These Savage Shores – Ram V, Astone, Kumar

Résumé :
« 1766. Deux siècles après l’arrivée du premier navire européen sur les côtes de Malabar et l’implantation des colons à Calicut, la Compagnie des Indes cherche à protéger ses intérêts économiques sur la Route de la Soie. Un vampire embarque sur un bateau de la Compagnie, dans l’espoir de redémarrer de zéro sur ces nouvelles terres prometteuses. Mais il comprendra vite que les rives de l’Indus abritent des démons et des créatures légendaires bien plus anciennes et plus puissantes que lui. À la croisée du drame historique et du thriller fantastique, These Savage Shores est une dénonciation brillante du colonialisme et de ses ravages, servie par un dessin d’excellence et une sensibilité remarquable. »

Fiche technique :
Scénariste : Ram V
Dessin : Sumit Kumar
Couleur : Vittorio Astone
Lettrage : Aditya Bidika (VO)
Éditeur : Hi Comics
Pagination : 176 pages

Il s’agit de l’un des nombreux livres que je me suis offert pour Noël. Un vil stratagème pour maintenir l’illusion auprès de notre fils quant à l’existence du père Noël. J’ai un peu trainé pour le lire. Car après une année 2020 usante et épuisante j’ai passé mes vacances de Noël à me reposer. Puis une grande partie de mon temps libre de janvier à regarder des films et séries. Finalement, il y a de ça une dizaine de jours, j’ai attrapé « These Savage Shores » dans ma PAL.

À sa sortie se livre m’a séduit par sa couverture belle et énigmatique : lettrages et arabesques dorées, masque mystérieux. Sans compter une quatrième de couverture qui ne spoil pas le livre. Enfin, les quelques cases que j’ai aperçue sur le net laissaient présager d’une belle qualité graphique en intérieur.

Je ne vais pas me passer pour un fan d’histoire de vampire ni de folklore en général. Mais j’aime bien les histoires où les auteurs arrivent à utiliser ce folklore pour produire un propos intéressant et bâtir un univers crédible. Ce qui m’a aussi attiré c’est l’Inde. Pays dont j’ai découvert la culture et le folklore à travers le grandiose livre « Chroniques des années noires » de Kim Stanley Robinson. Pays-continent sur lequel j’ai continué à découvrir des choses en travaillant sur le Cycle 2 d’Au Bord de l’Abîme (ainsi que des recherches pour d’autres projets secrets). L’idée d’une œuvre à la réputation qualitative certaine mêlant folklore européen et indien en plein 18ème siècle était donc trop tentante pour moi.

Comme le dit le résumé, en 1766, un vampire débarque en Inde pour changer de vie. Sauf que (attention spoiler) dès la fin du premier chapitre ce vampire se fait, massacrer ! À partir de là on se retrouve prit dans le mystère entourant l’origine ou plutôt la nature de Bishan, les intrigues politiques entre un Nizam, un Raja et la Compagnie anglaise des Indes orientales qui tente d’étendre son cartel en montant les Indiens les uns contre les autres. L’histoire est forte, pleine de rebondissements, prenante et intelligemment écrite. Aussi, l’auteur Ram V, ancre sont récit d’un monde très réel grâce aux guerres anglo-marathe qui lui permette de critiquer le colonialisme (ici britannique). Niveau personnage, on croisera une mystérieuse créature du folklore indien, un chasseur de vampire, des vampires venus venger leur camarade, la belle et sympathique Kori et bien d’autres. Il y a aussi une histoire d’amour qui pioche aussi bien du côté de « Dracula » que de la « Belle et la Bête ».

Graphiquement « These Savage Shores » se situe dans le haut, voire le Très-Haut du panier. Le dessin et l’encrage de Sumit Kumar, épousés par les couleurs de Vittorio Astone, portent un ensemble graphique parfaitement homogène (ce qui n’est pas toujours le cas en comics, encore moins sur un gros volume) et franchement magnifique. Il y a dans ce livre, surtout pour les passages se déroulant en Inde, un sens de l’ambiance franchement bluffant. Le design de la « créature » et des vampires est à la fois puissant et crédible. Le character design est très solide. Guerre, vampire et folklore horrifique obligent, il y a de la violence dans ce livre, mais les auteurs ne basculent jamais dans le gore gratuit pour choquer. La violence graphique, modérée selon mes critères, se justifie parfaitement.

En fin de livre on retrouve une petite galerie d’illustrations. Il s’agit de la compilation des couvertures des chapitres, c’est-à-dire des « tomes » du comics au format fascicule tel qu’ils furent initialement publiés en VO par Vault Comics. J’aurais été prêt à payer quelques euros de plus pour avoir un vrai cahier graphique livrant les coulisses de la création de cette histoire, mais c’est déjà une très belle édition.

« These Savage Shores » est une réussite, je dirais même un sans-faute. Une histoire qui se dévore en apnée (lu en moins d’une heure pour ma part) portée par un graphisme superbe et un travail d’édition plus que convaincant. Vu la pagination et le travail effectué sur la couverture, il est d’ailleurs surprenant que ce livre coûte moins de 18 €. Bref un livre que je recommande chaudement.

P.S : si vous voulez un deuxième avis, je vous invite à lire la chronique de Blondin par ici.

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