Midway, mais en fait c’est un film qui sert de best of de la guerre du Pacifique. Ainsi le film s’ouvre sur le désastre de Pearl Harbor auquel succèdent les raids sur les îles Gilbert et Marshall, le raid de Doolittle et la bataille de la mer de Corail et s’achève sur la victoire américaine de Midway.

Les effets spéciaux sont voyants, c’est-à-dire que la plupart du temps on n’a pas l’impression que c’est vrai. Niveau réalisation, Roland Emmerich en fait trop, beaucoup trop, avec une mise en scène souvent criarde et peu crédible lors de plusieurs scènes d’actions. Niveau acteurs, malgré un casting prometteur, ça ne décolle jamais. En plus pour un « film historique » c’est truffé d’erreur. Par exemple le terme « missile » est utilisé deux fois dans le film, d’abord pour parler de bombes, puis de torpilles. Cela à un moment on n’utilisait pas encore de missile sur les avions et sous-marin. De plus, un ami américain spécialiste des marines japonaises et américaines de la Seconde Guerre mondiale, a relevé pas mal d’erreurs plus pointues sur les grades, les modélisations de navire, les tenues…

Un moment clé de l’histoire militaire est donc transformé en un vulgaire « film popcorn » spectaculaire, mais sans saveur.

3 commentaires sur “Constellation Express #4 : Non, mais à l’eau !

  1. Concernant Midway, je l’ai vu au cinéma (et avec le b… actuel, combien vont survivre), les missiles m’ont également surpris, mais il semble que cela sa soit le doublage français qui soit en cause. Les effets spéciaux sont impressionnants tout de même. Pour le film le champ du loup, j’ai raté l’occasion, boulot de nuit quand il sorti dans ma ville. Plusieurs intervenants sur le forum Air Défense ont écrit leurs impressions mitigés également, grosses gaffes dans l’usage des armements dans la scène finale entre autre avec un tir d’exocet au lieu d’un missile antiaérien.

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