La fabrique des lendemains — Rich Larson

Résumé :
« Elle décolla du quai pour grimper dans le ciel jaune terne. La Ville s’étirait dans toutes les directions. Surtout le haut. Tours gigantesques multicolores, immeubles résidentiels rotatifs, tunnels célestes qui se dépliaient et se repliaient selon la circulation. Eris s’éleva sans hâte à travers un essaim de drones. Par sa caméra ventrale, elle regardait l’upcar couleur argent qui les suivait.
“Les rues basses, j’ai dit.” La voix de l’homme recelait une note d’impatience, désormais. Du code défilait sur ses yeux. Une pellicule de transpiration bordait la naissance de ses cheveux.
“J’ai entendu.” Elle laissa leur poursuivant gagner un peu de terrain. “On ne vomit pas, à l’arrière, d’accord ?” 
»

Fiche technique :
Auteur : Rich Larson
Éditeur : Le Bélial »
Pagination : 512 pages
Prix : 23,90 €

J’ai déjà encensé l’auteur à plusieurs reprises après avoir lu certaines de ses nouvelles en VO. Autant dire que j’attendais ce recueil avec impatience. La fabrique des lendemains nous propose donc 28 nouvelles du très prolifique Rich Larson, qui n’ayant pas encore atteint les trente ans, a déjà 200 nouvelles au compteur. Le Bélial’ nous permet donc de découvrir en français cet auteur quasi inconnu du lectorat francophone puisqu’il n’a pas été traduit jusqu’ici (à ma connaissance). L’éditeur nous gratifie d’un ouvrage arborant une très belle illustration de couverture signée Pascal Blanché. Vu le nombre de textes que l’auteur a écrits, j’espère que les lecteurs seront au rendez-vous et que l’éditeur nous proposera d’autres recueils de nouvelles de Rich Larson. Comme à chaque fois avec les ouvrages collectifs et recueils, je vous proposerai une courte chronique de chacun des textes dans l’ordre dans lequel ils se présentent. Il est à noter que plusieurs nouvelles semblent partager un univers commun, car on croise certains personnages dans plusieurs textes et beaucoup ont des technologies communes. Seul un détail me chagrine, mais cela reste purement subjectif, je pense que certains mots n’auraient pas dû être traduits et rester en anglais. Je pense par exemple au terme Ecogirl qui devient Ecofille. Si dans notre français actuel on utilise déjà énormément d’anglicismes pour désigner des produits et technologies, je ne vois pas pourquoi cela diffère dans un monde futuriste biopunk ou cyberpunk. Quoi qu’il en soit, vu la créativité et le talent de l’auteur je serais ravi de le voir se lancer dans les textes longs en plus des nouvelles le tout dans un univers étendu.

Indolore

Vous pouvez retrouver ma chronique détaillée de ce texte ici. Un vrai plaisir de retrouver ce texte.

Circuits

Dans ce texte nous suivons Mu, IA d’un train magnétique qui continue d’errer dans un futur post apocalyptique où la terre a été ravagée par un conflit nucléaire, nanotechnologique et bactériologique. Les vainqueurs/survivants ont quitté la planète. Mu est donc une IA confrontée à la solitude, jusqu’au jour où elle n’est peut-être plus tout à fait seule.

Texte court qui arrive malgré tout à sortir un worldbuidling convaincant tout en parlant de l’apprentissage de la mort (avec un wordbuilding différent, Mu aurait bien pu être un enfant) dans une pagination très courte. Un texte sympathique, mais pas révolutionnaire.

Chute de données

Un texte qui pourrait bien se passer dans un futur post-apo sur terre ou une autre planète où les habitants sont contraint d’attendre le passage du Nuage pour avoir accès au réseau. Le Nuage est bien évidemment un clin d’œil au Cloud et sa nature est probablement un essaim de drone ou de ballon connecté. Quoi qu’il en soit ce texte de seulement deux pages ne m’a pas accroché.

Toutes ces merdes de robot

Un humain naufragé sur une île déserte ou presque puisqu’il y a aussi des robots qui squattent la place. On ne sait pas trop comment ces robots ont atterri ici, mais ils n’ont pas conscience d’avoir été créés par les humains, ni que ces derniers en soient capable (tout juste sont-ils une autre espèce de robots), et vénère le soleil qui les alimente en énergie.

Un texte peu spectaculaire, mais fort sympathique où l’un des robots-enfant-du-soleil s’avère être très humain (dans le bon sens du terme).

Carnivores

Un duo de casseur constitué d’un hacker (Blake) et d’un demi-néandertalien (Finch), se prépare à attaquer un restaurant de luxe réputé : le Carnivor. Le casse ne va pas se passer comme prévu et le restaurant cache un terrible secret qui n’est pas forcément celui auquel vous pensez.

J’ai vraiment aimé ce texte mêlant biopunk et cyberpunk avec des personnages et un worldbuilding qualitatifs. La fin est à la fois touchante, horrible et prenante. Un univers et des personnages que j’aimerais bien recroiser dans d’autres aventures.

Une soirée en compagnie de Severyn Grimes

Justement on recroise Finch le demi-néandertalien qui sert de garde du corps au richissime Severyn Grimes. Je suppose que ce texte se déroule après Carnivores, mais n’en suit pas certains. Ici on découvre que pour échapper à la vieillesse et à la mort certains (ceux qui ont de la thune) se font implanter dans le corps d’autres personnes, généralement jeunes et en bonne santé. À nouveau une sorte de « braquages » puisqu’ici la voiture intelligente de Severyn Grimes se fait pirater par un groupe de radicaux. On découvre alors au fil de l’intrigue que Grimes n’est pas ciblé pour sa puissance ou son argent, mais pour le corps qu’il « occupe ». La thématique sur l’identité et la location/vente de son corps est très intéressante. De plus l’auteur, m’a surpris avec le rôle joué par Finch qui est globalement différent et surprenant par rapport à sa trajectoire dans Carnivores. Le fait que ceux louant des corps soient appelés des « Marionnettistes » et la partie piratage m’a immanquablement fait penser à une de mes œuvres préférées : Ghost in the Shell.

L’usine à sommeil

Un couple de migrants africains travaille dans une « usine à sommeil » pour s’acheter son passage vers une vie meilleure à Londres. Leur travail consiste à piloter à distance des drones industriels aux quatre coins du monde dans des conditions de sécurité et d’hygiène douteuse pour un salaire de misère.

Un texte légèrement prévisible, mais poignant parlant du désespoir des migrants et de la crise migratoire en méditerranée, de l’esclavage moderne, de l’uberisation.

Porque El Girasol se llama El Girasol

On suit la jeune Girasol et sa mère qui tentent de franchir le Mur pour fuir la misère et la violence de leur pays d’origine. Les pays ne sont pas nommés, mais on pense immanquablement à la frontière américano-mexicaine. L’originalité de ce texte est la nature du passeur. Un texte très bon sur tous les points : court, dense, prenant et innovant.

Encore une fois la question des migrants et la misère sont évoquées de fort bonne manière. Je me demande si la jeune Girasol n’est pas la même que l’on a croisé dans « Une soirée en compagnie de Severyn grimes ».

Surenchère

Wyatt va tout faire pour remporter une enchère afin de reconquérir son ex-petite amie Rocio. Tout ne va pas se passer comme prévu.

Un texte amusant, sarcastique et qui détonne avec la plupart des autres textes de l’auteur et que je n’avais pas vus venir.

Don Juan 2.0

Jack tente de se remettre d’une rupture douloureuse et veut oublier son ex. Pour cela il joue les bêta-testeurs d’une IA assistante de séduction développée par un de ses potes. Il va alors tenter de séduire la magnifique et intriguant Alice.

Comme avec Surenchère on a à faire un texte plutôt léger tout en étant capable d’aborder une thématique assez sérieuse : l’aspect commercial et artificiel du coaching et de la séduction.

La brute

Dans un monde qui subit les affres du réchauffement climatique (monté du niveau des océans), Anton et Hume, deux « récupérateurs », mettent la main sur une caisse contenant une biotechnologie militaire. Un texte légèrement horrifique qui pourrait s’inscrire dans un univers commun avec plusieurs autres de ce recueil. La nature de l’arme biotechnologique fera bien évidemment penser au symbiotique Venom de l’univers Marvel.

Tu peux me surveiller mes affaires ?

Le narrateur, installé dans un café pour travailler, accepte de surveiller l’ordinateur d’une jeune femme qui file aux toilettes. Un texte mi-horrifique mi-humoristique peut surprendre par son dernier paragraphe qui introduit un aspect fantasy. S’il n’y avait pas cette touche d’humour et de critique (l’auteur en profite pour tacler la dépendance aux réseaux sociaux) couplé à la chute surprenante, le texte aurait été assez banal.

Rentrer par tes propres moyens

Le temps d’un été, Eliot va accueillir la conscience numérisée de son papy dans sa tête via un implant cérébral, le temps que sa mère puisse acheter un corps cloné pour prolonger la vie de papy.

Texte surprenant qui en quelques pages propose de très bons éléments de worldbuilding : les enfants n’apprennent plus à écrire avec un stylo, mais directement avec un clavier, les clones arborent des traits neutres post-raciaux, on peut numériser des consciences, cultiver des clones, choisir de prolonger ou non son existence et potentiellement ne plus mourir. Bref, malgré une fin assez prévisible c’est balaize et en plus le texte est touchant par les thématiques principales qu’il évoque : vieillissement, peur de la mort, transmission d’un héritage, deuil…

De viande, de sel et d’étincelles

Un autre excellent texte que j’avais déjà chroniqué ici.

Six mois d’océan

Un texte qui reprend la thématique principale de « Une soirée en compagnie de Severyn Grimes », mais du point de vue de celui qui loue son corps. Un texte assez peu convaincant si ce n’est qu’il explore les conséquences de la « location » sur la vie de l’hôte.

L’homme vert s’en vient

Dans un monde ravagé par les catastrophes écologiques ce qui reste de l’Humanité est concentré dans la Ville. Ce monde est-il la Terre ou une lointaine colonie ? Ce n’est pas précisé. Nous suivons Eris, chauffeur de taxi qui après une course qui lui a rapporté gros se retrouve prise dans une machination impliquant de jouer le corps d’accueil pour une policière afin d’infiltrer une secte apocalyptique.

Très bon texte où le partage d’un corps est encore de la partie, même si la nature diffère de ce qu’on aura croisé dans « Une soirée en compagnie de Severyn Grimes » et « Six mois d’océan ». Un bon worldbuidling aussi bien en termes de technologie que d’ambiance qui cette fois-ci explore la thématique de l’écoterrorisme.

En cas de désastre sur la Lune

Sol et Laurie sont en mission sur la Lune. Ils enquêtent sur le crash d’une mystérieuse météorite venu se crasher sur notre satellite. Le drone envoyé sur place ayant cessé de répondre Laurie se rend sur place avant d’elle aussi ne plus répondre. Autant vous dire que Sol est bien soulagé quand elle revient enfin, même si elle à un sérieux trou de mémoire. Alors Laurie se repose et se remet de ses émotions, quelqu’un se présente devant le sas d’entrée. C’est Laurie…

Un texte mystérieux et original avec une sacrée chute, même si elle ne répond pas à la question ultime : qu’est-ce qui se passe ?

Il y avait des oliviers

Dans une Andalousie post-apocalyptique, le jeune Valentin quitte la Cité après avoir encore échoué à devenir un prophète en se connectant au Dieu-Machine. L’auteur joue avec les codes littéraires ici, car si on remplace les vieilles technologies oubliées par la magie et les dieux on a en fait une œuvre de fantasy. Même les thématiques explorées sont celles qu’on croise dans ce genre littéraire : quête initiatique, quête de liberté, libre arbitre, destinée… Par contre la fin est assez surprenante et pourrait rappeler la fin de la trilogie Matrix.

Veille de Contagion à la maison Noctambule

Comme le texte précédent, on se retrouve dans un monde post-apocalyptique qui a un aspect fantasy. Je n’ai pas spécialement accroché à ce texte, probablement à cause du vocabulaire propre à son worldbuilding. J’y vois quand même une critique des classes dirigeantes, cette élite politico-économique se pensant supérieure et qui encore une fois a écrasée les autres tout en se donnant le beau rôle.

Innombrables lueurs scintillantes

L’auteur nous place au sein d’une espèce vivant dans un monde-océan subglaciaire (pensez à Europe, satellite de Jupiter) où un clivage fait rage entre une frange progressiste qui veut percer la banquise pour voir ce qu’il y a derrière et des conservateurs assez obscurantistes qui s’opposent à cette exploration, car elle apportera le malheur à leur espèce.

Même si c’est l’un ou même le texte le plus long du recueil, Larson parvient en nombre de pages très cours à nous décrire une forme de vie extraterrestre intelligente, une partie de son mode de vie, ses technologies et ses croyances de manière cohérente et convaincante. Un sacré tour de force.

La thématique centrale nous rappellera Galilée via une opposition entre une sorte d’Inquisition obscurantiste et les grands inventeurs, explorateurs, théoriciens qui risque de déclencher un changement de paradigme. On a ici sur bien des points le meilleur texte de l’ouvrage, même si d’un point de vue de mes goûts il n’est pas mon préféré.

Un rhume de tête

Vince un père de famille et cadre à attraper un rhume de tête. En conséquence, il voit tout le monde avec son propre visage. Même si l’idée et ses conséquences sont marrantes, le texte est tout simplement inintéressant.

La jouer endo

Ce texte mêlant SF militaire et biopunk nous propulse dans le Nuaga d’Orrt où nous suivons un technicien chargé de maintenance des exos, des armures de combat spatiales organiques, dans lesquelles les endos (les pilotes humains) s’insèrent. Je peux difficilement en dire plus sans spoiler toute l’intrigue, mais c’est un très bon texte avec des éléments assez surprenants.

On le rend viral

On est dans un monde étrange probablement post-apocalyptique avec une touche de post-humanité (les maladies et la mort ont été éliminées). On suit Default et son ami/amie Schorr qui vont aller s’éclater et se défoncer pendant une longue période de festivité qui semble s’étendre sur plusieurs jours. Sauf que dans un monde où les maladies et la mort ont été éliminées il ne reste plus beaucoup de moyens de vivre le grand frisson. Nos deux comparses vont donc s’infecter avec des maladies hors-normes et abaissant le niveau de défense de leur système immunitaire. Ils deviennent ainsi des stars des réseaux sociaux en arborant les symptômes de leurs maladies et lancent des modes.

Un texte intéressant qui expose ce que pourraient être les maux d’un monde où on ne meurt plus et prend aussi le temps de critiquer le monde des influenceurs (via l’esthétisation de la maladie). Enfin, la fin est juste un régal.

J’ai choisi l’astéroïde pour t’enterrer

Il s’agit d’un poème. Les poèmes ce n’est pas vraiment mon truc, même si j’en ai déjà lu des géniaux. Le texte est inintéressant et sa traduction pour en faire quelques choses de cohérent en français n’aide probablement pas.

Corrigé

Wyatt, un gosse de riche, retrouve ses potes pour un week-end de fête après un mois de convalescence suite à sa « Correction ». Ces potes vont alors découvrir les changements induits par la correction. Un texte plutôt intéressant par sa thématique tant par la nature même de la correction (je ne peux rien dire sous peine de gâcher le plaisir) que la relation toxique qui se crée quand des gosses de riches ou de la haute société se font des « amis » issus de la classe populaire comme s’il s’agissait de gadgets ou de consommables.

Si ça se trouve, certaines de ces étoiles ont disparu

Dans un monde où l’on peut revivre ses souvenirs à volonté grâce à l’appli FreezeFeed, un couple partage ses meilleurs souvenirs.

Pas mon texte préféré, mais il reste intéressant par son thème. À vouloir à tout prix revivre ses souvenirs, on se retrouve à vivre dans le passé, à faire du surplace et cela a des conséquences intéressantes.

La digue

Un couple (Javier et Chelo) est en vacances en Espagne. Chelo évoque le fait que Javier tranche étrangement avec le genre d’homme qu’elle fréquente en temps normal. Javier quant à lui s’est arrangé pour qu’elle découvre la vérité sur leur première rencontre. À nouveau un texte qui explore la question de la séduction et de l’amour, mais sous un angle bien différent de Don Juan 2.0, notamment sur l’aspect éthique. Ce dernier me renvoie à un sujet qui est sous le feu des projecteurs ces derniers temps grâce aux combats féministes : la domination, la relation toxique…

Faire du manège

Ostap et Alyce communiquent à distance via des combinaisons de réalité virtuelle, car Alyce travaille dans un laboratoire au Kenya. Ostap doit bientôt la rejoindre, mais en attendant Alyce va prendre part à une expérience qui pourrait changer le monde de la science. Sauf que l’expérience tourne mal et vire au drame détruisant le labo. Alyce et plusieurs autres victimes sont disparues.

Un beau dernier texte pour ce recueil qui via la physique quantique nous livre une touchante histoire d’amour en quelques pages

Globalement « La fabrique des lendemains » est un superbe recueil. Malgré quelques textes que je n’ai pas trouvés terribles, le niveau global est très élevé tant en cyberpunk, biopunk que science-fiction et surtout des thématiques très sérieuses et variées sont évoquées. Plusieurs textes semblent se dérouler (ou pourraient le faire) dans un univers commun (Indolore, Carnivores, Une soirée en compagnie de Severyn Grimes, L’usine à sommeil, Porque El Girasol se llama El Girasol, La brute, De viande, de sel et d’étincelles) que j’aimerais beaucoup voir se développer dans un univers étendu via d’autres nouvelles ou même des romans.

J’espère que Le Bélial’ (mais aussi Tor) nous donnera d’autres occasions de parcourir les univers développés par Rich Larson.

Si vous voulez découvrir d’autre avis sur ce livre, je vous invite à lire les chroniques d’Apophis, du Chroniqueur ou d’Ombre Bones.

Erratum: Lucie Chenu, m’a signalé sur le forum du Belial que Rich Larson a été traduit en français au moins six fois avant : dans Brins d’Eternité, dans Solaris, dans une anthologie de Gardner Dozois (Epées et Magie) et dans Galaxies. Une seule de ces six nouvelles est reprise dans le recueil.

3 commentaires sur “La fabrique des lendemains — Rich Larson

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